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CHRONIQUES OCTOBRE 2017 [BD, CD, DVD, LIVRES…]

 

CHRONIQUES OCTOBRE 2017

 

La Horde du contrevent, tome 1 : Le cosmos est mon campement

La Horde du ContreventLe souffle de l’aventure traverse les cases ! Contre vents et marées, Eric Henninot s’attaque à l’adaptation du tempétueux roman d’Alain Damasio paru chez La Volte en 2004.

Le roman de Damasio offre une science-fiction un peu revêche qui laisse la place à une forme de science, à une forme de technologie, à une forme de magie et à neuf formes de vent. Un des atouts majeurs reste cette gouaille travaillée et inspirante qui chuchote ou hurle à vos oreilles, c’est selon. Ceux qui ont lu le roman auront sans doute en tête les duels linguistiques dans la pure lignée des exercices de style, à la façon de Raymond Queneau ou Georges Perec.

Cette terre semblable et en même temps autre se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue au matin du monde. Depuis des siècles, des hordes sont régulièrement constituées pour remonter le courant jusqu’en Extrême-Amont. Le but de leur mission haletante est de trouver l’origine du souffle pour le couper. Elles permettront ainsi aux habitants de vivre enfin dans le calme, dans un monde libéré des perpétuels vents meurtriers.

Henninot fait le choix de s’écarter de la ligne du roman, mais parvient à en garder l’esprit. Ainsi, plutôt que de faire la liste des symboles associés aux personnages en deuxième de couverture, le dessinateur représente leurs visages en préambule. La trente-quatrième horde, menée par l’impétueux Golgoth, nous est présentée dès sa jeunesse, avant d’opérer un bond de vingt- sept ans en avant. D’autre part, et de façon somme toute logique, l’alternance des points de vue disparaît au profit d’une narration prise en charge uniquement par le scribe Sov.

Partis d’Aberlaas, en Extrême-Aval, les jeunes gens bénéficient d’une cérémonie d’intronisation. Ils sont officiellement consacrés et chargés de remonter le Contre, il leur faudra aller plus loin que leurs prédécesseurs, jusqu’au bout pour dévoiler le secret et ramener la sérénité au monde.

Dans une vidéo mise en ligne lors de la phase promotionnelle, Henninot répondait à l’épineuse question : comment dessiner le vent ? En effet, chaque case — ou presque — est habitée par une abondance de lignes éoliennes et de bruyantes onomatopées. Le dessin reproduit le texte et les sons. Là où Damasio agençait les symboles des héros sur sa page, Henninot dessine les protagonistes en position. Mais on reconnaît bien la formation du Pack avec son Fer en guise de pointe et ses crocs en guise de queue de cortège. Les Hordiers prennent une nouvelle vie, se serrent les coudes pour contrer la tempête et avancer. Vous voyez l’effort de leurs corps ployés, de leurs visages crispés.

Rester soudés est loin d’être évident car les tempêtes sont aussi dans les crânes. Orages et désespoirs sont des ennemis bien tenaces qui assènent leurs coups de boutoir de l’intérieur comme de l’extérieur. Entrer dans la Horde ou la quitter n’est jamais une simple affaire compte tenu des fortes personnalités qui la composent.

Le trait aérien d’Éric Henninot s’est donc mis en forme pour dessiner les héros avec des visages et des vêtements caractéristiques. Il faut les connaître mais aussi les reconnaître. La douceur d’une Coriolis, surgit de façon évidente à côté de la rudesse d’un Golgoth, de l’extravagance d’un Caracole ou de la prestance de Pietro. Les dialogues viennent confirmer ces caractères bien dessinés. Tout autour, les décors sont naturellement dépouillés, mais les rares architectures abritées révèlent l’avancée technique de cet univers.

Ce premier tome, préfacé par un Alain Damasio dithyrambique, plante le décor au milieu de l’ouragan et offre déjà des surprises. Ne croyons pas que la voie est toute tracée, le pire est à venir. Henninot prouve que quoi qu’on en dise, pour réécrire, il faut aussi de l’inspiration.

