Abonnez-vous !

WELCOME TO GOOFLAND BRAZIL (and Crossroads) 3.0 — Archives — Livres — Uchronia

CHRONIQUES NOVEMBRE [DVD]

CHRONIQUES DE NOVEMBRE

 

coffret-collector-little-big-man

C’est par des nuages dans le ciel que nous avons appris la première bonne nouvelle de nos chroniques novembriennes, l’arrivée imminente de Little Big Man dans nos bacs adorés. À peine le temps d’envoyer « Souris sans fil » et « Clavier qui pue » en éclaireur, que la susdite galette était introduite dans le lecteur. La grande question étant de savoir si le film d’Arthur Penn avait un peu perdu (ou non) de sa splendeur aprés toutes ces années écoulées (presque 50 ans, whaou ça calme…). Pas besoin de pow-wow pour débattre, Little Big Man reste un morceau de bravoure, et accessoirement le meilleur rôle de Dustin Hoffman pourtant auteur d’une carrière entachée de pépites.

Il est bon de rappeler que ce film fut un bide lors de sa sortie américaine, ce qui n’était pas étonnant car, en pleine guerre du Vietnam pouvait-on faire une comédie sarcastique sur le génocide indien ? Heureusement l’accueil de l’Europe fut tout autre, et le film put ressortir ensuite de nouveau au pays des tuniques bleues afin de recevoir le succès qu’il méritait. N’empêche… En tout cas, suivre les pérégrinations tragi-comiques de Jack Crabb est encore aujourd’hui une cure de jouvence salutaire, les situations absurdes se succédant au gré des changements de camp du héros, véritable anti-héros. Dustin Hoffmann est juste parfait en cow-boy trop sauvage pour la civilisation et en Indien trop civilisé pour la vie sauvage. Il fait sans arrêt le grand écart entre deux peuples trop aux antipodes pour vivre ensemble. Quelle est d’ailleurs aujourd’hui la place de l’Indien dans la société américaine ? Si vous voulez un début de réponse replongez-vous (ou plongez-vous pour les néophytes) dans le superbe comics de Jason Aaron « Scalped », immersion incroyablement noire au cœur d’une réserve indienne sur fond de polar glauque. Magistral. Revenons à nos bisons avec l’irrésistible Little Big Man qui nous fait croiser toutes les légendes de l’Ouest, du sadique Custer au mytho Wild Bill Hickock, sans omettre la présence de la délicieuse Faye Dunaway qui passe de la bigote la plus intégriste à la cuissarde la plus légère en quelques coups de bobine.

Une fresque sans temps morts, saupoudrée d’un humour bon enfant (les passages de Crabb dans sa vie d’Indien sont irrésistibles) mais non dénué d’un fond historique qui pose encore aujourd’hui des questions bien gênantes pour la classe politique américaine. Grand Hooka Hey pour cette nouvelle édition de Little Big Man.

LITTLE BIG MAN / Coffret Carlotta – Sortie depuis le 19 octobre 2016


 

coffret-lage-dor-du-cinema-japonais

 

Oh le beau cadeau à glisser silencieusement sous le sapin qui va bientôt encombrer vos salons et faire le bonheur de tous ceux qui jouent au Trivial Pursuit édition japonaise. Aucun camembert ne pourra résister à vos nouvelles connaissances sur le cinéma nippon, et samouraï de la soirée vous ressortirez ! La lecture de ce recueil va assurément vous donner des idées pour remplir vos soirées devant votre petit écran. Plus de cent cinéastes peuplent les pages de ce dictionnaire et rappellent à quel point le pays du soleil levant était et demeure un mastodonte du genre cinématographique. Amusez-vous déjà à faire une liste de vos cinq films japonais de tous les temps. Bon courage les Yakusa. Petite miso point avant d’oublier le bien-fondé d’offrir ce dictionnaire, il est accompagné par six films des tout meilleurs réalisateurs du pays. Ozu, Mizoguchi, Oshima, Kurosawa, Naruse ainsi que l’incroyable, l’extraordinaire, le puissantissime Harakiri de Masaki Kobayashi. Film qui, pour votre serviteur de la chronique, serait dans ma liste de mes cinq « ramen tes dvd » sur mon île déserte japonaise de tous les temps. Ainsi que La condition de l’homme du même Kobayashi, que l’on trouve aussi dans une superbe box chez le même éditeur soit dit en passant. Oulala me voilà VRP chez Carlotta maintenant, n’oubliez pas la monnaie les gars…

