Abonnez-vous !

WELCOME TO GOOFLAND BRAZIL (and Crossroads) 3.0 — Archives — Livres — Uchronia

Le billet de mauvaise humeur de l’Affreux (épisode 9)

LE BILLET DE MAUVAISE HUMEUR DE L’AFFREUX !

Ce matin, des nuages chargés d’une grisaille fielleuse pointent leur tronche au-dessus de ma trogne mal lunée… J’ai le poil torve, l’haleine chargée, j’ai mal pioncé… Un café mal ingéré avalé, je m’attelle à la petite douceur qui me fera digérer la journée, mon billet de mauvaise humeur !

Et pour ce neuvième billet aux humeurs braziliennes, avec l’actu électorale et ses discours bristol qui embrouillent nos cervelets déjà embouteillés par les usuelles conneries saisonnières, je vous propose une pause syndicale non syndiquée pas piquée des hannetons, un grand divertissement à même de vous tirer les vers du tube digestif, et vous invite, histoire de se marrer cinq minutes, au spectacle qui se joue en ce moment…

Épisode 09 : « … au théâtre des Affreux, ce soir : « Cause toujours… tu m’intéresses ! »

Frizou-billet-9web

Alors, oui, c’est comme ça, dans notre spectacle à nous, les Affreux, on a une flopée de personnages tous plus hauts en couleurs les uns que les autres qui partagent le même objectif suprême : dégommer la concurrence à coups de bâtons merdeux histoire de séduire l’Affreuse gonzesse disgracieuse, perchée sur son balcon.

Comme dans les jeux vidéos pratiqués par nos gamins (et nous, les grands cons, à deux heures du matin quand tout le monde cuve son indigestion), chaque « acteur » a son talent caché, son combo ultime susceptible d’annihiler son concurrent d’un coup bien placé. Certains semblent plus gentils que d’autres, mais eh, encore une fois gare aux apparences. Les dents acérées ne sont pas forcément tranchantes. N’allons pas en faire une analyse, votre Affreux serviteur n’est pas un journaliste politique ni un caricaturiste du réel, il est, comme vous, un simple citoyen, sujet de ces nouveaux Rois. Il n’est pas spécialisé dans les Sciences Po(ts de vins), seulement dans l’absurdité (et encore…) En simple spectateur, il cherche à mieux comprendre pourquoi il se mange toujours la même claque sur la joue droite. Et pourquoi, à l’instar d’Alain Delon, et désormais de Leonardo DiCaprio, il cause à la troisième personne.

Mais chut, silence dans la salle, le premier bouffon s’apprête à entrer en scène : sous vos applaudissements !

« On ne peut pas fonder la prospérité des uns sur la misère des autres. » Vincent Auriol.

François « fuyons » !!! Celui-là est des plus drôles avec sa figure du passé, très dix-septième siècle. Plus gris que Casper le fantôme, il revient de loin, paraît-il. Il a fait son « come-back », disent les journalistes (des gens sérieux, assurément). Super ! J’aime les retours impossibles, les renaissances persiques, j’adore Monte-Cristo. FF reste impassible, ne s’agite guère, son jeu est tout en retenue, il propose à l’Affreuse sur son balcon, une vie sérieuse, des promesses concrètes dénuées d’esclandre. Il veut revenir à une époque où les gens travaillaient dur et méritaient leur salaire. Fi du spectacle, restons sérieux ! Le gendre idéal n’est-il pas un collet monté ? Ah, si, le type est féru des courses automobiles. Un peu d’action, tout de même. Quand il n’est pas austère, il participe aux « 24 heures du Mans » et puis, il rentre chez lui et retrouve son masque cendreux et son attitude détachée, son œil noir et ses pensées surannées.

« Les hommes politiques poussent sur le fumier humain. » Francis Picabia.

Gare à tes fesses, François ! Ah, trop tard ! Le bibendum l’a dégagé d’un coup de hanche dans les How-Donald-Trump-can-short-sell-Mexico-to-become-presidentcoulisses de l’Histoire…

Entre sur notre scène-porcelaine, l’éléphantesque Donald (j’éviterai les jeux de mots vus revus et digérés). Lui, c’est un caïd, il vient des States, il s’est fait tout seul, contrairement au fin Fillon né dans la soie. C’est une grande gueule au spectaculaire franc-parler. Vous pigez ma référence ? Les Francs, ça vous cause ? Ah ah ah… Bref, on ne va pas s’éterniser sur celui qui va régner sur le monde des « ploutocrates » pour les quatre années et plus à venir. Les Américains l’on voulu, ils l’on eu (et nous aussi, hélas, leurs vassaux). Oui, là-bas, au pays du progrès, le discours vaut mieux qu’un bon programme. On le sait maintenant. Celui qui est élu est celui qui raconte le plus de sornettes. D’ailleurs, j’ai cru apercevoir l’Affreuse sourire aux bouffonneries du géant du mazout. Il faut dire qu’un mec qui vous fait la promesse de vous débarrasser du voisin qui pétarade plus fort que votre derrière de bon matin est un type qui a de l’argument en stock.

On en a élus pour moins que ça.

