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CHRONIQUES CINÉ AVRIL 2017

CHRONIQUES CINÉ AVRIL 2017

PAR THOMAS LÉCUYER

Les gardiens de la galaxie 2LES GARDIENS DE LA GALAXIE, vol.2

Après un premier opus des plus récréatifs et réjouissants, la joyeuse bande des Gardiens de la Galaxie, composée entre autres d’un raton laveur qui parle, d’un immortel, d’une jolie extraterrestre bleue, d’un bébé arbre et d’un baroudeur humain beau gosse, drôle et roublard, est de retour pour un nouveau tour de manège intergalactique décoiffant, toujours au son d’une bande originale délicieusement pop et vintage. Encore plus réussi que le premier volet, ce nouvel opus nous gâte avec son gros lot de scènes d’actions épiques et d’humour ravageur, relevant même le défi de nous émouvoir à la fin. Un space opera délirant façon BD avec son esprit irrévérencieux parfois digne d’un cartoon déjanté. Vivement la suite !

Sortie salles le 26 avril

 

Le procès du siècleLE PROCÈS DU SIÈCLE

Deborah Lipstadt, historienne et auteure reconnue, défend farouchement  la mémoire de l’Holocauste.  Elle se voit confrontée à un universitaire extrémiste, avocat de thèses controversées sur le régime nazi, David Irving, qui la met au défi de prouver l’existence de la Shoah. Inspiré du livre écrit par l’historienne qui témoigne de cet incroyable procès en diffamation qu’elle a du subir, ce film très didactique aborde un sujet nécessaire et important mais est hélas fort ennuyeux. De la force du sujet ne reste qu’un énième drame judiciaire plat et sans enjeu, servi par une réalisation fade et scolaire, qui nous assomme à défaut de nous passionner. Dommage au vu de l’importance du propos.

Sortie salles le 26 avril


 

GoldGOLD« C’est pas du plaqué »

En véritable caméléon, Matthew McConaughey nous refait le coup de la performance physique hallucinante et apparaît chauve, la dentition déchaussée et gras du bide dans cette variation contemporaine du mythe de la fièvre de l’or. Dressant un portrait saisissant et passionnant de ces prospecteurs dévorés par le rêve de dénicher enfin leur filon, ce grand film d’aventures nous transporte du Texas à l’Indonésie en passant par le Wall Street flamboyant des années 80. Entourés du charismatique Edgar Ramirez et de la flamboyante Bryce Dallas Howard, McConaughey nous hypnotise par son énergie dévorante, de son ascension à sa chute, au son d’une bande originale délicieusement sombre et eighties, pleine de Joy Division, New Order, Television, Iggy Pop et autres Pixies.

Sortie salles le 19 avril

 

Sous le même toitSOUS LE MÊME TOIT : « Mauvaise adresse »

La nouvelle comédie signée Dominique Farrugia, énième variation sur les tribulations d’une famille divorcée, rejoint le vaste clan des comédies ratées sur le sujet. Abordant sous l’angle humoristique la cohabitation forcée pour raisons financières de deux ex-conjoints, déjà brillamment observée dans le drame L’Economie de Couple, l’ex-Nul essaye de nous faire rire avec une tripotée de gags remontant rarement au-dessus du niveau de la ceinture. Hélas, ce qui peut être délicieux dans un sketch peut être navrant dans un long métrage. On rit peu, mal, et souvent gêné. Quant au seul aspect vraiment intéressant du film, l’infantilisation extrême des deux parents au comportement pire que deux pré-ados, il est malheureusement trop sous exploité pour être pertinent.

Sortie salles le 19 avril


 

RATTRAPAGE/COUP DE GUEULE :

GangsterdamGANGSTERDAM : « Polémique ta mère »

Selon Romain Lévy, le réalisateur et Alain Attal, le producteur, on ne serait pas assez intelligents pour comprendre Gangsterdam et son humour transgressif qui veut poser des vraies questions. Romain Lévy a fait deux films, parmi lesquels deux sont mauvais (souvenez-vous du pénible Radiostars), et Kev Adams une dizaine parmi lesquels douze sont mauvais. C’est au cours d’une interview donnée vendredi 31 mars dans le « Quotidien » de Yann Barthès que les deux coupables ont ainsi tenté de défendre leur film. Cette interview est la meilleure vanne du film en fait. Pour l’avoir vue, je trouve certes que le débat est encore une fois déplacé, et prend des proportions hénaurmes des deux côtés : de un ce n’est ni un appel au viol ni un film volontairement raciste ou homophobe, c’est juste un film naze, de deux, c’est pas avec ça qu’on va « libérer le débat » en France. Les deux parties sont terriblement horripilantes dans l’émission, avec tout de même une mention « Gros Melon » à Alain Attal et Romain Lévy qui l’ont bien gros, tout de même (le melon).

