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CHRONIQUES SEPT 2017 [BD, CD, DVD, LIVRES…]

CHRONIQUES SEPTEMBRE 2017

 

LE LOUP BLANC

Elric T3Du sang et des âmes ! L’Empereur exilé de Melniboné nous revient dans un album choral d’une grande majesté.

En 2014 j’avais eu le plaisir et le privilège de rencontrer les auteurs à Paris pour la sortie du 2e tome. Événement d’autant plus marquant qu’il nous avait valu la présence du maître Michael Moorcock en personne. Discussions, dédicaces et dessins à tout va, le grand jeu !

Ce troisième tome met encore une fois en avant les talents conjugués de chacun. Les auteurs se sont multipliés pour donner vie à cette nouvelle aventure du célèbre seigneur albinos. On n’en attendait pas moins : à deux pour le scénario (Blondel et Cano), à deux, voire trois, pour les dessins (Recht et Telo mais aussi Toulhoat), à deux pour les couleurs (Bastide et Perdriset), c’est un vrai travail d’équipe. Un récit tragique qui met en avant un vrai héros romantique, solitaire et torturé. Les dialogues sentencieux nous rappellent que nous suivons un rejeton de la race des seigneurs (tout autant que saigneurs ; ce jeu de mots étriqué est pourtant tout à fait approprié ici). Elric, une des avatars du Champion Eternel, est à la fois un maître incontestable, esclave de ses pulsions ; un empereur sous l’emprise de ses pactes avec le Chaos, un junkie élégant et baroque accro à l’âme de ses victimes.

Les phylactères noirs, dédiés à la redoutable Stormbringer, l’épée mangeuse d’âmes, déversent toute leur saveur empoisonnée. Telle une amante vampirique, la noire lame susurre à l’oreille pointue du héros des mots caressants, avides de meurtre et de sang. Amante jalouse, elle veut diriger sa vie et l’emmener sur la pente du massacre sans fin. Lui essaie vainement de lui résister, mais chassez le naturel… Elric, devenu voyageur, est connu comme le Loup Blanc. Il fuit sa terre natale, pour préserver la vie de son amour Cymoril. Il arpente le monde des simples humains, trouve le temps de sympathiser avec le marin Smiorgan Tête-Chauve et de partir en mission pour une belle étrangère. Sa quête le mène vers ses propres origines tout en explorant les tréfonds de l’esprit humain, de la nature des sentiments, des pouvoirs occultes qui dirigent le monde. Place sera faite aussi à l’ombre d’Arioch, dieu du Chaos, et aux dragons ancestraux tandis que la main de Melniboné continue de s’étendre sur les Jeunes Royaumes.

Dans cet album, tout est grandiose, grandiloquent et gigantesque. Pour ne rien gâcher, c’est Neil Gaiman lui même (le père de Sandman, ou encore American Gods) qui fait la préface après d’illustres prédécesseurs comme Moorcock, puis Alan Moore, excusez-du peu ! Gaiman y révèle l’influence majeure du personnage sur sa personnalité propre et sur son œuvre. Première édition oblige, vous aurez en fin d’album un carnet de croquis, de recherches, de travaux étape par étape, d’explications complémentaires sur les choix ou divergences par rapport aux romans d’origine et une série de dessins hommages impressionnants parmi lesquels ceux d’Olivier Vatine, Tim Sale, Ronan Toulhoat ou Nicolas Fructus… Un quatrième tome devrait clore prochainement ce premier cycle qui s’inscrit sans conteste dans la lignée des meilleures adaptations qui soient.

ELRIC, tome 3 : « Le Loup Blanc » ; Scénario : Julien Blondel et Jean-Luc Cano, dessin : Robin Recht et Julien Telo avec la collaboration de Ronan Toulhoat, Couleurs : Jean Bastide avec la collaboration de Luc Perdriset ; 14,95€ , disponible.

