Abonnez-vous !

WELCOME TO GOOFLAND BRAZIL (and Crossroads) 3.0 — Archives — Livres — Uchronia

Le film du jour : BY THE SEA

Le film du jour : BY THE SEA

By-the-sea-2web2ok2

Sea, (no)Sex (ou presque) and Sun…

En attendant, First They Killed My Father: A Daughter of Cambodia Remembers, l’adaptation, actuellement en tournage (et qui fait déjà débat) de l’autobiographie de Loung Ung, auteure et résistante cambodgienne en proie au régime Khmer rouge, jetons l’ancre, le temps d’un soir d’encre, entre terre, ciel et mer houleuse, et revenons sur le dernier film d’Angelina Jolie Pitt, By the Sea, naufragé trop vite dans les oublis de l’océan cinématographique.

By the sea 3Voguant sur une ancienne flamme, et une nouvelle vague, à l’âme, Angelina Jolie Pitt signe pour la première fois, de son nom de mariée, son film le plus intimiste, à mi-chemin entre elle et lui, entre A et B. Film de femme, By the Sea, hommage au cinéma de la nouvelle vague, au vague à l’art Gainsbourrien, retient son souffle et son soufre, se dépeint, comme un tout premier film (il s’agit de la deuxième scénarisation en solo d’Angelina) et résonne comme un vrai film d’auteur(e ?). Au travers d’une totale liberté d’écriture, ce troisième opus, allégorie de la castration, se révèle plus pertinent et personnel que toutes ses précédentes réalisations (In the Land of Blood and Honey, et Invicible).

Et vogue le navire d’une vie qui chavire…

L’air de rien, Angelina nous retrace, en un leurre suprême, un malheur qui peut être sien. Et c’est bien là, la beauté de l’ambigüité qui définit le cinéma. Film exutoire de son propre enfer, la femme sous la star, dans sa prison dorée, y expulse ses propres larves, et traite sans filet de la condition de la femme castrée par un mal omis (dont l’actrice revêt subtilement la peau), devenue par la force des choses, stérile, dépossédée avec style de tout sex-appeal, face à un mari alcoolique (Brad Pitt, saisissant, aux portes du désespoir), écrivain sur le déclin, dépassé, troublé, voguant entre ivresse, détresse, et tendresse, ayant pour seule échappatoire, le comptoir confident d’un Niels Arestrup, éthéré et brillant.

By-the-sea-5webL’actrice-réalisatrice-productrice énigmatique et magnétique met en scène son mariage très médiatique avec Brad Pitt, pour la première fois à l’écran. Loin de ce que l’on pourrait fantasmer de l’union sulfureuse Jolie-Pitt, dix ans après Mr. & Mrs. Smith, By the Sea, maitrisé de bout en bout, est troublant, voire bouleversant. Angelina Jolie Pitt s’amuse à nous jouer des tours de masques et de passes fugaces, autour de la mise en abyme d’un mariage qui prend l’eau. Le couple-star qui devient à l’écran spectateur et voyeur d’un couple quasi miroir, campé par Mélanie Laurent (alter ego frenchie d’Angelina Jolie), et Melvil Poupaud offre une mise en scène presque jubilatoire, griffée comme une lettre ouverte de l’actrice sujette au voyeurisme constant du monde entier vissé sur sa vie privée.

Un pied de nez suprême mené tout en finesse, s’inscrivant dans une poésie surannée, luxe, calme et volupté.

La deuxième production Jolie Pas sans faux pas, sans frasque et sans fard, poursuivant les flots bleus de la nouvelle vague, s’amarre à bon port dudit cinéma phare.

By the Sea (Film du Con et du Foie ex æquo *) mirage d’un mariage aux alouettes, rendez-vous et palme manqués sur la croisette.

By the Sea de Angelina Jolie Pitt (disponible en DVD et Blu-Ray)

*voir le dossier ciné Bertillien/Brazilien : Movie’s Anatomy (par ici)

 


Bertille Delporte-Fontaine


Kankoiça
mai 2016
L Ma Me J V S D
« avr   juin »
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031  
Koiki-ya