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RALPH MEYER : Undertaker [BD]

Undertaker BANDEAURalph Meyer, dessinateur de Undertaker, le western scénarisé par Xavier Dorison, est en ce moment à l’honneur à la Galerie Daniel Maghen. Les deux albums largement acclamés racontent l’histoire de Jonas, un croque-mort atypique, héros du Far West d’un nouveau genre. Et si on partageait le plaisir d’avoir été sur place, lors du vernissage le vendredi 22 avril ?

 

Undertaker_Ralph_Meyer7Située Quai des Grand Augustins, face à la Seine, la galerie expose depuis de nombreuses années le travail d’auteurs de bandes dessinées. Une bonne occasion de voir en vrai, et les dessinateurs, et leurs planches. En poussant les portes, Daniel et son équipe vous reçoivent chaleureusement. Les murs sont tapissés de planches originales en noir et blanc, en grand format, encadrées, sous verre… Autant de fenêtres ouvertes sur un monde d’aventures.

En regardant de plus près, on voit des dessins réalisés avec précision à l’encre de Chine, les traits et les contours des personnages bien marqués, des expressions savamment représentées. On retiendra par exemple ce petit éclat dans le regard de Jonas ou encore ce gros plan sur le visage de Rose dont les yeux fermés n’empêchent pas sa colère sourde de s’exprimer. Les décors de l’ouest sont bien rendus : monts rocheux et pistes arides, costumes d’époque ;  le dynamisme des actions est parfaitement saisi : le coup de poing qui fait voler le héros, l’explosion dans la mine, le chute dans le ravin.

En bonus, deux superbes tableaux, mis côte à côte, pour relever le contraste. À gauche, une scène de nuit, dominée par les massifs du désert, avec des tons bleus et froids, le héros en tout petit au premier plan se réchauffe auprès d’unUndertaker_Ralph_Meyer6 feu ; son corbillard annonce sa profession, comme un titre : Undertaker. À droite, une scène de jour, des couleurs plus chaudes rappelant autant les rayons du soleil que le désert torride. Le vautour plane à l’arrière-plan. Cette fois, Jonas, revolver au poing et chapeau haut de forme sur la tête, lance son corbillard à bride abattue, dans une poursuite effrénée, littéralement —pardon de le dire— « à tombeau ouvert ».

Ralph avouait son plaisir de voir son travail ainsi exposé, on le comprend, il y a de quoi ! Avec cette série, il est heureux aussi de sortir des milieux urbains et rectilignes qu’on avait pu voir dans le sombre polar Berceuse assassine (avec Tome) ou dans le récit de SF IAN (avec Vehlmann), deux séries à (re)découvrir. Les grands espaces entraînent en effet plus de liberté dans les courbes. On s’en doute, Caroline Delabie qui s’attelle à la colorisation des albums nous confiait elle aussi pouvoir travailler main dans la main avec Ralph. Leurs travaux respectifs s’épousent parfaitement pour donner un résultat très appréciable malgré l’inévitable déperdition liée à l’impression.

C’est une expérience enthousiasmante de rencontrer les auteurs dans un cadre qui sait les mettre en valeur. Le comparaison entre la planche originale et la page que l’on tourne devient une sorte d’évidence, voire de nécessité. Elle mettra ainsi en exergue une partie de processus de création qui donne tout son prix au dessin de bande dessinée. Inutile d’attendre que les artistes soient à six pieds sous terre pour apprécier leur travail. Alors, pourquoi se priver ?

Plus d’infos ici

 


Texte et photos : Filakter


Kankoiça
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