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La Diar(rh)y #3

La Diar(rh)y #3

Incroyable, je tiens le rythme. Troisième diar(rh)y en 3 mois, bien garnie encore cette fois, merci à Valls & Qu’on(les)sort(e) qui fournissent une matière première de choix à tout diar(rh)iste (car il n’y a pas que moi, en chacun de vous sommeille un diar(rh)iste) qui se respecte et respecte son lectorat (euh ceci dit, aucune idée s’il y a des lecteurs, mais bon, on partira du principe optimiste que oui). Allez, c’est reparti pour mai, où on a eu un peu de mal à faire ce qu’il nous plaît, vous en conviendrez.

Diarrhy illustration 1 - copie


 

Diar(rh)y #3 4 mai4 maiLes policiers, par la voix d’un de leur syndicat, se demandent d’où vient la haine du flic à laquelle ils sont depuis quelques semaines confrontés. Bonne question qui mérite élucidation. Bon déjà, éliminons une hypothèse dont la trivialité ne devrait même pas valoir que nous l’évoquions, mais il faut être exhaustif au risque sinon de paraître partial (on m’a déjà voué aux gémonies pour mes positions sur la police, suite à une diar(rh)y dans Xroads où je dkrivais avec précision et objectivité (si si) un incident dans lequel j’avais été impliqué, certains membres de ce corps de l’état voulant même pratiquer à mon endroit (enfin plutôt à mon envers) une sodomie collective sans lubrification préalable, perspective qui en son temps ne m’enchanta guère, et à laquelle j’ai jusqu’à présent échappé). Ce ne peut en effet pas être parce qu’ils nous arrosent de gaz lacrymogènes à la première remarque désobligeante, ni parce qu’ils nous tirent comme des lapins à coups de flashball au moindre de nos airs qu’ils interprètent comme menaçant (et ce sont de piètres interprètes), ni même parce qu’ils nous chargent sans ménagements si nous n’obtempérons pas illico à leurs sommations verbales vaguement articulées, encore moins parce qu’au mépris de l’humanisme le plus élémentaire, ils évacuent avec la brutalité d’une escouade de gorilles sous cocaïne des migrants démunis de tout, dont 20 femmes et 6 enfants qui occupent un lycée au pourtant si joli nom (Jean Jaurès). Non, cela ne viendrait à l’idée de personne de les haïr pour d’aussi futiles motifs, nous en conviendrons. Après tout, comme le disent leurs tutelles politiques, ils ne font que leur devoir (qui s’oppose dans les cas sus-cités, on le notera sans aucune malice, à nos droits). Les autres hypothèses font toutefois défaut. J’avais bien pensé au fait qu’ils ne font guère d’efforts pour porter la barbe réglementaire de hipster qui prévaut ces temps-ci (vivement la fin) dans la capitale, mais l’explication paraît un poil tirée par les cheveux, et puis sous leurs casques à visières ils sont comme sous un niqab, méconnaissables. Décidément je ne vois pas. Il faut dire que cette haine, elle semble surtout désigner celle des sempiternels encapuchonnés, qui leur jettent tout ce qui leur tombe sous la main susceptibles de leur défoncer la gueule, et que l’un dans l’autre (enfin, c’est une expression), ça fait pas bézef et ne devrait pas les affecter autant que ça (petites natures nos flics actuels, en 61 ou en 68, ça leur en touchait une sans faire bouger l’autre qu’on les déteste, ça fait même un peu partie de l’attrait du métier de CRS j’ai l’impression non ?).  En tout cas, ils appellent à une manifestation le 18 mai. On attend avec impatience les images du système policier qui sera déployé pour contenir la colère de leurs collègues. Je ne sais pas vous, mais moi je crains assez peu les bavures à l’occasion de cette manifestation. On en reparlera éventuellement un peu plus tard, si un vaisseau quelque part dans ma carcasse usagée ne vient interrompre cette diar(rh)y. En attendant, comme toujours dans l’histoire, contre l’abjection il reste le rire, et de nos jours elle a pris la forme des mèmes, et certains, comme celui qui illustre ce jour, permet d’économiser bien des mots.

 

Diar(rh)y #3 6 mai6 mai – Dieu : Bon alors, Maurice Sinet, voyons-voir votre cas.

–        Siné : Toi fais pas chier, ça m’emmerde déjà assez comme ça que t’existes, alors dis-moi plutôt où est Billie et puis ferme-là.

–        Billie ? Billie qui ?