Filakter


LE VIOLENT

LE VIOLENTDixon Steele (Humphrey Bogart) est scénariste à Hollywood. A la suite d’une soirée avec son agent, il invite une jeune femme à son domicile afin de lui faire la lecture d’un roman dont il doit signer l’adaptation. Le lendemain elle est retrouvée assassinée au pied d’un ravin. Le passé violent de Steele en fait le suspect parfait. Il est arrêté et interrogé mais sa voisine Laurel Gray (Gloria Grahame) va lui apporter un alibi. Dixon et Laurel tombent éperdument amoureux, mais ils devront faire face aux pulsions violentes de Dixon.

Le Violent rappelle qu’il fut un temps où le drame psychologique était un noble genre à des années lumière des niaiseries que l’on tente de nous faire bouffer aujourd’hui. Justement, le personnage principal, Dixon Steele, est un scénariste en panne d’inspiration qui souffre le martyr d’être aussi peu productif (on peut quand même noter que ça ne dérange pas les producteurs d’aujourd’hui que leurs scénaristes passent pour des médiocres). Et c’est tout l’intérêt du film de nous faire douter de la sincérité du personnage principal et que l’on devine l’origine de cette violence. On vit ce quotidien hollywoodien comme une claque ! Patrick Brion dit très justement dans les bonus que Le Violent est plus craspec que Sunset Boulevard (Billy Wilder). Le résultat est sincère et agressif, cash et anti-glamour. Les dialogues et les échanges formidables apportent une incroyable puissance à l’ensemble. Avec un Humphrey Bogart des grands jours, nous vivons là une œuvre intense et personnelle. Un grand film de Nicholas Ray.

 

LES INDOMPTES

LES INDOMPTESFils du hors-la-loi Kirk Dembrow, Ben a décidé de mener une vie honnête. Il se porte ainsi au secours de Hannah Brockway et de son père mais lorsque les Dembrow font un raid sur Prairie City, Ben est inculpé. Les Dembrow interviennent et Ben s’enfuit. Eprise de Ben, Hannah le rejoint et vit alors avec le clan Denbrow…

Ah, voilà un bon film signé George Sherman. Les Indomptés est un drame familial fort et original où le héros n’est pas un garçon vacher mais un médecin. Un médecin certes, mais un médecin redresseur de torts tout de même. Ici la communauté joue un rôle prépondérant car c’est elle qui décide qui est un salaud ou qui ne l’est pas. On se croirait dans un roman de Georges Simenon ! Même si les comédiens et comédiennes ne cassent pas trois pattes à un canard, Les Indomptés est un western qui laisse une belle place à la psychologie.

Disponible en DVD chez Sidonis Calysta

 

LE GANG ANDERSON

Le Gang AndersonA sa sortie de prison, Duke Anderson rejoint son ancienne petite amie installée dans un hôtel particulier cossu de New York. C’est ainsi que lui vient l’idée de reformer une équipe pour organiser le cambriolage de tous les appartements de la résidence.

Voilà un petit Sidney Lumet qui, même mineur, fait du bien par où il passe. Au-delà de l’argument principal du cambriolage (ultra chiadé dans le découpage), le cinéaste évoque la mutation de la société américaine en état sécuritaire, où tous les citoyens sans distinction sont épiés par tous les moyens possibles : caméras, micro, œil bionique dans la cuvette des WC… Du coup, Le Gand Anderson se présente comme un vrai film d’espionnage qui se nourrit du terreau politique délétère de l’époque. Incroyable mais vrai, l’année suivant la sortie du film a lieu l’affaire du Watergate ! Même s’il ne dégage pas l’ambiance oppressante de Conversation Secrète, on se passionne de bout en bout pour cet objet ludique et divertissant.

Disponible en DVD et en blu-ray chez Sidonis Calysta

 

SANTA FE

SANTA FELa Guerre de Sécession a laissé les frères Canfield sur la paille. Ils ont perdu leur plantation et sont de surcroît recherchés pour avoir tué un officier nordiste. Ils échappent de peu aux hommes qui les poursuivent en prenant un train en marche. Britt Canfield trouve un emploi dans une compagnie de chemin de fer, alors que ses frères se font engager par un certain Cole Sanders, patron d’un saloon ambulant…

Santa Fe, qui s’inspire de l’histoire des célèbres frères James, narre les lendemains de la guerre de Sécession. Des lendemains douloureux où l’on traverse une Amérique à genoux mais pas vaincue. D’ailleurs, le scénario utilise à merveille le développement économique comme ressort dramatique. On y voit comment l’essor du chemin de fer prépare la future société de consommation à envahir les foyers. Voilà une fine approche du contexte historique ! Ça nous change ! Le technicolor donne un supplément de charme à ce western classique et bien écrit.