Trêve de plaisanterie, ce coffret est indispensable pour parfaire votre éducation nippone, et connaître tous les secrets du cinéma (ou du moins une partie) de l’île des mangas. Pour ceux hésitant et trouvant le cinéma japonais quelque peu abscons, trop loin de notre éducation d’occidentaux, je vous encourage juste à vous plongez dedans délicatement comme une fleur de lotus sur un litchi laiteux. Et je sais de quoi je parle, car j’ai moi-même découvert toutes les richesses de ce cinéma grâce aux chroniques que j’ai pu faire pour votre magazine de cinéma préféré de votre vie d’avant : feu-Brazil. Et j’ai pu découvrir un univers et une culture méconnus au fil de mes visions, grâce à un cinéma puissant, anti-conformiste, in-politiquement correct ou politiquement incorrect (c’est selon), ainsi que des réalisateurs passionnants. Se plonger dans la filmo d’un Akira Kurosawa est une expérience unique et enrichissante. Le château de l’araignée, Dersou Ouzala, Barberousse, Les 7 samourais et j’en oublie, sont autant de chefs-d’œuvre à découvrir (ou redécouvrir selon chacun). Après, vous déclinez sur bien des réalisateurs que ce soit Mizoguchi, Oshima, Kobayashi ou autres Ichikawa et son crépusculaire Feu dans la plaine (exemple au hasard parmi tant d’autres), Il faut juste déconnecter votre cerveau d’occidental mal dégrossis et vous laissez guider par un cinéma poétique, philosophique et puissamment anti-conformiste. Se laisser guider par ce ton aigre-doux qui n’oublie jamais d’appuyer fortement sur toutes les faiblesses et les vicissitudes de l’être humain.

En termes de chiffres, j’ai été stupéfait de découvrir qu’il n’y avait que quatre films japonais qui avaient dépassé le million d’entrées (de 1945 à 2000) dans notre pays. Et dire qu’en France nous faisons partie des nations les plus ouvertes au cinéma des autres monde !!! Comme je vous ai donné le saké à la bouche, je vais ici dévoiler les deux films ayant fait le plus d’entrées dans nos salles obscures (source du dico of course). Le cinéaste est d’ailleurs le même puisque il s’agit de Nagisa Oshima, avec son sulfureux et controversé (à l’époque) L’empire des sens (1 730 874 de petits cochons) et Furyo (1 509 223) qui, lui, avait bénéficié de la présence dans le casting de la star David Bowie, époque « China Girl ».

De plus, ce dictionnaire vous permettra d’ouvrir les chakras et de vous diriger vers des sucreries au miel tel que Baby Cart, Zaitochi ou pourquoi pas faire plus moderne avec les superbes films de Takeshi Kitano. Puis vous vous dirigerez vers le cinéma asiatique dans une vision plus globale, tout en sachant que vous n’aurez pas assez de temps sur cette planète pour tout découvrir tellement le champ d’action est immense.

Sayonara Banzai pour le coffret « L’Âge d’Or du Cinéma Japonais ».