–        Ben, Holiday banane, pas Jean, ni Le Kid, Eleanora Fagan de son vrai blaze si tu préfères.

–        Connais pas. Une minute, je regarde.

–        Finalement j’avais pas tout à fait tort, tu existes, mais t’es vraiment complètement con.

Ce rudimentaire dialogue imaginaire en unique guise d’hommage à Siné, dont la ligne de vie aura toujours été de faire chier les cons. Bien sûr, on entend déjà les « ah mais on est tous le con de quelqu’un ». Mais Siné pensait (et je le pense aussi) que « faire chier les cons » est un principe de vie qui réunit des gens qui partagent grosso-modo les mêmes valeurs, sans nécessiter le moindre échange d’idées, d’opinions, d’avis. Depuis Diogène (et encore, je suis certain qu’il y eut des pithécanthropes qui n’avaient cesse de faire chier les pithé-trop-cons) cette lignée se s’est jamais éteinte. Souhaitons que la jeune génération en produise de nouveaux pour prendre la suite, il en va de la survie de la libre pensée. Bon, maintenant on attend l’étron verbal de ce très bon Val (putain on frôle l’anagramme) qu’il ne manquera pas de déféquer d’ici peu au micro-chiotte d’une radio ou d’une télé quelconque, toujours prête à accueillir ses déjections orales.

 

Diar(rh)y #3 7 mai7 mai – Après un dépôt du dernier Quetton L’arttotal (où Yaset a encore accepté d’héberger deux de mes textes) dans 3 librairies de la capitale (pour ne pas les nommer Publico, Parallèles et Regard Moderne, allez-y avant qu’il n’y en ait plus), nous tentons une 3ème visite à la Nuit Debout qui, avec le changement d’heure, devance désormais son titre. Les alentours sont blindés de flics (pour lesquels nous n’éprouvons aucune haine attention). Nous ne pouvons accéder car la fouille de notre sac à dos révèle la présence d’une arme de destruction massive : une bouteille de cidre (bio en plus), malencontreusement acquise sur le trajet, et les nouveaux décrets du préfet sont formels : plus d’alcool ni de bouteille (on cumule) à compter de 19h à la Républ-hic. Donc un conseil, ceux qui veulent se torcher ou détruire la vitrine de ce qu’ils pensent représenter le capital et l’autorité à coups de bouteilles, doivent impérativement arriver avant 18h59. Merde, il y a encore 6 mois, résister à l’ennemi c’était s’enfiler des demis en terrasse, et voilà maintenant qu’on ne peut même plus boire du jus de pomme vaguement alcoolisé à la santé de la révolution. Nous pensons un moment la boire tout entière devant les quatre CRS (pour Cerbères au Regard Sévère) qui ont déniché notre breuvage made in Normandie, mais tenant mal l’alcool, sûr que ce serait pour finir en cellule de dégrisement pour IPM (Ivresse Publique et Manifeste, mais beaucoup d’entre vous n’ont sûrement pas besoin qu’on leur traduise ce sigle, vraisemblablement écrit sur quelques documents dont ils sont déjà en possession), alors nous rebroussons chemin et laissons la sobre révolution de plastique derrière nous. A quoi ça tient quand même de participer ou non au Grand Soir.

 

8 mai – Macron atteint d’hallucinations acoustico-verbales qui lui sussurent qu’il est le futur Obama français (une sorte d’Obamacron ?) et qui du coup se rend à Orléans pour un hommage à Jeanne D’Arc, Hollande qui se penche pour gerber la statue du Général De Gaulle en disant qu’il a relevé la France (pas le Général non, lui), Montebourg qui revient de son année sabbatique (de 20 mois) pendant laquelle il a pris des cours d’économie après en avoir été grosso-merdo ministre, pour dklarer que s’il y a des responsabilités à prendre (décidément il aime prendre cet homme) pour les Présidentielles… et bien il les prendrait. Bref un dimanche où la politique s’est montrée à la hauteur de sa réputation, et dans réputation il y a pute, dans son acception péjorative s’entend, pas celle qui désigne un métier par ailleurs tout à fait respectable, même s’il serait souhaitable qu’il disparaisse. Et pendant ce temps, au Canada ça flambe (la forêt), en Grèce ça s’embrase (la rue) pendant qu’à Paris ça cuit (les peaux dénudées dans les parcs et les bords de Seine). L’humanité quoi.