« Comme un homme politique ne croit jamais ce qu’il dit, il est étonné quand il est cru sur parole. » Charles de Gaulle.

sarkowebAttention à ta trompe, Donald… Argh ! Trop tard ! Tu viens de te manger un boulet de canon Sarko. D’où il sort, celui-là, avec ses airs de Pierrot de la Lune ? Comme quoi, les arguments les plus lourds ne font pas forcément le poids. Surtout face aux mi-portions plus matamores encore que soi. Le nouveau venu sur la scène des Affreux est plus qu’un revenant, c’est un zombie. À l’instar des figurants de « La Nuit des morts-vivants », celui-là, vous avez beau le déscotcher de votre semelle, il revient toujours s’engluer dans vos recoins les plus intimes. Il parle, il cause, il jacte, il jure, il se parjure, il argumente, il contre-argumente, et le public en redemande. Diable, quel succès ! Même le gros trompé n’en revient pas ! Du coup, on ne sait plus trop quoi penser, ni qui croire. D’ailleurs, ce malotru a réussi à me faire douter de mes aspirations et même de mon identité… Qui suis-je ?

Heureusement, je ne suis pas le seul, les autres spectateurs aussi, sont paumés. Dans la confusion, certains quittent la salle en la compagnie d’une autre femme que la leur, ou bien d’autres pardessus (de préférence plein aux as). Soudain, le p’tit gars, Sarko s’évanouit dans la nuit, comme ça, sans prévenir, tel un pet foireux.

« Fiez-vous à tout le monde, et vous aurez bientôt à la maison une bonne femme pour vous tromper, de bons amis pour vous la souffler et de bons valets pour les y aider. » Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais/ Le Barbier de Séville.

BSvnq6gCcAAnxEhCe qui ne facilite pas l’entrée en scène du guignol suivant, celui qui porte le nom d’une région qui n’est pas un pays, le mal nommé Hollande. Quèsaco ? Avec ses lunettes embuées, ses cafouillages à la minute, son humour à la Molière qui ne passe plus de nos jours (il faut un humour référencé séries télé) on ne pige que dalle à ses propos. Il a beau servir à l’Affreuse sur un plateau doré des plans de vie plutôt sympas, et franchement pas austères qui pourraient séduire une donzelle aux esgourdes ouvertes, ça ne passe pas… Elle pique du nez, le public aussi. C’est mauvais signe. Ils ne l’écoutent pas. Du coup, c’est la grande inconnue… On ne sait pas si ce qu’il nous baragouine tient la route ou pas, s’il faut croire en lui ou non, s’il est sérieux ou falot, puisqu’on ne l’entend pas. Sans oublier ses détracteurs, planqués derrière le rideau de la scène des Affreux, qui embrouillent ses propos, détournent ses mots… Alors, on ne pige plus rien, et le pauvre Hollande est plus seul que jamais dans son royaume jupitérien.

Il a bel et bien passé son tour…

« Le plus dur pour les hommes politiques, c’est d’avoir la mémoire qu’il faut pour se souvenir de ce qu’il ne faut pas dire. » Coluche.

dicaprio-obama-2016webJ’ai cru apercevoir briller l’espoir dans les yeux ambitieux de convives assis au premier rang de la salle.

Parmi eux, la dame Merkel, à l’assise plus solide que l’ouragan Katrina, le plus si jeune DiCaprio, plus balaise qu’un malaise… Lui, c’est une énigme, on ne sait pas qui il est : écolo ou escroc ? Acteur ou menteur (quoique les deux se confondent) ? Quand je l’ai vu, dans son documentaire, deviser en bonne compagnie d’Obama (vous savez le futur ex-King of the world) je me suis demandé, qui des deux, était le Président des États-Unis d’Amérique. Leo va-t-il, lui aussi, dans un futur proche, être candidat à la fonction suprême ? Les paris sont ouverts.

J’aperçois au dernier rang de la salle, des figures énervées, des extrémistes et vieilles dentelles, tapies dans l’ombre de nos doutes et de nos dissensions, qui attendent leur heure depuis si longtemps déjà qu’on a (presque) fini par les oublier… À trop se mettre sur la gueule, nos tartempions de l’arène politique leur ont donné du pouvoir… Elles se disent que le climat leur est propice, que c’est maintenant ou jamais, que leur heure est venue. Espérons que les figures resteront dans l’ombre, sinon, ce sont nos libertés qui vont trinquer.

J’ai l’impression d’avoir payé ma place pour rien tant les interrogations se multiplient dans ma caboche mal lunée.

178249Quand j’écoute ou lis les papiers pondus par les journalistes, je suis encore plus égaré. Chacun contredit l’autre. Internet a fait place nette à la désinformation. Chacun y va de son faux scoop, la réalité est ailleurs… Où ?

La réalité a dépassé la fiction. Nos dirigeants sont désormais plus hallucinants que Kevin Spacey, le président meurtrier de la série, House of Cards… La fiction est dépassée par la réalité…

Alors pour qui voter demain ? À qui confier le devenir de nos enfants, de notre planète ? La clé est sans doute nichée dans nos instincts primaires. Si les rapporteurs d’information de ce siècle ne colportent que des conneries, à nous d’écouter nos tripes et pas les haines des autres.

Qui sera le Designated Survivor ?

Je m’en vais éteindre ma fenêtre virtuelle pour contempler celle de la réalité. L’avenir est en marche, malgré tout ce grand bazar. Pour combien de temps ?

Rideau sur le théâtre des Affreux.

Sous vos applaudissements.

L’Affreux.

To be continued…

 

Un billet acéré par le fleuret spadassin d’Arnaud Delporte-Fontaine  et ciselé par le fusain sanguinaire de Frizou.


Arnaud Delporte-Fontaine


Kankoiça
janvier 2017
L Ma Me J V S D
« déc   fév »
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031  
Koiki-ya