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CHRONIQUES MAI 2017 [BD, CD, DVD, LIVRES…]

CHRONIQUES JUIN 2017

 

 

TIEMPO DE MORIR 

TIEMPO DE MORIRJuan Sayago revient dans son village après 18 années passées en prison, pour avoir été accusé d’avoir tué Raul Trueba, un vendeur de chevaux. Juan veut reprendre une vie tranquille mais il sait que les fils de Raul, ont juré de venger leur père. Il va revoir Mariana, une veuve dont il a été le fiancé. Tout le monde conseille à Juan de quitter la ville. Mariana et Juan renouent des liens mais elle ne veut pas quitter la ville avec lui. Il est provoqué en duel par Julian, un des fils dans le désert où a été tué Trueba. Juan reprend les armes, quitte Mariana et se tient prêt à se défendre.

Le premier film du cinéaste visionnaire Arturo Ripstein est un western dépouillé d’une force visuelle et narrative si puissante qu’il vous hante durablement. Produit par Ripstein père, Tiempo de Morir révèle déjà les grandes lignes esthétiques qui détermineront les œuvres à venir. Des plans très longs, de lents mouvements, peu de coupes, des décors vides, une merveilleuse photo … Tiempo de Morir raconte l’histoire d’un abominable salaud, un harceleur mesquin et d’une bêtise crasse, prêt à toutes les ignominies pour venger l’honneur de son père. Appréciez ce western comme un véritable pamphlet contre la connerie car il pose de vraies questions sur –qu’est-ce que la morale, l’idéologie et les principes.  En bout de ligne, Ripstein dénonce avec virulence l’archaïsme des esprits. Ici, seules les femmes et les mères (comprenez par là les veuves) apparaissent comme le rempart à l’inéluctable vengeance. Elles sont la voix de notre conscience et de la raison.

Arturo Ripstein reniera son film pour d’obscures raisons. A cause de son père ? De l’influence de Gabriel Garcia Marquez sur le scénario ? On ne sait pas. Toujours est-il que la tension dramatique ne retombe jamais, et rien que pour ça, ruez-vous sur ce petit chef d’œuvre.

  

L'ENFER AU DESSOUS DE ZEROL’ENFER AU DESSOUS DE ZERO 

Le Baker, un navire de Bland Nordhal Whaling company signale la disparition en mer de son capitaine, Bernd Nordhah. Aussitôt informés, Judie, la fille du disparu et son associé John Bland s’envolent pour l’antarctique dans l’espoir de retrouver sa trace. Sur le chemin Judie fait la connaissance de Duncan Craig, un ancien officier de la Navy à qui elle confie sa crainte que son père ait pu être assassiné. Séduit, Duncan se fait embaucher sur le baleinier sur lequel Judie embarque.

Le film entièrement cousu autour de l’acteur Alan Ladd, star américaine des années 50, ne manque pas de charme mais un peu de piquant. La faute au scénario qui ne sait pas tirer parti des belles idées promises par l’histoire. L’aventure, c’est l’aventure ! Certes ! Mais faut-il s’en donner les moyens. Derrière les séquences tournées en studio, le réalisateur n’a pas lésiné sur les stock shots. Chasse à la baleine, virées en brise glace, L’Enfer au dessous de zéro ferait presque figure de documentaire. Un film tout de même bien sympatoche !

  

LE SERMENT DU CHEVALIER NOIR 

CHEVALIER 2Alors que les hommes du félon Palamides ont incendié le château du comte Yeonil, tué la comtesse et enlevé sa fille, le jeune armurier John qui en est amoureux part à la cour du roi Arthur, bien décidé à devenir Chevalier afin de délivrer sa belle.

Oh, le joli film médiéval à papa que voilà ! Avec son preux chevalier, sa jolie princesse et son grand méchant, Le Serment du Chevalier Noir contient tous les ingrédients pour passer une soirée parfaitement « vintage ». Si Tay Cabnett n’est ni Richard Thorpe ni Henry Hathaway, il peut désormais compter sur la patine du temps pour redonner à son chevalier noir une nouvelle brillance. Si les châteaux du Pays de Galles en imposent, les armures en carton pâte un peu moins. Mais c’est ça qui est drôle ! Avis aux amateurs de kitsch.

 

LE SENTIER DE LA VENGEANCELE SENTIER DE LA VENGEANCE 

Simon Weller voit son père, Trench, et le sang-mêlé Charlie Whitman commettre un vol et causer la mort d’une femme. Il décide de partir. Trench incite les Indiens à attaquer les Blancs. Il espère pouvoir mettre la main sur l’or des Indiens. Luke Ram cherche de son côté à s’installer en Arizona avec l’or qu’il a gagné mais Trench attaque le relais avec les Indiens et le bandit Amigo. Tom qui croyait en l’amitié des Indiens est tué et Simon comprend que le responsable des tueries est son propre père…

Mark Stevens est un excellent acteur mais un réalisateur « moyen ». Le Sentier de la vengeance brille d’abord par sa rareté car il est resté inédit pendant des décennies sur les écrans. Pourquoi a-t-il pourri au fond d’un tiroir aussi longtemps? Eh bien personne ne sait ! Pas même Patrick Brion, c’est dire! Sidonis lui offre une nouvelle vie. Alleluyah! C’est un western curieux, violent et austère. On peut dire qu’il dégage les bronches ! Toutefois, l’histoire de départ, sur les mensonges et les tromperies, est davantage ambitieuse que le résultat. On reste un poil frustrés devant le traitement psychologique des personnages. Ces âmes torturées auraient mérité plus d’attention. Prenez Le Sentier de la vengeance comme une nouvelle voie à explorer. Les fans hardcore du genre prendront leur pied.