 

Diar(rh)y #3 9 mai9 mai – Denis Baupin (dans le cas improbable où ces lignes seraient lues dans quelques années, il s’agit du vice-président de l’Assemblée Nationale, par ailleurs ex-pilier d’un parti écologiste dont il était effectivement depuis peu parti, et accessoirement connu des automobilistes parisiens pour n’avoir eu cesse de transformer leur quotidien en enfer plutôt que d’avoir la franchise de les empêcher de prendre leur caisse à roues par des mesures réellement dissuasives), est accusé par 8 femmes de harcèlement sexuel, accusations qu’il récuse, même si 8 mytho(wo)manes, ça va être coton à plaider, mais selon l’adage bien connu du grand éthologue Michel Audiard , « les Baupins ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît » (adaptation libre). Rien d’autre donc que la chronique de la tartuf(f)erie quotidienne, car en effet, cette présumée-innocente tare truf(f)e (pas pu résister) est allée récemment publier un tweet en soutien à la lutte contre les violences faites aux femmes, du rouge aux lèvres alors qu’il aurait dû l’avoir aux joues ou au front, pour avoir l’affront de jouer à ce petit jeu pervers. C’en fut trop pour une des victimes de ce « présumé-innocent » prédateur libidineux, qui imita alors Elmire auprès des Orgons modernes, c’est-à-dire l’opinion publique, crédule mais quand même celle qui, en dernier lieu, obtient gain de cause.  Il y en a qui doivent avoir les testicules transies de peur au fond de leur scrotum. Si les bonnes femmes se mettent à parler, on ne donne en effet pas cher du sort politique de leurs propriétaires. Pas trop tôt.

 

 

Diar(rh)y #3 10 mai10 mai – Il faut se rendre à l’évidence : les familles Syriennes ne savent pas faire la manche. Au feu, elles restent sur le bas-côté, près de la première voiture arrêtée, statiques, l’homme d’un côté, la femme et son (ou ses) enfant(s) de l’autre, tenant sans conviction un morceau de carton sur lequel est griffonné « Famille Syrienne », et elles attendent ainsi des heures durant qu’on leur donne de l’argent. Mais personne ne donne bien sûr, car pour cela il faudrait soit les héler pour qu’ils remontent jusqu’à votre voiture, et ça, personne n’ose le faire, soit s’arrêter devant eux lorsque le feu passe au vert, et alors se faire klaxonner, engueuler, si ce n’est se faire percuter par celui qui est derrière. Alors personne ne donne. Non parce que là comme ailleurs, l’automobiliste veut du professionnalisme. Des slalomeurs imprudents qui exhibent leur malformations repoussantes, des arpenteurs de bitume qui penchent la tête avec un air d’obséquieuse dévotion, des clochards à l’ancienne qui sentent le pinard et ont le « merci » sympatoche. Bref des gens du métier, ou tout au moins qui montrent un certain amour de la main tendue, qui y mettent un peu du leur, qui font preuve d’un minimum d’enthousiasme quoi, histoire qu’on ait quelque chose en échange de notre pièce. Peut-être pas jusqu’à la bonne conscience, faut pas trop demander non plus,  mais quand même, au moins le sentiment d’avoir fait une bonne action, un geste utile. Tandis que là franchement, donner une pièce à une famille Syrienne, c’est la déprime à coup sûr. La foutue tenace impression malsaine que ça ne sert à rien. Que c’est pas avec ça qu’ils vont becqueter ou se loger ce soir. Qu’on habite un pays putride qui n’est même pas foutu d’assurer un minimum d’accueil à des gens qui fuient la guerre. Qu’on laisse des enfants sur le bord des routes quand on va faire chier l’instit’ dès que son chérubin a une note qui ne correspond pas à l’idée qu’on se fait du génie de la chair de sa chair, qui paraît sinon bien partie pour être aussi conne que nous et ça, ce n’est pas tolérable, venant qui plus est d’un petit fonctionnaire mal payé. Bref, donner à cette famille Syrienne, c’est la double peine. On se déleste de quelques euros, et en plus on a envie de s’acheter de quoi se saouler pour oublier comme ce pays, comme ce monde, comme la vie est un monceau d’immondices auquel on a honte d’appartenir. Bref, quitte à les laisser se démerder, pourrait-on au moins prodiguer à ces familles Syriennes les rudiments de l’art et la manière de faire la manche, histoire d’améliorer leur sort, et aussi le moral des Français ? Comment voulez-vous relancer la consommation dans de telles conditions ? Car il est bien évident que le salut passe par la relance de la consommation n’est-ce-pas ? Comme le dit la fresque sous le pont de Bondy «Travaille et achète, Consomme et meurs ». Rien d’autre que le rêve secret des syriens qui arrivent. Vues leurs aspirations, ça ne devrait pas causer tant de difficultés à cette société libérale de les accueillir non ? Décidément, je ne comprendrai jamais rien au monde qui m’entoure. Pas grave, me reste plus guère de temps à le subir.

