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Glop/Pas glop [CHRONIQUES CINÉ SEPTEMBRE]

GLOP / PAS GLOP

Chaque semaine, une petite doublette de critiques ciné à haute teneur brazilienne, glop ou pas glop… Enjoy !

LE 07 SEPTEMBRE EN SALLES

SparrowsSparrows : « Perle islandaise »

Poignante et lumineuse surprise islandaise, ce film brasse les sentiments les plus extrêmes comme son pays d’origine le fait avec les éléments. Oscillant dans un parfait équilibre entre pureté, poésie, âpreté et rudesse, Sparrows nous raconte l’été initiatique d’un ado islandais qui sera confronté à la violence innée du monde : la mort, l’abandon, l’absence, le sexe, la solitude, la violence, la lâcheté, l’égoïsme, mais, au bout du chemin, peut-être le bonheur, à force de résilience. Sparrows aborde avec grâce et délicatesse les tréfonds de l’âme humaine pour faire briller, in extremis, sa beauté irréfutable.

Frantz : « Pauvre Frantz»

Un sentiment de déception plane face à Frantz, le dernier film prometteur de François Ozon, tant on frôle l’ennui dans ce remake inutile du classique Broken Lullabies signé par Ernst Lubitsch en 1932. Formellement plan-plan avec son alternance de passages noir & blanc et couleurs un peu facile, totalement surjoué par un Pierre Niney peu convaincant, le film est sauvé par la lumineuse interprétation de Paula Beer, véritable soleil noir en veuve déchirée par le chagrin et l’envie de vivre et d’aimer encore et malgré tout. François Ozon n’est jamais aussi bon que quand il s’agit de filmer au plus près le corps et l’esprit féminin. Pour le reste, c’est raté.

Sparrows (glop) et Frantz (pas glop), sortie salles le 7 septembre.

 

LE 14 SEPTEMBRE EN SALLES

war-dogsWar Dogs : « La grosse vadrouille »

Après la trilogie fun et décérébrée Very Bad Trip, le réalisateur Todd Phillips ajoute une bonne dose de neurones et de satire dans sa nouvelle comédie survitaminée. War Dogs est un mix entre Lord of War d’Andrew Nicol, pour son sujet sur le trafic d’armes, et Big Short d’Adam McCay, pour son traitement satirique des travers de la société américaine. Ici, nos héros, malgré tout attachants, sont les archétypes les plus insupportables de l’Américain impérialiste, obsédé par le fric et fasciné par les armes. Alternant purs moments d’action et vraies scènes de comédie, le film retrace avec insolence une histoire aussi vraie que consternante sur la première des raisons pour lesquelles les guerres existent.

 

Victoria : « Brigitte Jones »

Encensée par une certaine presse française au même titre que ses acolytes de la « Nouvelle Nouvelle Vague », comme Antonin Peretjako ou Vincent Macaigne, la jeune réalisatrice Justine Triet voulait apparemment citer, avec Victoria, les génies de la comédie burlesque américaine que sont Billy Wilder, Howard Hawks ou Blake Edwards. Elle est, hélas, loin d’être au niveau et se contente de livrer un ersatz de Brigdet Jones à la française, interprétée avec talent et maestria par une Virginie Efira très convaincante. Dommage que la prestation de la comédienne soit gâchée par un scénario surfait, une mise en scène pâlotte et une certaine prétention aussi bobo qu’inutile dans le propos.

War Dogs (glop) et Victoria (pas glop), sortie salles le 14 septembre.

 

LE 21 SEPTEMBRE EN SALLES 

 

cezanne-et-moiCezanne et moi : « Copains d’avant»

Au-delà de l’aspect biographique passionnant du film, qui retrace l’amitié de quarante ans de deux monstres sacrés de la culture française, Paul Cézanne et Emile Zola, c’est un formidable doublé d’acteurs que Danièle Thompson nous offre avec son dernier film, de facture classique, certes, certains diront même scolaire. S’effaçant pour mieux laisser la place à ses acteurs, la réalisatrice permet à ses deux Guillaume, Gallienne et Canet, de livrer deux partitions épatantes et de former un duo qui nous emporte dans une amitié déchirante, ample comme l’Histoire qu’elle traverse et intime comme le cœur des hommes, s’interrogeant tout à la fois sur la pérennité de la force créatrice, des idéaux de jeunesse, de leurs promesses, de l’art et de l’engagement face aux modes et à l’argent.

 

Blair Witch : « C’est pas sorcier»

Ce qui était à la mode en 1999 n’est-il pas devenu ringard et ennuyeux en 2016 ? En général si. Prenez Larusso, Les Spice Girls ou La Momie, par exemple. C’est pareil avec Blair Witch. La petite révolution du « found footage », qui consiste à présenter tout ou partie d’un film comme étant un enregistrement vidéo authentique, inventée dès 1980 avec le terrifique Cannibal Holocaust, a fait son temps et franchement rien n’est intéressant dans la suite convenue de cette histoire de sorcière au fond des bois. Et pour les ados en mal d’angoisse, mieux vaut une séance DVD de Cannibal Holocaust hein.

Cezanne et moi (glop) et Blair Witch (pas glop), sortie salles le 21 septembre.

 

LE 28 SEPTEMBRE EN SALLES

radinRadin ! : « Dany Bon»

Après avoir prouvé son efficacité de réalisateur dans les époustouflants polars A Bout Portant, Pour Elle et Mea Culpa, Fred Cavayé s’essaye à la comédie et s’en sort avec tous les honneurs, grâce à un humour social, tendre et acide à la fois, qui n’est pas sans rappeler les meilleures comédies d’Etienne Chatilliez que sont La Vie est un Long Fleuve Tranquille, Tatie Danielle ou encore Le Bonheur est dans le Pré. Cet archétype de la comédie française populaire et réussie est porté par les excellents Dany Boon et Laurence Arné, dont les personnages, fragiles, décalés et burlesques, leur offrent deux partitions à l’unisson.

Les Sept Mercenaires : « Je ne dois pas recopier les grands classiques (à recopier 100 fois) »

Exercice scolaire bien troussé d’un élève appliqué, ce remake du western hollywoodien de 1960, lui même inspiré du chef-d’œuvre d’Akira Kurosawa Les Sept Samouraïs sorti en 1954, est plutôt bien fait mais reste sans grand intérêt puisque ce n’est finalement qu’une copie « best of » de ces deux grands classiques. Avec un tel niveau de manque d’inspiration des grands studios hollywoodien, il vaut mieux se caler dans son canapé devant TCM Classics pour revoir les originaux multi-diffusés à longueur d’année plutôt que de claquer vingt balles au ciné.

Radin ! (glop) et Les Sept Mercenaires (pas glop), sortie salles le 28 septembre.


Thomas Lécuyer


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