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La sélection Bandcamp de dk #6

La sélection Bandcamp de dk #6

Honnêtement, ce n’est pas une par mois mais une par semaine qu’il faudrait vous en offrir de ces sélections Bandcamp tant mes coups de cœur se font fréquents ces derniers temps. Mais cette mensualité m’oblige à moins de mansuétude et vous garantit un choix exigeant (putain on croirait que je rédige un flyer publicitaire). Bref, pour clore cette trêve estivale (l’automne vient de débuter), du noise (avec Carl Sagan’s Skate Shoes), du noise (avec Marriage + Cancer) et du n…. non, du doom sludge avec Haast’s Eagled. Préparez-vous à cliquer dru (et si possible achetez, ça va direct dans la poche des groupes).


 

bandcamp6-carl-saganBon, au jeu du name-dropping, ces Texans (d’Austin, comme Today Is The Day) rendent a priori les choses un peu triviales. Pas la peine d’être grand clerc (j’adore ces expressions désuètes dans des chroniques de noise) pour s’apercevoir que la matrice de ce trio vient d’Unsane et de Shellac. Mais au fur et à mesure que les morceaux s’égrainent, les références se complexifient, et vient s’y ajouter une bonne part des poulains des écuries Amphétamine Reptile et Touch & Go sans oublier Oxbow sur le génial « #B », qui concourt déjà pour moi au titre de morceau de l’année. Ce trio (au nom aussi énigmatique, en tout cas pour moi, que franchement tarte, comme la pochette d’ailleurs, qui faillit bien me faire passer à côté d’eux tant elle n’indique en rien ce qui nous attend) est teigneux à souhait, et réussit surtout un patchwork permanent où les ruptures de styles ne sont pas qu’entre les morceaux, mais bien en leur sein même, ce qui fait de ce disque un objet addictif dont on ne se lasse pas, ce qui n’est pas la règle dans le noise où les groupes ont un peu tendance à s’accrocher à leur style, identité qu’ils se sont établis et qu’ils cultivent parfois jusqu’à saturation. Les riffs se font bluesy (enfin relativement, les amateurs risquent encore de me maudire) comme sur le détergent « Sundance Kid » (avec guitare qui n’est pas sans évoquer celle de Chris Spencer sur le bridge) ou quasiment punk old-school sur le final (« Speak ») en passant par le quasi-pop « Smoke ». Bref, en 9 tranches dkoupées au rasoir électrique, ce disque est un exutoire à frustration, à colère rentrée et à envie de meurtre contrariée qu’on ne peut que conseiller. Franchement, depuis Pile je n’avais pas eu autant envie de défendre un groupe affilié au noise. À vous de voir (enfin d’écouter).

Carl Sagan’s Skate Shoes, « Carl Sagan’s Skate Shoes » ()

 

bandcamp6-marriage-cancerBon attention, encore du bruyant. Et encore de l’enthousiasmant, sentiment que l’on pensera peut-être un peu répétitif chez un ancien mais peu importe. Doté d’un patronyme (mariage + cancer il fallait oser) et d’une pochette (très beau dessin, assez malsain) autrement plus attrayants que leurs collègues texans chroniqués ci-dessus, ce quatuor de Portland (on est dans l’Oregon pour les obsédés de Google Maps) donne lui aussi dans du noise qui aurait trouvé refuge sans souci sur les labels sus-cités, mais avec pour influences cette fois Jesus Lizard et Drive Like Jehu (+ quelques autres que je vous passe car c’est assez peu vraisemblable qu’ils évoquent quoi que ce soit pour beaucoup d’entre vous). Plus un EP qu’un LP (on est sur du 5 titres – 18 min), c’est un compagnon indispensable du précédent et à mettre dans le même sac au concours de groupe noise de l’année.

Marriage + Cancer, « Demonstrations II » (ici)

 

 

bandcamp6-haast-eagledBon sur ce coup-là je suis à la bourre (l’album date de fin mai dernier) mais je me suis accordé, par dérogation spéciale d’un jury d’experts intransigeants composé de moi, un droit de rattrapage. Vous allez me dire, jusqu’à présent ce n’était guère primesautier. Je vais vous répondre, et bien là encore moins, car ces Anglais font dans un doom sludge particulièrement sombre et caverneux, plus BO de cérémonie d’exorcisme que d’un match de beach volley. Bref, si vous aimez votre Electric Wizard avec pas mal de Sleep dedans, vous devez vous ruer car ce disque est assez exceptionnel. Bien sûr, les plus anciens (genre dans mes âges) diront que pas la peine de s’arrêter en route dans les racines puisque les primaires, les princeps, sont à chercher du côté de Black Sabbath bien sûr. Incroyable comme ce groupe, qui fait d’ailleurs sa tournée d’adieu (concert final à Birmingham, leur ville d’origine, le 4 février), a pu laisser une empreinte indélébile dans la musique du demi-siècle suivant quand il fut traité avec une telle condescendance à l’époque de son irruption, comparé désavantageusement avec une flanquée de groupes certes parfois excellents (parfois assommants) mais qui n’ont pas follement imprimé ne serait-ce qu’une trace fossile depuis lors. En tout cas, ces Haast’s Eagled renouvellent le genre par l’utilisation de toute une flopée d’instruments et de styles généralement absents de ce genre un brin trop englué dans ses codes initiaux et qui n’a guère évolué depuis 20 ans. Impossible de passer en revue ce qui en fait un album aussi redoutablement efficace et excitant, mais si vous acceptez le challenge de maintenir votre curiosité active durant les 12 minutes du morceau qui sert de portail de cette géhenne sonore (alias « Pyaas Bonghi »), pas impossible que vous compreniez de quoi je veux parler. Comme dit l’un des acheteurs sur la page bandcamp du groupe « WOW, this album is fucking EPIC!!!!!! ». Pas mieux.

Haast’s Eagled, « II: For Mankind » (hop)


dkelvin


Kankoiça
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