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WELCOME TO GOOFLAND BRAZIL (and Crossroads) 3.0 — Archives — Livres — Uchronia

Cool, pâté en croûte, aventures et invisibilité

Si vous ne savez pas quoi faire de vos brouzoufs et qu’après le passage des pompiers et des éboueurs il vous reste quelques sesterces, voilà quelques belles idées de cadeau(x).


 

car-washCAR WASH

Je vous présente un véritable coup de cœur. Un film musical ultra fun, ultra brite, ultra cool qui porte le titre de Car Wash. L’histoire est toute simple : une journée typique dans une station de lavage de voitures à Los Angeles, où l’on croise toutes sortes de clients plus farfelus les uns que les autres ! Voilà. Le film est un concentré de bonne humeur, une merveille de « feel good movie », un délire coloré qui donne l’envie d’enfiler son pantalon à patte d’eph’ et rejoindre la station de lavage la plus proche astiquer sa Fuego. Car Wash est une comédie musicale atypique car elle s’articule autour des tubes qui passent à la radio. Cette trouvaille géniale ne parasite pas les scènes de dialogue ni les nombreux gags. Tout mousse, tout coule, tout s’enchaîne merveilleusement bien. Sous l’humour bon enfant traîne une belle critique de la société de consommation ! Cette station de lavage qui tente de survivre à l’arrivée du nettoyage automatisé tente également de maintenir le moral en berne d’un personnel désabusé. C’est assez étrange pour le signaler mais le film semble vibrer au son de la mutation de la société américaine déjà malade des chocs pétroliers et des crises qui s’annoncent. Filez voir Car Wash. CAR WASH !! YEAH ! Si vous n’êtes pas rassasié de danse alors bougez votre popotin avec Sweet Charity et Xanadu, deux raretés éditées par Elephant Films.

 

docteur-teyranDOCTEUR TEYRAN

 

J’aime le pâté en croûte, j’aime le cinéma pâté en croûte et j’aime encore davantage les téléfilms pâté en croûte. Il y a quelques temps, Elephant films sortait l’excellent téléfilm La Traque avec Bruno Cremer et Gérard Lanvin qui racontait la véritable histoire des Lyonnais. Un must vintage. Du grand art. Voilà que sort en DVD Docteur Teyran avec Michel Piccoli, Raymond Pellegrin, Feodor Atkine et Jean-Marc Thibault, un thriller aux accents de polar sorti en 1980. Aux manettes : Jean Chapot et Igor Barrère. Deux grandes légendes du petit écran. Kézako Docteur Teyran ? Eh bien lisez donc ceci : Jean Teyran, chirurgien de renom, apprend que sa fille adorée fréquente un truand notoire, Boris Valberg. Afin de protéger celle-ci et sa vie de famille modèle, il décide d’assassiner Valberg. Mais lorsque les soupçons de la police se portent vers un ancien gangster, Teyran se trouve devant un cas de conscience : va-t-il laisser un innocent payer pour son crime ? Une œuvre en 3 parties où Michel Piccoli, en mode « maximum furibard parce que contrarié par sa fille », ne cesse de s’énerver et de monter la voix à la fin de toutes ses répliques. Une sensation étrange et pénétrante, une technique tellement compassée qu’elle me donne l’envie illico de déguster un plateau de charcuterie. Durant les 270 minutes que dure Docteur Teyran on ne s’ennuie pas une seconde. Mention spéciale à Feodor Atkine qui joue un magnifique méchant. Son faciès de vautour et son corps d’athlète le rendent parfaitement antipathique. Jean-Marc Thibault incarne un salaud de traître de première catégorie. Docteur Teyran, c’est un thriller des années 80 tendu comme un string, une œuvre sans concessions. On fume, on boit, on s’invective. Quel pied ! Et puis on y voit une Renault 30, une R5 TL, une Poire… Bref que des belles choses !

 

sacrifice-2SACRIFICE

Sacrifice est un film étrange. Une œuvre soignée réalisée avec soin, sans chichi ni affèterie, mais terriblement chiante. On est à dix mille lieux d’un film de sabre virevoltant (et contemplatif) ou d’une œuvre poétique à la Tsui Hark. La facture classique ne le dessert pas, il est juste trop long et trop lent. Et parfois trop confus. Voire même très confus.

La Chine, il y a 2500 ans. Pour sauver le dernier fils de la noble famille Zhao, dont le clan entier a été massacré par les mains d’un infâme ministre, le docteur Cheng Ying sacrifie son propre fils. Il décide alors d’élever le fils Zhao comme son propre fils, dans le but de l’amener à se venger…

Pas de panique. Si vous êtes fan du genre, vous visionnerez un film académique un peu pantouflard sans toutefois souffrir d’ampoules. Les pantoufles chaussent large.

 

Après le premier cycle « Voyage en terre étrangère » place au second cycle.

