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Cycle Western [DVD]

Ce nouveau cycle western est l’occasion de (re)découvrir L’Or de MacKenna, long-métrage tourné en 70 mm, et quatre raretés qui ont sans doute fait les belles nuits des amateurs du genre même si, aujourd’hui, ils sont affairés à entretenir leur monte-escalier Stana.


 

L'OR DE MACKENNAL’OR DE MACKENNA réalisé par J. Lee Thompson avec Gregory Peck, Omar Sharif, Camilla Sparv, Ted Cassidy, Telly Savalas…

Alors qu’il patrouille à la recherche du gangster Colorado, le shérif MacKenna manque de se faire tuer par un vieil Indien solitaire. Celui-ci meurt en lui laissant la carte d’un fabuleux trésor apache, connu dans toute la région mais jamais encore découvert.

C’est la pièce maîtresse de ces bacchanales westerniennes. À sa sortie sur les écrans, L’Or de MacKenna, tourné en 70mm, n’est déjà plus un évènement. Pourquoi ? Parce qu’en 1969, le genre est à bout de souffle et le seul qui tente de maintenir actives les braises s’appelle Sam Peckinpah, le pestiféré. Le milieu a donc deux bonnes raisons de désespérer. D’abord, sa Horde sauvage dégage des odeurs de souffre qui déplaisent à ces messieurs de l’intelligentsia puis, deuxième effet Kiss Cool, ce fichu chef-d’œuvre colle un immense bourre pif à tous les tâcherons de l’époque qui s’échinent (ou qui ronronnent) à rendre en temps et en heure aux studios leurs 10 séries B commandées le 1er de chaque année. On le sait, l’Amérique à papa de la fin des années 60 n’aime pas les Sam Peckinpah comme elle vilipendera cette vieille baderne de Sam Fuller. L’Or de MacKenna, classique parmi les classiques, se présente comme un blockbuster. En effet, J. Lee Thompson dispose de moyens démesurés, d’un casting de mammouth et d’un flamboyant scénario aux ressorts multiples. Avec des kilomètres de péloche 70mm en magasin, la production place la barre très haute quant aux soins apportés à la forme. Le désert, les montagnes, les canyons, tout est grandiose et flatteur. Ce western d’aventure mérite d’être redécouvert tant il dégage du souffle. J. Lee Thompson (Les Nerfs à vif, Aux Frontières des Indes, Les Canons de Navarone …) fait le job quand il s’agit de filmer les acteurs au cœur des paysages. Ce festival de gueules nous embarque en terrain hostile pour ne plus nous lâcher. Cerise sur le gâteau, l’image blu-ray est d’une hallucinante beauté. Sur une musique de Pierre Benichou, Marie Grospierre et Quincy Jones. Dans la VF, Johnny pousse la chansonnette ! Un grand et beau western.

 

3 LA VENGEANCE DE L'INDIENLA VENGEANCE DE L’INDIEN réalisé par George Sherman avec Guy Madison, Felicia Farr, Michael Pate…

À peine arrivé à Kendall, Oklahoma, où il s’établit dans le ranch qu’il vient d’acheter, Frank Madden découvre une ville en pleine effervescence, divisée par le procès des frères Shipley. Coupables du lynchage de deux Indiens, les Shipley sont pourtant acquittés. Des voisins dangereux pour Madden qui, bien que se refusant à prendre parti, fait bientôt d’eux des ennemis mortels. L’un des frères tué, il est immédiatement accusé, jeté en prison. À tous, il continue néanmoins de dissimuler ses origines, mi-indiennes, mi-blanches. Mais, cette fois, pour mieux se battre contre la haine, Madden devra révéler à tous sa véritable identité…

À Hollywood, et même jusqu’à Brie-Comte-Robert, George Sherman était connu pour ses prises de position pro-indiennes. Avec La Vengeance de l’Indien, il propose un western singulier car engagé. On y évoque à la fois les tentatives d’intégration forcée -et le rejet systématique- de la communauté indienne au cœur de la société Blanche américaine. C’est un film sans concession sur les injustices dont les tribus furent -sont et seront- les victimes sur la spoliation de leurs terres et leur prétendue assimilation. La Vengeance de l’Indien n’est pas réputé pour être un grand film mais il est apprécié pour son humanisme et les messages de tolérance qu’il tente de transmettre. Guy Madison, qui incarne Franck, est un beau gars un peu falot. Il était prévu que Clint Eastwood endosse le rôle principal. Contre fortune bon cœur, George Sherman se contenta de Klimt Iztwood.