 

11 mai – Qu’est-ce qu’ils prennent les frondeurs quand ils pointent leurs nez de vils judas, de perfides apostats, dans les studios de radios ou sur les plateaux de télé, lieux où jusqu’à présent on se gardait d’ailleurs bien de les inviter. Mais là, depuis qu’ils pensent à déposer une motion de censure contre le gouvernement suite au passage en force de la Loi Travail, on les invite. Pas pour les écouter non, mais pour les persifler, les rabaisser, leur cracher notre mépris à la gueule à ces renégats qui osent encore croire que faire part de son désaccord en politique, en sachant que cela ne changera rien, mais juste pour conserver l’honneur et sa dignité d’élu, peut encore avoir un sens. Il fallait le voir le Joffrin (s’il y a un traitre dans ce pays, c’est pourtant bien lui, lui qui a fait du journal de Sartre une saleté libérale), avec quelle morgue condescendante il parlait à Laurent Baumel sur le plateau d’une chaine d’info dont il vaut mieux taire le nom pour éviter de lui faire de la réclame. Pourtant pas le prototype du crypto-Marxiste cet ancien aide-de-camp de Moscovici, pas le fils spirituel des Enragés, pas le Marat du PS, loin s’en faut. Et bien il en a pris, mais alors plein la tronche. Ce qu’il lui a mis le Joffrin. Qu’il allait faire perdre la gauche (alors que c’est nous qui l’avons perdue, abruti), qu’il lui faisait boire la cigüe jusqu’à la lie (il parlait d’un liquide orange bue par une secte, mais comme sa métaphore était aussi moche que lui, je préfère la cigüe), qu’il ne voulait pas faire reculer le chômage (en autorisant les licenciements, c’est limpide, il faut dire que Shadokisme et libéralisme ont pas mal de points communs), qu’en ne voulant pas d’une loi qui réforme le code du travail il en aurait une qui le supprimera… quand la droite aura gagné. Ben pardi, c’est vrai ça, le coup de la peste et du choléra, on ne nous l’avait pas encore fait, ça c’est de la pensée politique. Il a fait comme ça avec Libé, pour que le journal ne meure pas physiquement, il en tué l’esprit, il en a fait une coquille vide. Alors que des effrontés ne veulent pas (mais franchement mon pauvre Baumel, désolé de te dire ça, mais c’est trop tard, il faut laisser ce vieux rafiot s’échouer sur les rives du social-libéralisme et prendre le large) qu’il en soit de même avec leur parti, ça, il ne le supporte pas. L’avais jamais vu la babine aussi hargneuse le Joffrin. Même devant Le Pen. On voit bien qui sont ses véritables ennemis. Bref, les frondeurs, vous voilà prévenus. Vous serez les Schmürtz de la prochaine défaite du PS.

 

12 mai – Dédé rassembla ses hommes et leur tint à peu près ce langage :

« Ecoutez les gars, on a du pain sur la planche. Disons plutôt qu’on a un sacré paquet d’herbe à écouler. Va y avoir des millions de clients qui vont affluer d’ici un mois et il va falloir assurer. Ils vont en vouloir pour leur oseille, ils sont chauffés à blanc par les rabatteurs, alors il va pas falloir les décevoir, sinon on va se faire pourrir. Vous êtes conscients qu’on va leur en refourguer de la frelatée, rien à voir avec celle de 98, là oui, on en avait de la bonne, mais aujourd’hui c’est quasiment de la contrefaçon. Il faudra pourtant maintenir l’illusion. Ils veulent leur dose. On peut espérer qu’ils seront pas trop regardant sur la qualité. D’un autre côté on est plutôt tranquilles, ils y connaissent rien. Ils se tapent de la piquette toute l’année, là il suffira d’un rien pour qu’ils trouvent ça bon. Le principal, c’est qu’ils oublient quelques heures leur vie de merde et qu’ils puissent avoir un sujet de conversation le lendemain au boulot, ou au bistrot pour ceux qui n’en ont pas. Alors parmi tous les marchands de rêve sur le marché en ce moment, c’est vous que j’ai choisi pour leur vendre leur dose d’herbe… bleue (il fait son célèbre sourire idiot)… laissez tomber, vous pouvez pas comprendre la référence. Allez, vous me faites chier je me casse ». Et sur ce, Dédé se rendit chez le baron Bouygues donner la liste des 23 sélectionnés pour l’Euro 2016.