On embraye directement sur Le Secret des tentes noires un film de guerre qui n’en n’est pas un. Si vous appréciez les films de genre qui n’hésitent pas à sortir des chemins balisés alors vous serez séduits par cette intrigue qui fait la part belle à la psychologie. Vers la fin de la campagne africaine britannique, et après un affrontement, le capitaine Holland est recueilli par Mabrouka, la fille du Cheikh d’un campement de tentes noires, et décide de s’y installer. Quelques années après la guerre, le Colonel Sir Charles Holland, accompagné d’Ali, part traverser le désert de Libye à la recherche de son frère disparu… Cette histoire d’hommes qui se cherchent sans trouver est un formidable voyage intérieur.

Les Quatre plumes blanches est un véritable chef-d’œuvre. Une œuvre d’une cruauté folle où quand des amis punissent l’un des leurs parce qu’il est un pleutre. Visez plutôt le synopsis : À la fin du 19e siècle, Harry Faversham s’engage dans le bataillon Royal du North Surrey sur l’avis de son père et se fiance avec la fille d’un général. Lorsque trois de ses amis et lui reçoivent l’ordre d’aller combattre les derviches au Soudan, il se ravise et démissionne. Ses trois amis ainsi que sa fiancée lui donnent alors quatre plumes blanches, symbole de sa lâcheté… Nous vivons une revanche -où quand un homme humilié décide de prouver qu’il n’est pas un salaud, encore moins une petite fiotte que l’on accuse de lâcheté. C’est d’une beauté et d’une tristesse, à pleurer… Les Quatre plumes blanches ne dressent pas le portrait d’un seul homme mais d’une bande d’amis, et recouvrent tout le champs des possibles des pires et meilleurs aspects de la nature humaine.

visa-pour-hong-kongDans les bonus de Visa pour Hong Kong, Jean-Pierre Dionnet raconte comment ce film promis par les studios comme un futur chef-d’œuvre s’est lentement mais sûrement transformé en grand film malade. L’histoire ? Mark Conrad, malgré un passé d’aventurier glorieux, est un alcoolique déclenchant fréquemment des bagarres dans le port de Hong Kong. Il est chassé par la police et envoyé vers Macao à bord du Fa Tsan, un bateau commandé par l’odieux Capitaine Hart. Lorsque les autorités de Macao refusent à Conrad son droit d’entrée sur le territoire, il est obligé de rester sur le bateau et d’affronter le Capitaine. Les raisons de cette bérézina. D’abord la rencontre Orson Welles et Curd Jürgens qui a tourné au vinaigre. Question d’ego et question de boisson ! Bref, les deux monstres sacrés ont décidé de s’ignorer jusqu’à se mépriser royalement. À ce propos, leurs scènes communes valent leur pesant de cacahuètes car elles donnent la nette impression que les acteurs ne se regardent pas. Toutefois, le film ne manque pas de souffle. Au bout de 10 minutes, on se sent dépaysé. Dans Visa pour Hong Kong tout est beau et mal fichu. Donc culte.

Pour finir la série des joyeusetés sort Les Turbans rouges, formidable film de guerre et d’aventures qui se déroule dans les années 20 dans les Indes britanniques. L’officier Stratford fait emprisonner la tribu des Banthas sans aucune raison valable. Lorsque son chef, Sultan, réussi à s’évader, il se réfugie avec le reste de ses hommes dans les montagnes. Une amère confrontation avec les Anglais va alors s’enclencher. Yul Brynner casse la baraque dans ce rôle de sultan outragé par les forces d’occupation. Vous le verrez rarement aussi charismatique. Durant 2 heures, il règne un souffle épique qui donne l’envie de filmer le monde.

 

 

CYCLE UNIVERSAL MONSTERS

homme-invisibleL’HOMME INVISIBLE

Après Dracula, Frankenstein, La Momie et Le Loup-garou, nous poursuivons notre cycle Universal Monsters. Plus que les histoires, toutes prétextes à des aventures plus rocambolesques les unes que les autres, la série de L’Homme invisible incarne une magie qui n’appartient qu’à elle. Les films exhalent ce formidable parfum de la débrouille où les effets spéciaux semblent naître des petits doigts boudinés de techniciens géniaux. D’ailleurs, Le Retour de l’homme invisible a été nommé à l’Oscar des meilleurs effets visuels en 1941. De tous les monstres Universal, l’Homme invisible est celui (avec Frankenstein !) qui possède le plus de potentiel pour traiter des sujets brûlants comme ceux du désengagement pour la science et la technologie si chers à H.G Wells. Les scénarii goupillés par le romancier Curt Siodmak ne trahissent en rien l’esprit de son confrère écrivain. Je vous conseille mille fois de vous dégager du temps pour découvrir ou redécouvrir Le Retour de l’homme invisible, La Femme invisible, L’Agent invisible contre la gestapo, La Vengeance de l’homme invisible, Deux Nigauds contre l’homme invisible. Quel programme !


Cédric Janet

 


Kankoiça
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