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Glop / Pas glop [CHRONIQUES CINÉ MAI]

GLOP / PAS GLOP

Chaque semaine, une petite doublette de critiques ciné à haute teneur brazilienne, glop ou pas glop… Enjoy !

LE 04 MAI EN SALLES

Everybody wants some !! : « Le goût des choses simples »everybody wants some

Le cinéaste Richard Linklater a le goût des choses simples. Après avoir raconté une vie de garçon de sa petite enfance à l’âge adulte dans le formidable Boyhood, il nous plonge au cœur d’une bande de copains et de trois jours de pré-rentrée universitaire américaine au début des années 80. Plein de vivacité, d’humour, d’amour, de fraîcheur, d’insouciance, de vigueur et d’assurance, ces garçons et ces filles racontent une époque révolue, une légèreté et des certitudes qui n’existent plus. Linklater filme magnifiquement cette soif de vivre et ces désirs qui débordent, ces corps qui exultent dans une paradoxale pudeur toute américaine. Les plus beaux baisers de cinéma sont ceux filmés par Richard Linklater, sans aucun doute. Quant à la bande son, irrésistible, elle construit l’architecture du film à grands coups de tubes disco, rock, glam’ et boogie. Un moment de pure générosité cinématographique dont la joie apparente cache une nostalgie mélancolique. Coup de cœur absolu.

 

Un homme à la hauteur : «Cinéma taille basse»

C’est l’histoire de Jean Dujardin qui joue un nain. Enfin non, un homme de petite taille. Déjà sur le papier, ce n’est pas très crédible. Alors à l’image, évidemment, même à grands coups d’effets spéciaux, ce n’est guère mieux, limite gênant, puisque ça reste la tête de Dujardin greffée sur un corps d’un mètre quarante. Contrairement au magnifique Un + Une de Lelouch, dans lequel l’acteur s’effaçait au profit de son personnage, ici, on a l’impression de voir un sketch de Dujardin à chaque plan. C’est d’autant plus regrettable que le registre de vannes consiste simplement à décliner tous les gags visuels possibles autour du problème de la petite taille. Autant dire, passez-moi l’expression, que ça ne vole pas bien haut. Et ce n’est hélas ni la pauvre Virginie Efira, pourtant toujours aussi belle, ni l’argument émotionnel bringuebalant genre « c’est la beauté intérieure qui compte » (alors que le héros, même petit est un architecte ultra riche qui a la tête de Jean Dujardin, rappelons-le) qui réussissent à tirer le film vers le haut.

Everybody wants some (glop) et  Un homme à la hauteur (pas glop), sortie salle le 04 mai

LE 11 MAI EN SALLES

Cafe-society-afficheCafé Society : « Du bonheur et quelques larmes de champagne »

Comme chaque printemps, Woody Allen revient, et cette fois-ci en grande forme avec un nouveau bijou vintage, ironique et mélancolique. Replongeant avec délice dans les années 30 qu’il affectionne tant, il organise un délicieux chassé-croisé amoureux doublé d’une croustillante satire sur ses sujets de prédilections : Hollywood, la célébrité, la bourgeoisie, le mythe américain, la religion. On nage en plein bonheur en compagnie de Steve Carell, qui est décidément un des meilleurs acteurs de sa génération, Jesse Eisenberg et Kristen Stewart, tous deux fabuleux, dans une nostalgie enivrante où se perdent de fulgurants éclats de rire. Et si une larme coule, c’est une perle fraîche le long du cou d’une bouteille de champagne juste sortie de son seau.

 

Angry Birds : «Les oiseaux se cachent pour pourrir »

World of Warcraft, Resident Evil, Tomb Raider, et maintenant Angry Birds. Pourquoi tant d’adaptations de jeux vidéos au cinéma ? Hélas, ce n’est pas pour enrichir le paysage cinématographique mondial, mais bel et bien pour gonfler le portefeuille des concepteurs et détenteurs de licences de ces véritables machines à cash. Dans le cadre de ces drôles de piafs, l’adaptation ciné va sans doute servir à relancer un jeu vidéo un peu passé de mode et un merchandising savamment pensé. Le cinéma ne sert ici que de tête de gondole géante à des produits au marketing savamment étudié et profondément inutiles. Des oiseaux qui tirent à coups de lance-pierre sur des gros cochons verts ? Soyons francs : cinq minutes sur son portable dans le métro c’est rigolo. Cent minutes au cinéma, c’est une certaine idée du vide.

Café Society (glop) et Angry Birds (pas glop), sortie salles le 11 mai

 

LE 25 MAI EN SALLES

Elle : « Elle, lève-toi  »Elle affiche

C’est le grand retour de Paul Verhoven sur les écrans et à Cannes ! Black Book, Hollow Man, Starship Troopers, Basic Instinct, Total Recall, Robocop… Le subversif, insolent, talentueux et ironique Hollandais nous avait manqué ! Et il ne va pas manquer de nous surprendre une nouvelle fois et nous mener là où on ne s’y attend pas avec un thriller sombre et mystérieux aux ressorts dérangeants et au casting improbable. Outre la vénéneuse Isabelle Huppert, on retrouve notamment Laurent Laffite et Virginie Efira, plutôt habitués des bonnes comédies franchouilles jusque là… Gageons que le regard neuf d’un réalisateur étranger sans préjugés à leur égard va les révéler sous un formidable jour dramatique.

Joyeuse fête des mères : «Ta mère en niaise à Hollywood»

Y a-t-il un âge de la retraite pour les cinéastes ? Cela devrait être parfois nécessaire. Dans le cas de Woody Allen, toujours vert malgré ses 80 ans, pas de problème. Mais dans le cadre de Garry Marshall, 82 ans, dont les derniers bons films datent du siècle dernier (Pretty Woman, 1990 et Juste Married (ou Presque), 1999), n’est-il pas temps d’arrêter ? Le voici qui signe une énième comédie calibrée comme ses douze autres précédentes, avec le même casting, le même mécanisme de portraits croisés, et la même thématique des « jours symboles ». Après La St Valentin et la St Sylvestre, il s’attaque donc à la fête des mères avec une comédie parfois drôle mais surtout poussive et écœurante de bons sentiments. Dans le genre cadeau de fête des mères, c’est encore pire qu’un collier de nouille raté.

Elle (glop) et Joyeuse fête des mères (pas glop), sortie salles le 25 mai

Thomas Lecuyer


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