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HUNTER BLANC ROCKER NOIR

HUNTER BLANC ROCKER NOIR

ian3-bdJanvier 2016 aura eu une saveur particulière pour le dandy-rocker briton Ian Hunter. Le 10/01 il apprenait la mort de David Bowie, l’homme qui avait relancé la carrière de son groupe Mott the Hoople au milieu des seventies. Le combo d’Hunter, auteur de trois albums passés inaperçus et proche du jet de l’éponge, avait été sauvé par le Ziggy Stardust, qui leur avait écrit le fameux hit « All the Young Dudes ». Succès planétaire retentissant, hymne obligatoire du rock des années 70, Hunter et ses acolytes devaient une partie de leur (re)naissance à ce titre. Et dire qu’ils avaient refusé à l’ami Bowie le fameux « Suffragette City »… Le 18/01 Dale Griffin batteur de Mott the hoople, pierre angulaire du projet et ami fidèle de tous les rockers, disparaissait à son tour après des années d’errance au pays d’Alzheimer.

Celui qui avait été mortifié par le départ d’Hunter (pour une carrière solo riche) et qui refusa de monter un autre groupe (devenant producteur et ingénieur du son), milita pendant des années (en vain) pour reformer le groupe auprès d’Hunter. Lorsque bien des années plus tard une reformation fut organisée, il ne put tenir sa place (la maladie ayant commencé son œuvre dévastatrice), il fut donc remplacé par Martin Chambers (Pretenders). Seul un rappel (émouvant) pu être organisé pour rendre un dernier hommage scénique à l’ami Dale. Griffin, artiste méconnu était le cœur du groupe, un batteur impressionnant scéniquement (pour ceux ayant eu la chance de le voir), un tantinet excentrique, complètement fou type années 70 (il lui arrivait d’après la légende de jouer totalement nu !!!!!). Un vrai rocker anglais.

Afin de conjurer le sort de cet auguste mois de janvier, Ian Hunter nous a concocté un mois de septembre de folie.


 

stranged-in-realityUne folie « hunterienne », certes pas pour toutes les bourses (279 livres pré ou post brexit même punition), une boxset gargantuesque composée de 30 CDs gavés jusqu’à la gueule. L’intégrale de tous ses albums solos, agrandis de raretés, de lives, de démos, de versions acoustiques, d’enregistrements inédits, toute la coloscopie musicale du frisé d’outre-Manche. Un véritable trésor pour les fans de la première heure, les complétistes de Ian Hunter auront dans les mains un magot qui risque d’occuper l’oreille pendant bien des semaines. Une bien belle idée de cadeau de noël pour les plus férus du Ian d’Oswestry.

Stranded in Reality (sorti depuis le 02/09)

 

ian-hunterfingers-crossedEt puis cerise sur le cake, la sortie d’un nouvel album Fingers Crossed, réjouissant pour les vieux rockers sur le retour, présenté de mains de maîtres par une bande de sacrés musicos. La première pensée que j’ai eue à l’écoute de cet opus fut de me demander, mais quel âge a donc ce jeune homme au chant toujours aussi vert ? Un petit coup de gougle pour vérifier l’info et là… Quoi… Ian Hunter a cette année 77 ans ? Waouh, moi qui croyais qu’à cette age-là on était juste bon à se pisser dessus, tout en gueulant le samedi au supermarché en poussant un caddy rempli d’une livre de beurre… Respect l’artiste, car cet album est admirable du début à la fin. Certes l’homme est un des rockers les plus mésestimés (par rapport à sa discographie) encore en activité, mais une nouvelle fois il nous étonne par la fraîcheur et la qualité de ses compositions. Sans omettre le fait que le garçon continue de tourner de manière soutenue pour défendre ses albums, sa musique, sa vie. En croisant ses doigts on se dit que Ian Hunter s’estime chanceux de pouvoir continuer de chanter, de composer, d’enregistrer à l’heure où bien des rockers sont partis rejoindre la dernière scène sans passer par la case rappel. Point de sentimentalisme, l’homme continue son bonhomme de chemin d’artiste sans se poser de questions (superbe « You can’t live in the past »), sans omettre de rendre un bel hommage (« Dandy ») à l’ami Bowie qui lui s’est retranché dans son fort.

ian-4-bdL’intro du premier titre « That’s when the trouble starts » résonne étrangement comme du bon John Mellecamp, mais ne vous étonnez point car le co-producteur et guitariste est toujours le fidèle (et talentueux) Andy York qui accompagne Ian Hunter depuis plusieurs albums maintenant. Toute cette petite bande nous concocte donc cet album magnifique qui, d’une certaine façon, rend nostalgique, car tout ce temps qui passe n’est malheureusement pas éternel pour cette génération de rockers. Mais ce petit spleen baudelairien est aussitôt chassé par l’admiration que l’on peut éprouver pour ces puristes qui continuent invariablement de nous envoyer des galettes d’outer-space qui devraient être remboursées séance tenante par la sécurité sociale. (Le trou on t’…) Quoi de meilleur pour le moral des troupes que d’écouter des hymnes de cet acabit, une véritable cure de jouvence (mettez-vous donc ce « Long Time » qui fait resurgir le souvenir des Faces avec cet autre rocker éraillé qu’est ou était Rod Stewart). « Ghosts » avec ces airs de phantom of the paradise sur le retour, ou bien « Bow street runners » sont des joyaux de la couronne au même titre que l’ensemble de l’œuvre du bonhomme.

Ian Hunter & the Rant Band « Fingers Crossed » – Proper Records– (sorti depuis le 16/09)

Soyons fou, dithyrambique et courons voir l’Anglais lors de sa prochaine tournée… Ah zut pas de dates prévues en France pour l’instant, que nenni on prendra la R8 Gordini pour aller l’applaudir dans sa tournée norvégienne du mois de novembre. Avec un peu de chance on pourra se taper une blonde avec une petite mousse bien douce… Good news en tout cas, les working class hero rockers ne sont toujours pas fatigués de nous abreuver d’albums réjouissants, et nous toujours autant ravis d’accueillir dans les tympans un album de ce calibre. Enjoy et hooka hey…


Texte : Jsthi / Photos : Eddy Brière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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