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Glop/Pas glop [CHRONIQUES CINÉ OCTOBRE]

GLOP / PAS GLOP

Chaque semaine, une petite doublette de critiques ciné à haute teneur brazilienne, glop ou pas glop… Enjoy !

LE 05 OCTOBRE EN SALLES

miss-peregrine-etMISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS : « Encore une histoire, Tonton Burton !»

Même si Tim Burton est petit à petit devenu un magicien dont on connaît tous les tours, un conteur qui radote un peu, un cinéaste qui préfère de plus en plus les scènes d’actions aux séquences oniriques, la magie opère encore pour peu qu’on veuille bien lui laisser nous prendre la main. Son dernier film, inspiré une nouvelle fois d’un célèbre livre pour enfants, mélange hommages cinéphiles, clins d’œil populaires et thématiques burtoniennes pour un enthousiasmant tour de manège où fantaisies visuelles et imaginaire effroyable s’entremêlent dans un conte qui laisse encore une fois la part belle aux monstres à aimer, aux enfants extraordinaires et aux adultes étriqués.

 

UNE VIE ENTRE DEUX OCEANS : « Mal de mères »

Est-ce parce que Derek Cianfrance a tout donné pour faire de son précédent film un chef-d’œuvre (The Place Beyond The Pines) que sa dernière réalisation est si décevante ? Le voici qui tente d’imiter Terence Malick en nous servant un méli-mélodrame tiède, saupoudré de splendides plans de nature sauvage et assaisonné par trop de violons. Malgré l’interprétation sans faute de Michaël Fassbender, on peine à s’intéresser à ce couple finalement juste survolé comme l’océan que le cinéaste aime à filmer.

Miss Peregrine et les enfants particuliers (glop) et Une vie entre deux océans (pas glop), sortie salles le 5 octobre.

 

LE 12 OCTOBRE EN SALLES

lodyssee-affiche-2L’ODYSSEE : « Le Commandant Couchetard»

Son bonnet rouge est presque plus célèbre que lui, son nom est quasiment une marque déposée, son aura plane encore sur les océans du monde, traînant derrière lui légendes, héroïsme écologique, scandales et polémiques. Jérôme Salle nous livre un biopic passionnant et non-autorisé sur Jacques-Yves Cousteau, campé par un Lambert Wilson impeccable. Bien au-delà du Commandant star du petit écran, infatigable aventurier cathodique et inventeur de la télé-réalité avant l’heure, c’est de Jacques-Yves qu’il nous parle, un homme dévoré par ses ambitions, ses idéaux et ses addictions. Fumant comme un pompier, alignant les maîtresses, l’homme avait l’esprit visionnaire, l’ambition dévorante, le pied marin et la main baladeuse. Sacrés Français.

 

LA FILLE INCONNUE : « Jusqu’ici tout va mal »

Ce qui m’a toujours désolé chez les Frères Dardenne, depuis Rosetta en 1999, c’est cette façon de rendre la réalité sociale encore plus triste qu’elle ne l’est. Chez la plupart de leur confrères du cinéma « social », comme Ken Loach ou Stéphane Brizé, on trouve toujours quelques moments de clarté, de respiration. Chez les Dardenne, rien, nada, macache. C’est sombre, c’est gris, c’est terne, c’est morne, il n’y a pas d’espoir, pas de musique, et le temps est maussade comme les gens. Même cette jeune médecin, incarnée par Adèle Haenel, est déprimante au possible alors que merde quand même elle est médecin, elle devrait être contente d’être arrivée à quelque chose, de reprendre un cabinet, elle devrait vivre un peu ! Non, personne ne vit chez les Dardenne, tout le monde survit péniblement, et ça fait plaisir aux jurys cannois, en général. Moi je dis : Prozac et champagne pour tout le monde !

L’odyssée (glop) et La fille inconnue (pas glop), sortie salles le 12 octobre.

 

LE 19 OCTOBRE EN SALLES

 

ma-vie-de-courgette-afficheMA VIE DE COURGETTE : « Les enfants du (pas) paradis »

Courrez rendre visite à Courgette, petit bonhomme placé en foyer pour enfants en difficulté. Laissez-lui vous retourner le cœur, vous faire rire et puis pleurer, vous emmener au front de la lutte pour le droit fondamental d’être aimé. Il vous présentera ses amis, autant de petites âmes cassées sous des yeux d’enfants, dont la lumière inonde d’espérance l’inconnu de leurs lendemains. Il y a son amoureuse aussi, et puis les adultes qui comptent, ceux qui sont bons et gentils. Une heure de rires et d’émotions, et puis la musique de Sophie Hunger, qui vous dégoupille le cœur au générique de fin. La famille, c’est pas celle qui nous incombe, c’est celle que l’on choisit.

 

LES TROLLS : « Raté surligné fluo»

Il y a des films d’animation fabuleux et d’autres qui se plantent lamentablement, prenant au passage nos chère têtes blondes pour de pauvres bobets. C’est le cas des Trolls, qui compile les pire défauts du genre : ça pique les yeux et les oreilles tant c’est moche et criard, le scénario est plus que simplet, le message moralisateur ultra convenu, l’ensemble trop naïf et puéril pour réveiller un quelconque intérêt chez les plus de cinq ans. Un beau raté signé Dreamworks, à qui on doit pourtant Shrek, Madagascar ou encore Kung Fu Panda. On retourne voir Courgette ?

Ma vie de courgette (glop) et Les Trolls (pas glop), sortie salles le 19 octobre.

 

LE 26 OCTOBRE EN SALLES

la-fille-du-trainLA FILLE DU TRAIN : « Attention ! Un drame peut en cacher un autre ! »

Efficace adaptation du roman à succès écrit par Paula Hawkins, ce thriller de facture classique vaut le détour pour la formidable interprétation d’Emily Blunt, toute en rupture, violence et fragilité, ainsi que pour cet effet miroir fascinant dans lequel les témoins deviennent soudain des suspects, et les voyeurs des acteurs. Cette mécanique hypnotique place le spectateur dans une situation particulière qui l’intègre pleinement au récit, comme cette passagère du train qui, de simple témoin, deviendra suspecte, puis coupable, ou victime. Pour le savoir, montez dans le train et asseyez-vous près de cette fille au passé trouble, troublée et troublante.

 

TAMARA : « Gras double »

On aurait pu faire mille fois mieux que cette comédie pataude et mal écrite, à l’humour gras, aux situations faciles et au message un peu simplet, sur cette énième variation du complexe du surpoids. Ici tout est lourdeur et gros sabots, c’est un comble pour un film sur ce thème. D’abord le casting, raté, avec une Sylvie Testud pas à sa place et une héroïne tout juste « ronde » et non pas « grosse » comme elle s’évertue à le hurler tout au long du film. On aurait aimé plus de finesse, de tendresse et de justesse, ou à l’inverse, plus d’ironie et de mauvais esprit et non pas cette tiédeur familiale ennuyeuse et pas très crédible du fait de son casting éparpillé et désassorti.

La fille du train (glop) et Tamara (pas glop), sortie salles le 26 octobre.


Thomas Lécuyer


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