Disponible en DVD chez Sidonis Calysta

 

40 FUSILS MANQUENT A L’APPEL

40 fusilsCochise et ses guerriers Apaches sont sur le sentier de la guerre, décidés à éliminer les Blancs. L’armée doit défendre les colons mais le capitaine Coburn doit récupérer une cargaison de fusils -quarante- volés par des soldats déserteurs. Ceux-ci, dirigés par le caporal Bodine, veulent les vendre aux Apaches…

Si 40 fusils manquent à l’appel raconte d’abord l’histoire de « la Winch’», il est surtout le dernier long métrage en vedette de la légende Audie Murphy. Rappelons que Monsieur Audie Murphy fut cet acteur au visage d’éternel adolescent considéré par le métier comme un véritable tueur de nazis. D’ailleurs, à certaines de ses apparitions il règne un parfum de nostalgie, comme si nous assistions à des adieux programmés. Sur le fond, on peut regretter le manichéisme de l’ensemble où chaque personnage semble incarner une figure archétypale du western. Étrange sensation d’observer des clichés en mouvement ! Une voix off intempestive gâche le spectacle. Culte, et pour Audie Murphy.

Disponible en DVD chez Sidonis Calysta

 

LA FUREUR SAUVAGE

LA FUREUR SAUVAGEEn 1830, dans les montagnes Rocheuses, les indiens, les chasseurs et les trappeurs vivent en paix et en harmonie. Deux trappeurs, Bill Tyler et Henry Trapp, font la rencontre d’une indienne prénommée Moineau Bleu. Celle-ci s’éprend de Bill et décide de les suivre. Mais sa tribu n’apprécie pas, Œil d’Aigle et les siens poursuivent alors les deux trappeurs et la jeune indienne.

Avant toute chose, il faut louer la magnifique photo de Michel Hugo qui sublime tous les décors naturels du Yellowstone Park. Vous en prendrez plein les mirettes. Dans une certaine mesure, La Fureur sauvage peut rappeler La Porte du Paradis du Michael Cimino car il traite des rapports complexes entre éleveurs et immigrés. La comparaison s’arrête là car on ne retrouve ni l’ampleur ni le souffle dramatique du chef-d’œuvre de Michael Cimino. Le charisme de Charlton Heston fait passer la pilule d’une histoire un peu trop simpliste. Dommage que Richard Lang ait raté le coche.

Disponible en blu-ray et en DVD chez Sidonis Calysta

 

AMERE VICTOIRE

AMERE VICTOIRE1943, l’état-major britannique en Lybie envoie un commando s’emparer de documents militaires allemands. À sa tête, le major David Brand, militaire de carrière sans vraiment l’expérience du combat, secondé par le capitaine Leith, archéologue de profession. Les deux hommes, de tempéraments opposés et amoureux de la même femme, se connaissent mais ne s’estiment guère. Le trajet de retour sera long et périlleux.

Amère victoire est l’adaptation du roman de René Hardy, grand résistant accusé par ses détracteurs d’avoir livré Jean Moulin aux Allemands. Rien que ça ! En France, on sait comment entretenir les polémiques, y’a pas de doute ! Amère victoire raconte l’histoire de deux Anglais qui ne peuvent se souffrir et se tirent la bourre pour un oui ou pour un non. Et là, surprise, nous retrouvons Curd Jurgens -né en Bavière et mort en Autriche- incarné l’un des deux héros rosbeef. Comprenne qui pourra ! Selon Bertrand Tavernier, le producteur Paul Graetz n’était pas avare en idées à la con et avait la fâcheuse manie de saloper tout ce qu’il touchait ! Amère Victoire est un film inégal qui manque de peps et de rigueur, même si on sent derrière ce projet un cinéaste de talent. C’est un film malade, voilà tout. Sans aucun doute malade de Nicholas Ray qui, à cette époque, préférait picoler, courir la gueuse et jouer au poker que mettre en scène ou diriger ses acteurs. Reste une œuvre bancale mais toute de même pétrie de qualité.