 

DU SANG DANS LA SIERRA réalisé par George Sherman avec Robert Young, 2 DU SANG DANS LA SIERRAMarguerite Chapman…

Accusé à tort du meurtre de deux vieux chercheurs d’or et du voleur qu’il a abattu en légitime défense, Nick Buckley n’a pas d’autre choix que de s’enfuir. Aidé de Luella Purdy, une marchande ambulante à qui il a acheté des couvertures et des médicaments pour sa jument, il se lance sur les traces de Brandaw, le complice de l’homme qu’il a tué. Une traque d’autant plus difficile qu’il a lui-même à ses trousses le shérif et ses hommes, tous convaincus qu’ils poursuivent un gibier de potence. Mais Buckley sait que, rejoint par des individus de son espèce, Brandaw se dirige vers la mine des chercheurs d’or, guidé par la carte qu’il leur a volé…

Du Sang dans la Sierra ne se distingue pas par l’originalité de son scénario où chaque scène est prévisible des minutes à l’avance. Je vous passe l’accumulation des poncifs (les méchants, les gentils, les Indiens et tutti quanti) et la sensation d’avoir vu un nombre incalculable de fois les situations. Même les interprétations de Robert Young et Marguerite Chapman, tous deux aussi fadasses qu’une poêlée de rutabagas, ne risquent pas de rentrer dans l’Histoire. Oui, mais alors ? Que reste-t-il à se mettre sous la dent ? Il reste des décors soignés, de belles chevauchées dans la pampa et la volonté de Sherman à rendre un travail convenable. Si vous faites abstraction de la niaiserie ambiante, ce western flatte les rétines et rend moins idiot qu’une production DC Comics. Pour les fans du genre.

 

2 MARQUE AU FER ROUGEMARQUE AU FER ROUGE réalisé par Bernard MacEveety avec Chuck Connors, Michael Rennie…

Au terme de onze années de chasse au bison, Jonas Trapp rentre chez lui, auprès de sa femme Jessie. Non loin de sa ville de destination, Coldiron au Texas, trois hommes l’interceptent et, sous prétexte de vol de bétail, le marquent au fer rouge, puis volent les 17.000 $ qu’il a accumulés au fil des années. Gravement blessé, puis soigné par le vieil Hanley, Jonas Trapp survit. Se croyant veuve, Jessie s’engage bientôt à épouser un autre homme, l’un des agresseurs de son mari justement, un banquier. Désormais remis sur pied, le chasseur de bison entreprend de retrouver ceux qui vont vite regretter de ne pas l’avoir achevé…

Marqué au fer rouge est ce que l’on appelle un western singulier. D’abord, son intrigue se déroule à travers deux flash-back. C’est à ma connaissance du jamais vu. Son climat violent et malsain dénote des productions de l’époque où tout est propret et poli. Les connaisseurs apprécient ce ton si particulier qui ne verse jamais dans le manichéisme. On ne sait pas vraiment qui est bon ou qui est mauvais. Ce petit western joue avec la complexité de la nature humaine, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Voilà un western atypique que je vous recommande.

 

 

LE SIGNE DES RENÉGATS réalisé par Hugo Fregonese avec Ricardo Montalban, CydLE SIGNE DES RENEGATS Charisse…

En 1825, lors de l’avènement de la République du Mexique, Marcos Zappa est victime d’un odieux chantage au terme d’un exil forcé de plusieurs années. En échange du silence de Don Pedro Garcia sur son passé, il doit séduire la belle Manuela de Vasquez et l’épouser pour mieux porter le discrédit sur son père, un homme politique influent. Si ses sentiments sont sincères et partagés, Marcos Zappa n’en demeure pas moins dans une situation délicate, menacé par un Don Pedro qui ne soupçonne pas encore la véritable identité de celui qu’il croit manipuler.

Hugo Fregonese est un immense cinéaste quand il réalise Quand les tambours s’arrêteront (disponible chez Sidonis Calysta), chef-d’œuvre incontesté dans le grand monde du western. Le Signe des renégats n’est pas son meilleur film. Loin de là. C’est un film hybride à la Zorro qui mêle le western, les capes et les épées. Sans le masque. Pourtant, le rythme soutenu, les dialogues enlevés et la qualité des duels remportent la mise. On ne s’ennuie pas une seconde. Fregonese sait comme personne donner le tempo. Il le prouve une nouvelle fois.

Tous les films sont disponibles chez SIDONIS CALYSTA.


Cédric Janet

 

 

 

 

 

 


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