 

LES CANONS DE CORDOBA 

LES CANONS DE CORDOBAEn 1916, pendant la révolution mexicaine, un rebelle du nom de Cordoba vole 6 canons aux forces du général Pershing à la frontière entre le Texas et le Mexique. Pershing désigne un soldat du nom de Rod Douglas pour récupérer les canons ; Douglas va recruter un groupe d’aventuriers et avec une femme aussi belle qu’étrange, il va attaquer la forteresse de Cordoba…

Un petit western des années 70, pas désagréable, avec un ton et une ambiance bien à lui. Pas de bol, il sort au moment même où Peckinpah et Morricone réécrivent les codes du genre. C’est l’époque où le western américain prend du plomb dans l’aile. Alors forcément, Les Canons de Cordoba fait démodé. Pour rattraper le coup, Paul Wendkos et son équipe technique tentent d’être moderne; ils penchent la caméra dans tous les sens, ils bousculent les cadres, ils zooment, ils dézooment. Rien n’y fait, le résultat ne donne pas les effets escomptés. Alors c’est un peu maladroit, un poil ringard. Pourtant, c’est un chouette western, enlevé et coloré mais il est né trop tard. -Viens découvrons toi et moi les plaisirs démodés- chante Charles Aznavour.

  

LE SOUFLE DE LA VIOLENCELE SOUFFLE DE LA VIOLENCE 

Vétéran de la Guerre de Sécession, John Parrish met son ranch en vente, bien décidé à s’installer avec sa fiancée dans l’Est des Etats-Unis. Si la puissante famille Wilkinson lui fait une offre, il la refuse, l’estimant ridiculement basse. Mais les Wilkinson ne sont pas des gens auxquels on dit « non ». Pour faire plier Parrish, ils emploient les grands moyens. Ce qu’ils vont bientôt regretter…

Le Souffle de la violence, c’est quoi ? C’est tout simplement un « immense » western. D’abord un grand scénario. Une photographie magnifique (le film ne comporte aucun plan en transparence). Une profondeur de champ à vous en exploser les rétines. Une musique superbe. J’arrête car je vais manquer de superlatif et seul Patrick Sébastien dans son « Gros Cabouré » à le droit d’user de « super superlatif » à tout bout de champ. Bref, vous l’aurez compris, c’est du lourd. Le Souffle de la violence traite des manigances entre propriétaires terriens capables de commettre des massacres pour un lopin de terre. Le scénario à double lecture ne cessera de vous tarauder. En effet, tout est prétexte à se détourner des codes du genre et faire exploser le moindre archétype. La clé de voûte du Souffle de la violence tient en la complexité des personnages qui nous glissent entre les doigts. De la bel ouvrage ! Impressionnant.

 

LA LOI DU COLT 

LA LOI DU COLTL’avocat Al Jennings quitte le Kansas à la suite d’une bagarre. Il devient dès lors célèbre à travers tout l’Oklahoma en raison de ses hold ups de banques, de trains et de diligences. Sa célébrité est de plus en plus importante. Lorsque la situation est devenue dangereuse, il part pour la Nouvelle Orléans où il ne peut y avoir d’extradition. Il s’éprend de la belle et jeune Margo St. Claire mais il est finalement capturé …

Al Jennings est une figure de l’Amérique, une légende de l’Ouest, un personnage haut en couleur telle qu’on les imagine dans les livres d’histoire, classe et romantique. Précisons que ce mauvais garçon au grand cœur qui signe ses exactions à la pointe de son colt ne tuera jamais personne. Sauf une fois … le coup est parti tout seul ! Si Jennings connaît un temps les affres de la prison, le Président Theodore Roosevelt le gracie en 1904. C’est à ce moment que l’avocat trublion profite de sa notoriété pour se lancer dans la politique, et tournera pour le fun dans pas moins de 24 westerns avant de passer l’arme à gauche à l’âge canonique de 98 ans. La loi du colt est une très belle curiosité.

 

MASSACRE A FURNACE CREEKMASSACRE A FURNACE CREEK 

Suite à un ordre malheureux du Général Blackwell (Robert Warwick), la garnison de Furnace Creek et les membres d’une caravane sont massacrés par les Indiens menés par Little Dog. La paix indienne est rompue. Le général est jugé en cour martiale. Ses deux fils, Cash (Victor Mature) et Rufe (Glenn Langan) entendent laver l’honneur de leur père, mais chacun pour des raisons différentes…

Western réalisé aux petits oignons, relevé et rythmé, construit comme un film noir, Massacre à Furnace Creek n’en est pas moins une œuvre très politique qui n’hésite pas à dénoncer la main mise des hommes de pouvoir sur les terres indiennes. Pour de l’or, les grandes compagnies nationales et privées étaient capables de se débarrasser en un tour de main des indiens, des colons et même des soldats retors. Voilà une petite perle qui dérange, et que nous vous recommandons chaudement.

Tous les films sont disponibles en DVD et blu-ray chez Sidonis Calysta.

Cédric Janet


 

 

 


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