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WELCOME TO GOOFLAND BRAZIL (and Crossroads) 3.0 — Archives — Livres — Uchronia

Le cabinet des curiosités d’Artus Films Part One

Et voilà, une nouvelle salve Artus déboule sur Brazil au moment même où débarquent sur les littoraux du sud de la France des cortèges de petits vieux cacochymes. Je pense qu’il n’y aucun lien de cause à effet. Avec un hénaurme coup de cœur pour La Proie de l’autostop qui remue les tripes et les boyaux. Dans quelques semaines, on vous collera sur la rétine une petite sélection de westerns pas piquée des hannetons.


 

la-derniere-orgieLA DERNIERE ORGIE DU IIIème REICH réalisé par Cesare Canevari avec Adriano Micantoni, Daniela Poggi, Maristella Greco…

Pendant la guerre, la jolie Lise est envoyée dans un camp de concentration. Le commandant du camp, Konrad Von Starker, succombe à son charme et commence à entretenir une relation de maître à esclave avec elle. Capable d’endurer la souffrance, Lise subit les jeux de domination du SS de plus en plus cruels et sadiques. Quelques années après la fin de la guerre, les deux retournent dans le camp, afin de se remémorer ainsi des souvenirs troubles et malsains.

La Dernière orgie du IIIème Reich conserve ce charme suranné des grands films de naziploitation. On y apprécie cet humour primesautier et ces galéjades croquignolesques entre maîtres et esclaves où les jeux intimes finissent toujours en brutale fessée. Ça fait circuler le sang ! Paf paf paf… Tout ce cirque malsain vaut qu’on s’y attarde. Il est pour les fans hardcore et ceux qui fréquentaient les cinémas de quartier une référence en la matière. Je veux bien les croire car nous avons affaire à une histoire sado-maso qui tient miraculeusement la route même si elle semble invraisemblable. C’est assez paradoxal pour le signaler ! Cesara Canevari donne à son film des airs de thriller et maîtrise les séquences olé olé avec assez de délicatesse pour insuffler à l’ensemble une puissance érotique indéniable (vous verrez des caresses sur peaux dorées qui ne laisseraient sans doute pas de marbre le célèbre curé de Cucugnan). La beauté de Daniela Poggi est à se damner ! Pour la faire courte, on ne s’ennuie jamais devant ce plaisir coupable !

holocauste-nazi

HOLOCAUSTE NAZI réalisé par Luigi Batzella avec Macha Magall, Gino Turini, Xiro Papas…

Les Nazis recherchent les partisans réfugiés dans les montagnes. Pour obtenir des informations, ils séquestrent les femmes des villages alentour, qui sont faites prisonnières dans un camp, dirigé par la SS Ellen Kratsch. Cette dernière mène en parallèle une expérience scientifique, et a créé un monstre hybride mi-homme mi-singe, qu’elle garde en cage. Afin de les faire parler, elle n’hésite pas à lui donner les filles en pâture.

Achtung ! Achtung ! Christophe Bier en convient dans les bonus, Holocauste Nazi n’est pas un chef-d’œuvre du genre contrairement à La Dernière orgie du IIIème Reich. Tout est mou, mal filmé, mal monté, sans rythme et les interprètes n’ont pas l’air très à l’aise dans leurs bottes en cuir. Du coup, vous devriez profiter d’autres titres de chez Artus comme Helga, la louve de Stilberg, Train spécial pour Hitler…

savadvdfrSAVAGE WEEKEND réalisé par David Paulsen avec Christopher Allport, Jim Doerr, David Gale…

Un groupe d’amis décide de passer un week-end à la campagne pour terminer la construction d’un bateau. Alors que chaque couple a ses différents problèmes, les quelques rednecks locaux commencent à tourner autour d’eux. Jusqu’à ce qu’arrive un tueur sauvage camouflé derrière un masque. Gore et érotisme !

Nous sommes en 1979 en pleine mutation du film d’horreur. Au cours de cette année charnière, on passe du genre « survival » au genre « slasher ». Dans le premier, on s’attache d’abord à suivre la résistance en milieu hostile des gentils protagonistes contre les méchants, tandis que dans le second, on suit les méfaits des méchants protagonistes à la poursuite des gentils vacanciers, des adorables auto-stoppeurs et autres étudiants en goguette (qui feront de la belle chair à pâté, tronçonnés qu’ils seront, déchiquetés, la tripaille à l’air). Bref, vous l’aurez compris, on change de décennie et de point de vue. Après cette remise dans le contexte, Savage weekend restera pour la postérité (tout du moins pour la mienne) comme une œuvre hybride absolument jouissive où l’on ne s’emmerde pas une seconde. Et c’est quand même bien là l’essentiel ! Sur la forme, les jolies trouvailles visuelles qui jouent sur l’opposition des couleurs rendent les moments craspec encore plus craspec. Le réalisateur, David Paulsen s’est offert une drôle de récréation avec ce Savage Weekend, lui qui s’est taillé une réputation dans le milieu de la télé en écrivant des palanqués et des palanqués d’épisodes pour Côte Ouest, Dallas, Dynastie… Dingue ! Sa fiche imdb est l’une des plus étranges du monde. Ce Savage Weekend est bien bonnard. Qu’on se le dise !

le-pionnier-de-lespaceLE PIONNIER DE L’ESPACE réalisé par Robert Day avec Marshall Thompson, Marla Landi…

Dirigeant le programme anglais de conquête spatiale, Charles Prescott envoie son frère, l’indiscipliné lieutenant Dan Prescott, dans l’espace, à bord du premier avion supersonique jamais construit. Par esprit de défi, ce dernier n’obéit pas aux recommandations de sa hiérarchie, et s’éloigne de plus en plus de la Terre, traversant une nuée de rayons cosmiques. À son retour en catastrophe, Dan a subi une étrange mutation, et se transforme petit à petit en monstre végétal particulièrement horrible.

