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WELCOME TO GOOFLAND BRAZIL (and Crossroads) 3.0 — Archives — Livres — Uchronia

Deux documentaires

L’histoire de deux géants. L’histoire d’une ascension et l’histoire d’une chute.

meruMERU réalisé par Jimmy Chin, & Elizabeth Chai Vasarhalyi

Meru retrace l’aventure de Conrad Anker, Jimmy Chin et Renan Ozturk, alpinistes de renom, qui tentent l’ascension des 6310 m. Au cours de ce périlleux voyage, ils vivent des moments extrêmes. Le manque de nourriture, les tempêtes de neige ainsi que les températures largement négatives les obligeront à renoncer à quelques mètres à peine du sommet…

Meru est un film documentaire qui fait sensation où qu’il passe. Et pourquoi donc ? Parce qu’il nous propose autre chose qu’une aventure de cadres dynamiques qui aiment à se faire peur sur les pentes de l’Everest entre deux réunions. Meru, c’est le sommet -parmi tous les sommets- qui fiche la trouille à tous les alpinistes, le sommet qui balaie les espoirs de conquête des grimpeurs les plus aguerris. C’est une histoire de fous ! Meru et le Graal, c’est pareil ; le même combat, la même lutte. On est prévenu. Sur l’écran, il y aura du suspens, des cris et des larmes. Conrad Anker, fer de lance de l’expédition, Jimmy Chin et Renan Osturk rêvent de fouler cette fichue aiguille. Avant le grand départ, on observe avec attention leurs préparations physiques et mentales. C’est alors qu’ils nous parlent d’eux-mêmes, qu’ils émettent des doutes et espèrent être à la hauteur du défi. Après les étapes d’acclimatations toutes aussi passionnantes les unes que les autres (cet apéritif avant le grand départ met l’eau à la bouche), on se retrouve enfin avec nos alpinistes le corps collé à la paroi. On gravit des cascades de glaces, des raidillons insurmontables pour le commun des mortels et, quand vient la fameuse Shark’s Fine, on se dit que l’on va sans aucun doute mouiller le pantalon. Les longues minutes où l’on est pendu dans la tente pour la nuit à même la roche n’est même pas croyable, tant elle est incroyable ! Tout du long, il n’y a pas un seul instant qui nous permet d’être sûr de la réussite de l’entreprise. Cette montagne se mérite. Ce doc est une absolue merveille sur ce que l’on appelle « la conquête de l’inutile ».

 

 

tower-records-accroche_043246TOWER RECORDS réalisé par Colin Hanks avec Russ Solomon, Bruce Springsteen, Elton John…

À travers ce documentaire inédit en France, riche en images d’archives et témoignages exclusifs, Colin Hanks fait bien plus qu’analyser l’ascension et la chute d’une entreprise. Il nous offre une véritable immersion dans 4 décennies de musique, tout en étant le témoin d’une société en pleine mutation, de l’essor de la musique dans notre quotidien, de sa démocratisation et de l’évolution de sa consommation, du vinyle au téléchargement en passant par le CD…

Tower Records raconte l’histoire de la création d’un drugstore dédié à la musique et rien qu’à la musique. Son créateur, Russ Solomon, ouvre sa première échoppe en 1960 à Sacramento. On ne croit pas à son projet farfelu et sa famille proche a déjà prévu le plantage de l’affaire. Manque de bol pour les rabat-joie, la boutique connaît un succès immédiat. Chez Tower Records, on ne sait plus où donner de la tête tant il y a de la galette ! Des dizaines de milliers de galettes. Cerise sur le gâteau, on y fréquente un personnel qui s’y connaît ! Et pas des mélomanes de pacotille ! Chez Tower Records, on sait accueillir le client et on sait le caresser dans le sens du poil. Les affaires sont les affaires. Après une très longue introduction où les principaux protagonistes des débuts s’expriment, Colin Hanks oriente son documentaire vers l’expansion économique de la société. Le film prend un tournant dramatique où la rancœur et la déception s’installent. L’ambiance cool des débuts s’est évaporée ! Toutefois, la tournure que prend les évènements n’est pas aussi manichéenne. Tower Records vit à l’heure de la mondialisation. Dans une dernière partie, on expérimente la descente aux enfers du nain devenu géant. Juste pour vous dire que c’est un doc formidable sur les petits commerces de proximité où l’on adore traîner des heures et des heures. Juste avant qu’il ne se cannibalise et qu’il meurt. Très recommandé.

Disponible en DVD et blu-ray chez Universal


Cédric Janet

 

 

 


Kankoiça
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