Le film, moi, je ne l’ai pas trouvé choquant, je l’ai trouvé naze. Faussement insolent et transgressif. Très vulgaire. Ras les pâquerettes. Une sorte de film « hanouniste » quoi. Si tant est que l’hanounisme puisse être un courant artistique. Un paquet de nouilles chaude dans le slip du cinéma français. Et quand Alain Attal appelle à la défense Sacha Baron Cohen et Judd Apatow pour justifier le propos et la démarche du film Gangsterdam, ça me fait penser à un recalé de la première étape éliminatoire de « Top Chef » qui dirait « Ouais mais c’est les autres ils n’ont rien compris, moi ce que je voulais faire c’est du Thierry Marx ». Cette prétention mal placée est une des tares du cinéma français, en particulier dans la comédie. Et cette ‘bien-pensance’ de pacotille emmenée par ce gai-luron de Barthès est, quant à elle, une tare des médias français, On est bien barrés tiens. Rendez-nous Jean Yanne merde.


 

La jeune fille et son aigleLA JEUNE FILLE ET SON AIGLE : « Les aigles de l’art »

En terme d’évasion et d’aventures, le premier film du réalisateur britannique Otto Bell fait plus fort que Le Monde de Narnia et Harry Potter réunis. Plus fort car dans La Jeune Fille et son Aigle, tout est vrai : les paysages à couper le souffle, l’aventure épique et improbable d’une extraordinaire jeune fille de 13 ans qui veut devenir chasseuse à l’aigle comme son père, son lien sacré avec cet animal puissant et sauvage, les vieux de la communauté avec leurs vieilles têtes de méchants sorciers, les chevauchées fantastiques dans les neiges immaculées. Zéro 3D, 100 % vrai, telle est la force de ce formidable documentaire qui prend le ton d’un grand film d’aventures fantastiques pour raconter ce destin hors du commun. Plutôt que d’abrutir vos chères têtes blondes avec Les Schtroumpfs 2, Boule & Bill 2 ou même pire, les Power Rangers, courez voir en famille ce film fabuleux !

Sorties salles le 12 avril

 

Fast & Furious 8FAST & FURIOUS 8 : « Un moteur dans le cerveau »

Bienvenue dans le pire de la grande distribution hollywoodienne, le produit phare des têtes de gondoles de nos multiplexes pour cerveaux décérébrés, la déclinaison marketing poussée à son extrême (non mais huit films ! Huit!) ! Encore plus de gunfight, encore plus de courses-poursuites, encore plus de cascades, d’explosions et de voitures cassées, encore plus de muscles, encore plus de débilités, encore moins de neurones. Le seul record notoire de Fast & Furious, ce sont les 494 millions de dollars de dégâts  provoqués par les accidents et autres cascades automobiles dans les sept premiers films de la saga. Retrait de permis cinématographique immédiat.

Sorties salles le 12 avril


 

CorporateCORPORATE « Pas classe business »

À voir l’affiche et son accroche « Jusqu’où iriez vous pour votre entreprise ? », on pourrait s’attendre à un bon business thriller façon La Firme de Sidney Pollack ou Le Couperet de Costa-Gavras. Mais sous ses airs de film d’affaires à suspense, le premier long métrage de Nicolas Silhol cache surtout un drame social implacable et impeccablement mené par une Céline Sallette au bout du rouleau compresseur de son poste de responsable des ressources humaines d’un grand groupe agro-alimentaire, dévorée d’abord par l’ambition, puis par la culpabilité. Sobre et engagé, le propos du film est soutenu par un casting irréprochable, Lambert Wilson (toujours) en tête, et mis à part peut-être Stéphane de Groodt, toujours un peu fade dans le drame et sans son fameux assaisonnement de calembours.

Sorties salles le 5 avril

 

A bras ouvertsÀ BRAS OUVERTS : « Les bras m’en tombent »

Philippe de Chauveron, à qui l’on doit le populaire Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu, se lance maintenant dans le populisme. Le cinéma populiste, racoleur, démago, rongé par la bêtise, les clichés et les raccourcis que nous servent habituellement plutôt les hommes politiques très à droite que les comédies même les plus gauches. Sur un sujet épineux comme celui de l’intégration des Roms dans nos sociétés, le branquignol de la comédie franchouillarde met ses gros sabots dans le plat et fait déborder tous les vases. Chez lui, les Roms sont laids et sales, puent, volent, parlent à peine français, se baladent avec des poules, rêvent d’envahir nos pays et d’appliquer leurs idées archaïques, sur la condition des femmes notamment, à nos sociétés. Un film vulgaire et raciste, porté par un Christian Clavier au sommet de sa nullité, et qui défend un point de vue inacceptable. Et que vivent Django Reinhardt et Emir Kusturica !

Sorties salles le 5 avril


Kankoiça
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