 

15 mai – Voilà que l’Eurovision, ce télécrochet pour chanteurs kitsch et rengaines ringardes, se transforme en émission historique, que dis-je, en tribune politique, en évoquant la déportation des Tatars par les soviétiques en 1944, et ce par le truchement d’une chanson Ukrainienne (pas trop (ta)tarte d’ailleurs), qui remporte même la compétition. Le public, venu là pour faire du bruit avec ses mains et sa bouche, et les téléspectateurs, tout à leur chauvinisme nationaliste, découvrent ce fait historique grandement éludé, et ressortent de cette cérémonie d’un autre âge (un chouilla) moins bêtes qu’ils n’y sont entrés, ce qui est une première. Du coup, incident diplomatique avec la Russie, accusation de coup monté. Même les Australiens protestent qu’on leur a volé la victoire (d’un autre côté, ils ont bien réussi à faire croire aux organisateurs que l’Australie se trouvait en Europe, alors ils feraient mieux de pas trop la ramener non plus). Quant à la France, elle a envoyé un Israélien pour la représenter, mais on a beau chercher, pas trace d’évocation de la Palestine dans ce franglais youyouteux. Ou alors c’était en filigrane, mais un filigrane sacrément difficile à lire. On imagine non sans amusement les futurs livres d’histoire qui, un jour, écriront peut-être que la 3ème guerre mondiale a été dklenchée par une chanson de l’Eurovision. S’il y en a pour écrire ou lire un livre d’histoire après la 3ème guerre mondiale bien entendu. Ce qui est ma foi assez peu probable.

 

Diar(rh)y #3 19 mai19 mai – Bon alors comme ça, le Palais Omnisport de Bercy est devenu l’AccorHôtels Arena. C’est la maire Socialiste de Paris, toujours prompte à nous faire la complainte de la défense des « pârisiens zet des pârisiennes » qui a Accor-dé cette ignominie. Non pas parce que ce groupe d’exploiteurs patentés aurait racheté le lieu, mais parce qu’il aurait sponsorisé (sic)  les travaux de rénovation.  Il parait qu’on appelle ça la « technique mercatique du parrainage ». Moi j’appelle ça la technique du maquereautage éhonté, ou du chantage abject, mais bon c’est vrai que ça sonne moins technique. On imagine les recettes publicitaires que rebaptiser de leur nom ce bâtiment va faire entrer dans les poches des proprios de cette chaîne (au pied de ses employés) d’hôtels. Si je ne craignais que cela parût sexiste, je dirais que Madame Hidalgo s’est bien fait mettre.  M’enfin, Anne ma chère Anne, n’as-tu rien vu venir ? Visiblement non. A ce(t arrière) train-là, préparez-vous bientôt à aller sous la Grande LVM ArcHe, à la Très Grande Bolloré et je ne vous parle même pas de la Tour Engie qui remplacera avantageusement ce vieil Eiffel qui n’a pas raqué grand-chose pour l’entretien des poutres depuis quelques décennies, tout ça sous le fallacieux prétexte qu’il est mort. Pour en revenir à notre AccorHôtels Arena, hormis que ce nom est hideux et fleure bon son emphase prétentieuse, il illustre le fait que la publicité, pourtant l’abrutissoir le plus terrifiant depuis l’invention du monothéisme, envahit peu à peu tout le champ lexical et qu’à ce train fou là, s’apprête à conquérir jusqu’à nos propres identités. En effet, qui pourra résister à un sponsoring de Findus, de Charall ou de Sephora (enseignes prises au hasard, rien de personnel) en l’échange bien véniel d’une incorporation de leur nom dans le sien. Franchement, pour éviter de galérer avec l’aumône que lui verse pôle emploi ou un patron, personne ne rechignera à se voir adjoindre un nom de marque dans son blase. On aura qu’à appeler ça un blason. Personnellement, je suis en pourparlers avec Carte Noire pour leur décaféiné (« dk carte-noire », ça sonne bien non ?). Comme ils appartiennent à Kraft, je négocie un « dkraft carte-noire » qui devrait me mettre à l’abri du besoin (façon plus élégante de dire « me sortir de la merde ») pour un moment. J’ai filé le tuyau à mon pote Ange pour le corsé et à Khaled pour l’arabica. Une affaire qui roule.