Disponible en blu-ray et DVD chez Sidonis Calysta

Cédric Janet


 On Mars, un monde nouveau

On MarsPlanète rouge versus planète bleue, On Mars est le nouvel album de Sylvain Runberg et Grun. Le premier tome « Un monde nouveau », vous emmène sur notre voisine de l’espace. Retrouvez votre âme de pionnier et embarquez !

Dans un avenir lointain, les organisations mondiales travaillent à rendre la planète Mars habitable. Comme il est de rigueur, et comme l’histoire l’a déjà montré, les mains qui modèlent ce nouveau monde outre-espace sont celles des exilés forcés, amenés en masse pour construire de leur sueur et de leur sang un nouvel habitat pour l’Homme. L’héroïne, Jasmine Stenford, cheveux courts et allure sportive, arbore piercings volontaires et implants obligatoires. A son tour elle est envoyée sur Mars dans un camp de travail. Comprenez qu’elle y purge sa peine pour le crime dont on l’accuse. Des flashbacks disséminés avec parcimonie pour ne pas alourdir la narration, nous en apprennent chaque fois un peu plus sur son passé récent.

MONTAGE ONMARS.inddLe dessin de Grun explore la face minérale de la planète, les tons ocre illustrent la planète rouge, en font un lieu rocailleux et peu accueillant. Les décors y sont bien travaillés, le jeu des couleurs rend compte des distances avec des perpectives aériennes, les contours s’amenuisent avec la distance. Malgré d’innombrables détails architecturaux ou matériels qui font état de la recherche en design de Grun, ce n’est pas la SF high-tech qui prime mais une âpre réalité. Des hommes et des femmes sont au cœur de toutes les préoccupations. Ils sont confrontés à leurs démons intérieurs, à leurs ennemis extérieurs et à un environnement inconnu. Peu d’environnements lisses, lumineux et aseptisés, plutôt un graphisme qui sent bon le cambouis. Dans un univers aussi terre-à-terre, le scénario laisse place aussi à une certaine spiritualité. Xavier Rojas, pasteur de « l’Eglise syncrétique nouvelle », réunit toutes les religions dans un mode de pensée ouvert à tous. Il parvient à faire toujours plus de recrues. La direction du camp le tolère car elle cela atténue les velléités de révolte : le peuple martien a son opium.

Jasmine ou encore la désagréable Margareth, nous prouvent une fois de plus que chez Runberg (relisez son interview fleuve sur Brazil 3.0), les femmes sont autre chose que des potiches ou des bimbos inutiles. Du caractère sans que cela soit démonstratif, de la profondeur sans outrance, elles mènent la danse et ne s’en laissent pas compter. A travers leur regard s’exprime une vision désabusée de cet avenir qui ne montre pas tout mais qui reflète nos défauts. Même si, le temps d’un clin d’œil, la Chine est qualifiée de « plus grande démocratie du monde » le lecteur aura compris que tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Un magnifique cahier graphique vient clore l’ouvrage. Il comprend des recherches de personnages, des crayonnés, des planches en couleurs avec des images inédites.

Offrez-vous une visite sur Mars avant d’aller y habiter !

ON MARS, tome 1 :« Un monde nouveau », scénario de Sylvain Runberg ; dessin et couleurs de Grun ; Editions Daniel Maghen, 16 €, disponible.

Filakter


Le pipi, de travers.

 Pipi« Pipi » est la toute dernière goutte du laboratoire d’idées « Périphérique ». Fidèle à son art de ranimer le plus mortel ennui, indéfectible observateur déviant d’un ordinaire sinon tortionnaire, le studio d’éditions parisien se fend ici d’une collection de pipis de loin.