L’ÂGE D’OR DU CINÉMA JAPONAIS (1935-1975) / Coffret Carlotta (Voyage à Tokyo de Y. Ozu / Contes des chrysanthèmes tardifs de K. Mizoguchi / Harakiri de M. Kobayashi /Contes cruels de la jeunesse de N. Oshima /Je ne regrette rien de ma jeunesse de A. Kurosawa / Une femme dans la tourmente de M. Naruse) – Sortie depuis le 14 octobre 2016


 

Deuxième salve du barrissement Imamura chez Elephant Film, après la très belle sortie il y a un an de quatre de ses premiers films (cf chroniques antérieures sur votre site sur lequel vous êtes déjà d’ailleurs…). Une nouvelle fois on peut mettre en exsangue le remarquable travail de restauration de l’éditeur qui permet de se délecter de ces longs-métrages dans un excellent confort visuel.

desirs-volesOn retrouve ici le tout premier opus de la carrière d’Imamura, Désirs volés, qui relate les aventures d’une troupe de théâtre qui joue ses classiques dans les campagnes japonaises. Toutes les œuvres de Mo-Li-Air, Pla-thon ou autres Mon-thai-skieu… Cette troupe d’intermittent au talent limité, et qui se voit obligée de composer entre les égos des différents protagonistes, joue pour survivre dans un art qui commence doucement son déclin. On retrouve dès son premier film les thèmes qui vont jalonner sa filmographie, la puissance et la place importante de la femme dans une société machiste et un brin féodal, et la solitude désespérante d’une certaine catégorie de la population (ici les acteurs itinérants).

mon-deuxieme-frereMon deuxième frère est le meilleur de la série, il se passe dans une ville minière entre les travailleurs japonais et la communauté coréenne. Une nouvelle fois il s’agit d’errance qu’elle soit familiale ou communautaire. La vie de quatre frères et sœurs est bouleversée par la mort du père (lui-même déjà veuf). S’ensuit la débrouille, pour survivre dans cette société japonaise terriblement hostile lorsque l’on est démuni. Noir c’est noir semble être le seul credo de ces travailleurs du charbon, dont l’usine elle-même est mise en péril par le changement sociétal. Les deux cadets de la fratrie, qui au départ n’avaient pas la meilleure main pour s’en sortir, sont pourtant ceux qui, à la fin du film, ont les chances les plus sérieuses pour affronter la société nippone. Ils leurs faudra juste battre un carré d’as avec leurs paires de sept. Une gageure…

desir-meurtriersDésirs meurtriers relate la vie difficile de Sadako, mariée à un homme volage et quelque peu machiste. Sa morne vie de couturière est perturbée par l’irruption dans son lit d’un violeur-cambrioleur. Mais au lieu de la faire partir au royaume de la dépression où l’attendaient prozac et consorts, elle découvre le terrible pouvoir de sa sexualité jusque-là refoulée. Grâce à ce viol, elle découvre son autonomie et renverse le rapport de force jusqu’alors établi dans le couple. Évidemment, dit ainsi le discours est terriblement dérangeant car le retour à la normalité de l’héroïne s’établit suite à un crime abject. C’est là tout le paradoxe des premiers films d’Imamura, qui n’hésite pas à appuyer fortement sur l’hypocrisie de la société japonaise, notamment dans les rapports hommes/femmes.

le-profond-desir-des-dieuxLe profond désir des dieux fait partie des ovni du réalisateur qui, de temps en temps, filme des fulgurances venues des tréfonds de son imagination. Voulant montrer l’exploitation mercantile honteuse de son pays (de son point de vue d’artiste nippon), il construit cette fable comme une utopie sur une civilisation idéale, pendant que les protagonistes de son île (prochainement touristique) continuent eux à copuler comme des bêtes et à pratiquer l’inceste (entre autres) comme si de rien n’était. La modernité au service des traditions…

Malgré ces récompenses Cannoises (deux palmes, toujours mieux pour nager), Imamura ne pointe pas parmi les réalisateurs nippons les plus connus, merci donc à l’éléphant de pouvoir nous plonger dans le cœur de ses premiers émois cinématographiques.

SHOHEI IMAMURA / Elephant films (Désirs volés (1958) *** / Mon deuxième frère (1959) **** / Désirs meurtriers (1964) **** / Le profond désir des dieux (1968) *) – Sortie le 15 novembre 2016


Jsthi


Kankoiça
novembre 2016
L Ma Me J V S D
« oct   déc »
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  
Koiki-ya