La Horde du contrevent, tome 1 : « Le cosmos est mon campement »  ; scénario et dessins d’Éric Henninot, couleurs de Gaétan Georges, édition standard, disponible 16,95€.

Filakter


 

SÉRIE CATASTROPHE

LE TOBOGGAN DE LA MORT 

LE TOBOGGAN DE LA MORTLorsqu’un accident mortel se produit sur des montagnes russes dans un parc d’attractions à Norfolk, Henry Calder, responsable de la sécurité, est chargé de l’enquête. Peu après, Calder apprend que le parc de Pittsburgh a été ravagé par un incendie. Il se rend alors à Chicago, où les directeurs des principaux parcs d’attractions tiennent une réunion d’urgence : l’un d’eux a reçu une cassette, sur laquelle un terroriste exige de recevoir 1 million de dollars, sans quoi d’autres parcs seront visés…

Film culte par excellence, Le Toboggan de la mort est une petite merveille de film catastrophe. Du rythme, des rebondissements, du suspens, une mise en scène au cordeau, des acteurs au poil, des dialogues savoureux, un humour froid et sophistiqué, le film accumule les qualités. N’en jetez plus la coupe est pleine ! Difficile de trouver des défauts (il y en a, évidemment, mais quelle importance ?) quand une œuvre assume autant, et si bien, sa mission de divertissement. Le Toboggan de la mort s’inscrit dans la grande période du développement des parcs d’attraction où la société américaine, pervertie jusqu’à la moelle par ses traditions consuméristes, propose à ses ouailles aliénées jusqu’au trognon (je radote !) d’oublier qu’ils sont exploités (BRAAAZIIIIIL !!!!) en dépensant encore davantage au cœur d’une cité bigarrée exclusivement réservée à la consommation. La boucle est bouclée ! Le pognon retourne au ruisseau ! Pourtant, avec Le Toboggan de la mort, Hollywood n’a jamais craint de coller les miquettes au lobby des loisirs mais a bien calculé qu’un spectateur qui frémit est un potentiel visiteur conquis. Quelle pub mes aïeux ! À part ça (et c’est déjà pas mal !), George Segal mène son enquête à la cool avec la prestance d’un grand détective à qui on ne la fait pas ! Le mec a définitivement la classe. Richard Widmark incarne son opposé, un flic nerveux, angoissé, vraiment pas rassuré. Et nous, on déambule d’attraction en attraction. Le bruit, les cris, les rires, les pleurs, la foule. Tout se mêle. Tout se confond. C’est génial et c’est oppressant ! Frissons garantis. La restauration de l’image est absolument splendide et les séquences de rollercoaster  sont des moments de pur plaisir. Jetez-vous sur ce combo DVD-Blu-ray immédiatement !

Disponible chez Elephant Films.

 

UN TUEUR DANS LA FOULE 

UN TUEUR DANS LA FOULEPlus de 90 000 spectateurs sont rassemblés au Memorial Coliseum à Los Angeles, pour assister à une finale de football américain historique : même le Président des États-Unis est là ! Personne ne se doute qu’un tireur s’est embusqué derrière le panneau d’affichage des scores, prêt à faire feu. Lorsque les forces de l’ordre le repèrent, ils doivent faire face à une situation est très délicate : avec une telle foule un mouvement de panique serait tout aussi dangereux…

Après les évènements terribles survenus à Las Vegas en octobre dernier, on apprécie Un Tueur dans la foule de façon moins… légère. En effet, la réalité a largement dépassé la fiction. Un Tueur dans la foule est aussi génial, original et bien foutu que Le Toboggan de la mort. À cette époque, on ne se foutait pas de notre poire ! Y’a du Charlton Heston tout en charisme sourcilleux, y’a du John Cassevetes qui cachetonne en Monsieur Force Spéciale, y’a du suspens et du gaz à tous les étages ! Le réalisateur Larry Peerce, pas vraiment habitué à l’action movie, s’est appliqué à nous offrir un spectacle ultra anxiogène. Ses plans tirent des lignes où l’on se fait au gré des séquences observateurs, voyeurs, témoins. Du grand spectacle ! La photo chiadée qui utilise le soleil et sa luminosité changeante comme moyen d’expression contribue à rendre l’atmosphère encore plus pesante. Vous l’aurez compris, c’est une franche réussite.