Le Pionnier de l’espace, réalisé avec trois bouts de ficelle, palie son manque de moyen (ne vous attendez pas à vivre une expérience sensorielle à la 2001 l’odyssée de l’espace mais plutôt un trip « science-fiction années 50 » où les décors, les costumes et les effets spéciaux fleurent bon la débrouillardise et le bricolage) par un sens du système D bluffant. Quand on n’a pas de pétrole, on a des idées ! Le pitch est simple comme bonjour : nous vivons l’inexorable transformation d’un jeune astronaute en monstre de l’espace. Comme il était de coutume à l’époque, Le Pionnier de l’espace dénonce la folie qui s’empare des hommes quand ils se décident à conquérir des espaces vierges. Ils bravent les interdits et c’est le drame. La dernière partie -avec Dan Prescott grimé en monstre végétal- est aussi drôle que tragique. Voilà un chouette film de SF qui rappelle à nos mémoires défaillantes qu’il faut toujours se méfier des plantes. Surtout elle conduit une corvette à fond de train les ballons.

la-proie-de-lautostop3LA PROIE DE L’AUTOSTOP réalisé par Pasquale Festa Campanile avec Franco Nero, David Hess, Corinne Clery…

Eve et Walter partent sur les routes de Californie en espérant redorer leur couple au bord de l’effondrement. Après avoir passé une nuit dans un camp de hippies, ils prennent Adam, un autostoppeur. Ce dernier les retient vite en otage et une relation tendue s’engage entre eux. Usant de sa force et de sa cruauté, il va s’amuser avec eux jusqu’à la limite du sadisme. Sans compter que ses deux complices sont sur le point de les rejoindre.

Parmi toutes les nouveautés d’Artus pour cette rentrée 2016, La Proie de l’autostop est un véritable coup de cœur ! Un incroyable « rape and revenge, survival, road movie » des familles ! Dès les premières secondes, on nous prévient que nous sommes censés traverser la Californie mais on reconnaît à dix mille lieues les montagnes dentelées et la pierraille si typiques des paysages transalpins. Pour des raisons de coût, la production s’est intégralement déroulée en Italie. Eh oui, les cinéphages peuvent aussi être de sacrés géomorphologues ! Passé ce point de détail qui ne changera rien au cauchemar à venir, on vit 1h40 de tension ininterrompue. Franco Nero, armé de ses yeux revolvers, joue le mari, un fou furieux imbibé d’alcool. David Hess quant à lui incarne un bandit de grand chemin des plus flippants. Et c’est là que le film fait fort. À tour de rôle, les personnages deviennent abjects et sympathiques. On ne sait pas du tout à qui se fier. Seul le personnage d’Eve, incarné par la magnifique Corinne Cléry, semble souffrir de ce kidnapping. Et encore, la tendresse qu’elle porte à son instable de mari la rend suspecte. Pourtant, la pauvre, elle ramasse ! La Proie de l’autostop, c’est aussi une ambiance un peu inexplicable, quand la magie du cinéma fait son œuvre et quand le critique ne sait plus quoi raconter. David Didelot revient avec brio dans les bonus sur cette œuvre inclassable qu’il replace au cœur d’un genre et d’une époque qui ne souffrait d’aucune retenue. C’est un film sec et méchant sur les mauvais côtés de la nature humaine. Nous, on vous le conseille. Radical.

nom-de-code-oies-sauvages-dvdNOM DE CODE : OIES SAUVAGES réalisé par Antonio Margheriti avec Lee Van Cleef, Klaus Kinski, Ernest Borgnine, Lewis Collins…

Un milliardaire hongkongais recrute une troupe de mercenaires pour démanteler un réseau de trafiquants de drogue dans le Triangle d’Or asiatique. Le commando s’entraîne durement et lance enfin l’opération. Alors que la mission débute avec succès, les Oies Sauvages vont se trouver face à une véritable milice paramilitaire aux ordres du cartel.

Nom de code : oies sauvages, c’est un festival de gueules ! Une galerie de seconds couteaux au cœur de l’enfer. On apprécie de les voir en baver et se mettre sur la tronche. Evidemment, il n’y a pas un seul personnage pour rattraper l’autre. On aime encore plus leurs caractères de chien qui font oublier un film formellement très marqué « années 80 ». Les dialogues croquignolesques, surtout en version française, feront votre bonheur si vous tentez de les replacer lors d’une réunion de l’ambassadeur. Antonio Margheriti filme les visages, et les nombreuses explosions. Le réal prend son pied et nous aussi.


Cédric Janet


Kankoiça
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