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Glop/Pas glop [CHRONIQUES CINÉ NOVEMBRE]

GLOP / PAS GLOP

Chaque semaine, une petite doublette de critiques ciné à haute teneur brazilienne, glop ou pas glop… Enjoy !

LE 02 NOVEMBRE EN SALLES

 

la-folle-histoire-de-max-et-leonLA FOLLE HISTOIRE DE MAX ET LEON : «Résiste, prouve que tu existes »

Le Palmashow, c’est d’abord un irrésistible duo comique qui enflamme le web et la télé depuis plusieurs années avec ses parodies. Comme tant d’autres avant eux, des Nuls aux Inconnus, des Charlots au Splendid, de Kad & Olivier à Eric & Ramzy, les compères ont franchi le cap du grand écran et signent un premier long-métrage éminemment parodique et impeccablement comique. Assumant sans rougir la filiation avec La Grande Vadrouille, Papy Fait de la Résistance et autres 7ème Compagnie, ce pastiche populaire est une réussite qui gratte aussi des sujets sensibles comme la collaboration et le régime de Vichy avec une insolence qui rappelle les meilleurs moments des OSS 117 sauce Dujardin.

 

WOLFF : « Dans comptable il y a… »

Ben Affleck incarne ici Christian Wolff, un expert-comptable qui est en réalité à la solde de la mafia. Aussi à l’aise dans la maniement des chiffres que des gros calibres, notre héros, sorte de génie beau gosse proche d’Asperger, se transforme en vrai commando de guerre grâce à l’éducation de son pôpa, militaire ultra macho, qui l’a confié petit à un maître chinois (mais oui !) pour lui apprendre à tuer, une nécessité, semble-t-il, pour survivre dans ce monde (argh). Le twist final, absolument ridicule, et le gloubi boulga global du film, sorte de curieux croisement entre Will Hunting et Steven Seagal, donne presque envie de filer le prochain Nobel de Littérature au scénariste de la saga Taken.

La folle histoire de Max et Leon (glop) et Wolff (pas glop), sortie salles le 02 novembre.

 

LE 09 NOVEMBRE EN SALLES

creative-controlCREATIVE CONTROL : «Virtual insanity »

Ecrit, réalisé et interprété par le jeune cinéaste américain Benjamin Dickinson, Creative Control est un bel exercice de style sur les dérives promises par l’avènement de la réalité virtuelle. Sans arriver à la hauteur du mythique Strange Days, sorti en 1999, le film repose la question des frontières entre réel et virtuel, plus que jamais d’actualité avec l’arrivée des lunettes de réalité virtuelle au pied des prochains sapins de Noël. Quand ces frontières se brouillent et se floutent jusqu’à s’évanouir complètement, comment ne pas basculer dans la folie ? Une science fiction de proximité qui rappelle par sa retenue, son élégance et sa sobriété le fantastique Bienvenue à Gattaca, d’Andrew Nicol.

INFERNO : « Infernal»

Après Da Vinci Code et Anges & Démons, Tom Hanks reprend le rôle de Robert Langdon, le personnage le plus mauvais de sa carrière prolifique, pour un troisième opus qui flirte plus avec le grand guignol et le ridicule qu’avec le mysticisme et l’intelligence. Réalisé par un Ron Howard qui a enclenché le régulateur de vitesse, le film enchaîne avec paresse les mêmes scènes désincarnées pendant deux heures. On détaille la recette : une scène d’action, une course poursuite, une scène de cauchemar, une scène dans un musée, un flashback, une scène d’action, une course poursuite, une scène de cauchemar, une scène dans un musée, un flashback, etc. Si on enlève toutes les scènes avec des gens qui courent, le film devient un court-métrage. Vain, moche et pompant.

Creative Control (glop) et Inferno (pas glop), sortie salles le 09 novembre.

 

LE 16 NOVEMBRE EN SALLES

mr-oveMR. OVE : «Papy Daniel  (big up Etienne Chatilliez !)»

Veuf, sexagénaire et tout juste licencié économique, Mr. Ove est un voisin irascible, râleur et suicidaire. Pensant être arrivé au bout de son chemin, il crée bien malgré lui, entre deux tentatives de suicide ratées, des liens d’échange et de partage avec ses voisins. Petit à petit, on en apprend plus sur ce senior aussi insupportable que touchant et attachant. Rolf Lassgard, le « Depardieu suédois » est brillant de justesse et d’émotion dans ce film simple et lumineux qui nous parle d’amour, de tolérance et de partage. Une belle fable sur le vivre ensemble, parsemé de cet humour grinçant typiquement nordique et doublé d’une émouvante réflexion sur le difficile travail de deuil. Un petit trésor venu du Nord.

LES ANIMAUX FANTASTIQUES : « C’est pas sorcier »

Cette adaptation ciné de l’extension de l’univers d’Harry Potter, développée dans le roman éponyme de J.K Rowling sorti en 2001, a tout pour plaire aux amateurs du genre sur le papier : scénario signé par l’auteur elle-même d’après son roman, casting alléchant, nombreux clins d’œil et références, avalanche d’effets spéciaux et de morceaux de bravoure… Le menu alléchant pèse hélas sur le ventre, car trop surchargé. Par ailleurs, et c’est le comble pour ce genre de film, l’ensemble manque considérablement de charme et de magie et reste une grosse machine à effets spéciaux dépourvue d’âme. David Yates n’est pas Tim Burton.

Mr. Ove (glop) et Les animaux fantastiques (pas glop), sortie salles le 16 novembre.

 

LE 30 NOVEMBRE EN SALLES

sullySULLY: « Il y a un pilote dans l’avion »

Clint Eastwood est toujours ce magnifique artisan du cinéma qui distille avec douceur et mélancolie ses histoires sur les paradoxes du monde, et quelques larmes de jazz. Avec Sully, il nous parle d’une catastrophe qui est un miracle, d’un héros qui est un suspect, d’un anonyme qui est une célébrité mondiale, d’un acte anodin qui est unique, et signe une sobre et magnifique variation sur la complexité de l’homme, de l’âme et de l’esprit, qu’aucune machine et qu’aucun ordinateur ne remplacera jamais. Qu’est ce qui fait l’essence d’un héros ? Nos choix sont-ils toujours les bons ? Fait-on toujours le bien quand on croit le faire ? Qui peut nous juger ? L’impeccable Tom Hanks s’efface derrière les traits du Commandant Sullenberger qu’il incarne à l’écran dans ce film catastrophe qui n’en est pas un et nous tient en haleine jusqu’au bout même si on en connaît déjà la fin.

OPPRESSION : « Une ambiance glaciale qui sent le réchauffé »

Mais qu’est donc allée faire la splendide Naomi Watts dans cette énième production formatée de la maison Luc Besson ? On est bien loin ici des débuts flamboyants de l’actrice dans Mulholland Drive de David Lynch en 2001, ou de sa nomination aux Oscars pour « 21 Grammes » en 2004. Aucun faux pas notoire cela dit dans ce thriller horrifique qui tente de se la jouer Kubrick et Stephen King avec la bonne vieille formule magique « maison isolée sous la neige + gamins bizarres + paranoïa + hallucinations », si ce n’est que ça a déjà été fait mille fois, et souvent mieux. Banal et réchauffé. Un comble pour un film à l’ambiance si glaciale.

Sully (glop) et Oppression (pas glop), sortie salles le 30 novembre.


Thomas Lécuyer


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