 

Diar(rh)y #3 22 mai22 mai – C’est qui ce gugusse dans ma télé (j’en ai une, petite certes, branchée sur la TNT, mais j’en ai une) qui pleurniche et grimace sans fin quand on lui remet un prix ? C’est qui cette greluche qui vocifère dans le micro d’interminables propos qui se veulent féministes mais qui puent la testostérone à plein nez ? Mais qu’est-ce que je fous à regarder cette cérémonie de clôture d’un festival dont je me contrefous déjà depuis des décennies ?  Putain, certains dimanches soirs solitaires, on en arrive à de ces extrémités. Heureusement, elle se termine en apothéose avec la récompense suprême remise à  « mon » Ken Loach qui, depuis Kes, m’a toujours servi de phare quand le cinéma paraissait conchier le réel avec un mépris sans fond. Ce cinéma rugueux, réaliste, qui fait corps avec les êtres et ne les utilisent pas pour être le paillasson de ses propres névroses, voilà le seul cinéma qui m’émeut encore. Je laisse le reste aux Lalanne, pas le troubadour à l’égo surdimensionné, ni l’évêque qui ne voit pas en quoi la pédophilie est un pêché, non un professionnel de la profession de critique prénommé Jean-Marc, spécialiste d’un autre (gu)gus(se) (van Sant), et qui parle de cinéma « en pantoufles » concernant celui de Loach. En pantoufles. Décidément, il y a des coups de santiags au cul qui se perdent. Tiens, rien que pour le faire chier, voilà l’affiche du film avec sa jolie palme dessus.

 

24 mai – D’Israël, Manuel Valls déclare « lutter contre l’antisémitisme est le combat de ma vie ». Ah ça, on s’était aperçu que ce n’était pas lutter contre le chômage, la misère, la précarité, les inégalités, le racisme anti-noir et l’islamophobie. Ceci dit, si c’est le combat de ta vie, tu serais bien inspiré de joindre les actes à la parole et démissionner de ton poste de premier ministre où tu ne peux te consacrer à cette vocation pour une place de communiquant ou d’ambassadeur au CRIF où, lors du dîner annuel auquel tu as ton rond de serviette, tu as dklaré le 7 mars dernier que l’antisionisme est « tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël ». Le 30 mars 2008 lors d’une cérémonie de fraternité avec la Palestine, tu dklarais quasiment le contraire (la vidéo traîne un peu partout, facile de vérifier, vive Youtube) mais à l’époque ta vie privée n’avait peut-être pas encore décidé du combat de ta vie. Finalement, le combat de sa vie, c’est comme la femme de sa vie, il peut arriver tardivement dans une vie.

 

Diar(rh)y #3 27 mai27 mai – Le mois se termine avec un concert de Sleaford Mods devant un parterre d’actuels et futurs CSP+ venus là visiblement comme dans une soirée où l’hôte aurait loué un duo de prolos techno rigolos pour les faire danser. Il fallait voir leur mine réjouie de s’encanailler et se déhancher avec un ridicule qu’en 40 ans de fréquentation assidue de concerts je n’avais encore jamais vu. Distorsion terrible entre ce que représente ce duo (rien à dire de leur prestation, sauf que j’ai eu du mal à « rentrer dedans ») et ce public de Villette Sonique (à la programmation par ailleurs consternante d’insignifiance). Au fait, message plus général aux parisiens : « Vous êtes certains que ce que vous avez à dire est plus intéressant que ce que raconte le chanteur ? Que vous ne pouvez pas attendre la fin du concert pour vous le dire plutôt que de vous le hurler dans l’oreille ? Moi je crois que si. Je vous assure, j’entends parfois ce que vous vous vociférez, hilares, dans les tympans, et bien c’est au mieux inintéressant, au pire complètement con. Et comme j’ai de moins en moins de capacité à retenir mes exaspérations, je pressens le moment où vous allez avoir quelques travaux de restauration dentaire à faire pour avoir bêtement oublié de fermer votre gueule dans un concert. Ce serait ballot ».

 

 

Bon, je vous laisse sur cette jolie citation de B.Boy Version extraite de sa fresque murale des berges du canal de l’Ourcq, niveau Pavillons-sous-Bois « Je demande pas qu’on me comprenne, t’façon je comprends qu’on me comprenne pas ». Moi aussi. Un temps cela me contraria. Mais je me suis guéri cette maladie là. Juinez bien, et rendez-vous dans un moi(s).

Diar(rh)y #3 Final

 


dkelvin


Kankoiça
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