Toute en distance, cette série de photographies de Laurent Salles dérobe l’intimité d’une jeune femme qui, aux quatre petits coins du monde, s’accroupi et se déleste à ciel ouvert. Les toilettes sont tournées vers l’extérieur et l’urine lambda devient land art. Les paysages ainsi abreuvés se livrent, sans effet ni retouche, rustres mais dociles, à ce jeu de cache-cache lunaire. C’est comme cela que « Pipi » devient la plus belle analyse d’urines qui soit.
Une pause quasi hygiénique dans un monde de l’édition qui publie à la fréquence insupportable d’une cystite.
Pipi de Laurent Salles – Studio Périphériques – 24 pages, 22 €.
À classer entre « Evguénie Sokolov » et « De la taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête ».
Thierry Brioul

John Mellecamp featuring Carlene Carter

MellancampIl y a toujours une pointe d appréhension lorsque l’on se procure le dernier opus d’un des artistes qui vous suit depuis… Oui depuis quand, au fait ? Depuis ce jour béni où la fée du rock vous a susurré dans le lob que c’est bien son son de goliath qui vous accompagnera tout le long de votre existence. Ouf, la fée variété devait être occupée à pousser le caddy au Mammouth du coin. Ce qui est plutôt crétin comme raisonnement, car pourquoi un artiste qui ne vous a quasiment jamais déçu pousserait le vice à commencer un jour ? De plus on trouve toujours un angle d’attaque pour justifier un album un peu moins goûteux à notre propre « mélo-manie ». Dont acte alors.

Et comme dans la vie les choses sont bien faites mon cher Pangloss, Sad Clowns est pour moi juste aux petits oignons. Ce qui, soit dit en passant, n’est pas nécessairement gage de vérité absolue, ma petite cuisine musicale n’étant pas forcément la vôtre ! Après avoir particulièrement goûté l’artwork de l’album (superbe toile de l’auteur en passant), ben oui vous savez bien que la peinture est une des autres passions (avec la cigarette et Meg Ryan) qu’il pratique avec un certain doigté. Oups il est temps de poser la galette dans le pavillon.

« Mobile Blue », le premier titre, m’a littéralement renvoyé au milieu des années 80 quand le « Lonesome Jubilée » croisait le fer avec « Scarecrow ». J’ai toute séance tenante monté le volume de quelques crans sans arrêt car j’étais au volant évidemment. Toute la marque de fabrique du « redneck » Mellecamp est de retour avec ce clown triste qui nous donne une banane d’enfer, j’ai immédiatement mis en route mon tracteur et je suis parti moissonner le champ de maïs qui jouxte ma maison. Petit détail sans importance, le terrain et l ‘engin ne m’appartiennent pas, quelques gendarmes sont venus sans ménagement m’expliquer le pourquoi du label bio. Qu’importe le grain pourvu que l’ivraie de Mellecamp nous emporte fut ma seule descente sans ménagement. Cerise sur l’épi la présence sur cinq titres de Carlene Carter (sœur de… fille de…) qui pose sa superbe voix cristalline sur le timbre plus rocailleux du John.

Coté musiciens pas de fausse note, le fidèle Andy York est toujours là, et citons pèle-mêle Mike Wanchic, Izzy Stradlin (oui oui le Gun’s and Roses), Kenny Aronoff, Stan Lynch, etc., autrement dit du lourd rien que du heavy. Pour le reste tout s’enchaîne merveilleusement, le mélange rock, blues, country est parfaitement distillé dans le shaker Hillbillies, redonnant vie aux sonorités « Mellecampiennes » reconnaissables sans raccord au premier accord. Vous allez séance tenante vous faire un barbecue d’épis et pourquoi pas ressortir « La main droite du diable » le film qui pour moi est l’image d’Épinal de la musique du John (enfin l’atmosphère pas le KKK of course).

Un album qui fera la joie des lecteurs de Xroads toutes générations confondues, rockers de tout poils recoiffez vos catogans, lustrez vos calvities, le dernier envoi de John Mellecamp mérite une place dans votre collection de bons sons (en Lp, en CD mais de grâce évitez le Mp…). Quoi je vieillis je suis un vieux con ? Bon ben OK écoutez-le dans le format que vous voulez mais écoutez-le diantre…

Sad Clowns & Hillbillies (2017) – Republic Records

jst


 


Kankoiça
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