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Glop/Pas glop [CHRONIQUES CINÉ JUIN]

GLOP / PAS GLOP

Chaque semaine, une petite doublette de critiques ciné à haute teneur brazilienne, glop ou pas glop… Enjoy !

LE 01 JUIN EN SALLES

Rosalie BlumRosalie Blum : « Blum, quand votre cœur fait blum »

Ce petit film qui ne paye pas de mine, avec son histoire sans rien de spectaculaire, sa petite ville grise de province et ses anti-héros de tous les jours, est une merveille de bonheur mélancolique et de chaleur humaine. Tout au long de ses récits qui s’emboîtent comme des poupées gigognes, et grâce à un trio d’acteurs lumineux (Kyan Khojandi, Noémie Lvovsky et Alice Isaz), le réalisateur français Julien Rappeneau, qui a une brillante carrière de scénariste derrière lui, signe ici un très beau premier film, véritable enchantement du quotidien dans lequel le bonheur se fabrique avec des petits riens que l’on met bout à bout, comme dans la chanson de Gainsbourg.

 

Retour chez ma mère : «Ta mère en vieille chez Lavaine»

Après la comédie américaine indigeste sur la Fête des Mères dont nous parlions ici la semaine dernière, c’est au tour du cinéma français de s’affranchir de son petit exercice marketing qui brosse nos mômans dans le sens du poil (façon de parler). Josiane Balasko, Alexandra Lamy et Mathilde Seigner font leur fête à l’archétype maternel dans un film qui sent tellement bon la comédie de boulevard qu’il en est naphtaliné. C’est vieillot, mais vieillot, comme la décoration intérieure de la mère jouée par Josiane Balasko ! Histoire de remettre l’église au milieu du village (fichtre, quelle expression désuète, je dois être contaminé par la naphtaline ambiante), le film a été réalisé par Eric Lavaine, pas de veine. Car oui, on lui doit une belle série de navets, au demeurant tous forts bien castés, comme Bienvenue à Bord ou Protéger et Servir. Bon ben un de plus dans le champ.

Rosalie Blum (glop) et Retour chez ma mère (pas glop), sortie salles le 1er juin

 

LE 08 JUIN EN SALLES

The Neon DemonThe Neon Demon : « Victime de la mode, tel est son nom de code »

Toujours aussi radical dans sa forme, avec sa bande son électro, son atmosphère et ses couleurs électriques, le Danois Nicolas Winding Refn revient nous secouer les pupilles avec un conte de fée tordu et fascinant dans lequel il détourne les travers du monde de la mode et du mannequinat pour les broyer dans une ironie sanglante et un poil hystérique. Détournant avec un plaisir sadique les codes du porno chic si chers à la haute couture, le réalisateur livre un film fascinant et radical, qui peut donc énerver, à moins qu’on arrête enfin de lui chercher la petite bête et qu’on le remercie pour oser la radicalité dans une industrie cinématographique devenue tiède et aseptisée. NWR livre un cinéma certes non exempt de défauts, mais surtout inventif, fiévreux, vivant, ambigu, transgressif et ultra stylisé, dans les dignes pas d’un Kubrick ou d’un De Palma avant lui.

 

Cosmos : « Trou noir »

Le récent décès du réalisateur polonais Andrzej Zulawski donne l’occasion de voir ressortir en salles certaines de ses œuvres. Autant on se souvient volontiers de films remarquables tels L’Important c’est D’aimer (1975) avec le sulfureux duo Romy Schneider/Jacques Dutronc ou Mes Nuits Sont Plus Belles que Vos Jours (1989) avec la divine Sophie Marceau, dont Zulawski sera le compagnon pendant 17 ans, autant on se passerait volontiers de certaines œuvres de fin de carrière prétentieuses et obscures comme cet horrible Cosmos, sorti en 2015. Un cinéma qui se donne des airs d’expérimental et de transgression des règles établies, mais qui n’est que vain ennui.

The Neon Demon (glop) et Cosmos (pas glop), sortie salles le 8 juin


Thomas Lécuyer

 


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