Disponible en combo DVD/blu-ray chez Elephant Films.

 

SAUVEZ LE NEPTUNE 

SAUVEZ LE NEPTUNEAprès avoir percuté un cargo norvégien, le sous-marin atomique américain le Neptune s’écrase sur un récif à des centaines de mètres de profondeur. Le capitaine Blanchard et son équipage, 41 hommes au total, sont toujours vivants, mais n’ont que 48 heures d’oxygène. Leur seul espoir : deux inventeurs marginaux, qui vont essayer de débloquer l’écoutille de secours à l’aide d’un sous-marin expérimental…

Si vous êtes fans de la série Airport, vous apprécierez sans aucun doute Sauvez le Neptune. Mais Sauvez le Neptune n’est pas un film catastrophe comme les autres. Ses héros travaillent du chapeau pour se sortir des abysses. D’habitude, les personnages subissent davantage les évènements. On pense tout de suite à James Cameron qui lui aussi affaire toujours ses héros à de saines occupations de bricolage en attendant les secours. On s’ennuie pas une minute !

Disponible en combo DVD/blu-ray chez Elephant Films.

 

LA SYMPHONIE DES HEROS 

LA SYMPHONIE DES HEROSBelgique, 1944. Lionel Evans, célèbre chef d’orchestre américain, part en tournée dans le pays ravagé par les combats, jouant pour les troupes Alliées. Mais dès la première représentation, les musiciens tombent dans une embuscade tendue par les nazis. Emprisonnés dans un château, ils échappent à l’exécution grâce au Général Schiller, grand mélomane, qui ordonne à Evans de préparer un concert pour les nazis…

La Symphonie des héros est une rareté. C’est un huis clos où la manipulation mentale sert de maître étalon pour évaluer la sincérité de chacun. Le général nazi, grand mélomane devant l’Eternel, zigouillera ou ne zigouillera pas les musiciens. Le Chef d’orchestre réussira-t-il à garder la confiance de son orchestre. La Symphonie des héros est un jeu de poker menteur tout à fait recommandable.

Disponible en combo DVD/blu-ray chez Elephant Films.

 

LA KERMESSE DES AIGLES 

LA KERMESSE DES AIGLESAprès la Première Guerre mondiale, l’aviateur Waldo Pepper gagne sa vie en donnant des spectacles aériens dans des petites villes américaines. Frustré de n’être jamais devenu un as de l’aviation, il s’invente un passé prestigieux, prétendant avoir survécu à un affrontement contre l’as allemand Ernst Kessler. Mais alors que son talent le mène à Hollywood, où il devient cascadeur, son passé le rattrape sous la forme de Ernst Kessler, venu participer à un tournage…

Le cinéaste George Roy Hill est un génie du divertissement. Butch Cassidy, L’Arnaque, La Castagne, Le Monde selon Garp, on ne compte plus les grands classiques du petit cinématographe qui composent sa fabuleuse carrière. La Kermesse des aigles, l’une de ses œuvres les moins connues, mérite d’être redécouverte à sa juste valeur. C’est un film d’aventure au ton fun, presque léger. On y voit des casse-cou jouer leur vie à prendre du plaisir. Le simple plaisir du spectacle. Mais quand le passé des protagonistes ressurgit, on découvre que certains secrets devraient mieux rester tapis dans l’ombre. La Kermesse des aigles raconte la folle période des années 20.

Disponible en combo DVD/blu-ray chez Elephant Films.

 

BIZARRE BIZARREPour terminer, je ne saurais trop vous conseiller la série vintage Bizarre, Bizarre tirée des nouvelles de l’écrivain Roald Dahl. Chaque épisode, scindé en deux parties, dure une vingtaine de minutes. Ces historiettes fantastiques qui ne manquent pas de charme rappellent à quel point elles furent un formidable terreau d’inspiration pour les cinéastes 80’s du studio Amblin (Spielberg, Dante, Zemeckis …).

Le coffret DVD est disponible chez Elephant films.

Cédric Janet


 


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