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WELCOME TO GOOFLAND BRAZIL (and Crossroads) 3.0 — Archives — Livres — Uchronia

Cycle Western Randolph Scott et Joel McCrea [DVD]

Sidonis Calysta nous invite à rejoindre Randolph Scott et Joel McCrea, deux acteurs majeurs du western d’après-guerre. On vous conseille de porter une attention particulière à Ton Heure a sonné et Les Desperados. Le premier secoue le bulbe par sa violence sans concession quand le second flatte joyeusement les mirettes. Voilà une nouvelle sélection qui ravira les contemplatifs et les sadiques.


 CYCLE RANDOLPH SCOTT

LES DESPERADOSLES DESPERADOS réalisé par Charles Vidor avec Randolph Scott, Glenn Ford, Claire Trevor et le génial Edgar Buchanan…

En 1863 dans l’Utah, la banque d’une petite ville est attaquée. Cheyenne Rogers (Glenn Ford), un ex hors-la-loi de passage en ville est très vite accusé du hold-up. Son ami le shérif Upton (Randolph Scott) qui l’avait aidé à se remettre dans le droit chemin croit en son innocence…
Si Les Desperados accumule les poncifs et les stéréotypes les plus courants du genre, la magie du cinéma fonctionne à plein tube. Par quel miracle, ou par quelle volonté divine, les anges du petit cinématographe ont daigné se pencher sur l’unique western de Charles Vidor (Gilda) ? Et le bénir… Parce que le film est bourré d’humour, les acteurs s’amusent comme des petits fous et la photographie est à couper le souffle. Je bouffe du western depuis un paquet d’années, croyez-moi, et rarement j’ai vu des extérieurs aussi bien exploités. Des vertes prairies aux canyons rougeâtres, pour un peu, on mordrait dedans. Sur le plan formel, c’est un cas d’école ! Au moins de ceux que l’on devrait étudier encore et encore ! Sans compter que le scénario ultra malin réserve des belles surprises. On n’a même pas le temps de s’ennuyer. Au bout du compte, c’est un drôle de film. Dynamique et pépère, classique mais diablement original. Un chouette western protéiforme.

Ton heure a sonneTON HEURE A SONNÉ réalisé par Ray Enright avec Randolph Scott, Marguerite Chapman, George MacReady…
Une diligence est attaquée par un groupe d’Apaches qui semblent être commandés par un mystérieux homme blanc. Ses conducteurs et passagers sont abattus sauf une jeune femme qui est kidnappée. 18 mois plus tard, son fiancé Chris Denning (Randolph Scott) qui sillonne l’Ouest des États-Unis à sa recherche a rendez-vous avec un Indien…
Ton heure a sonné a fait sa réputation sur ses nombreuses scènes ultra violentes voire même sadiques. À l’époque, il était rare que des innocentes jeunes femmes perdent la vie une balle logée dans le cigare, surtout des femmes à la peau blanche (quant aux Indiennes, c’est une autre histoire). Ici, la violence explose à chaque séquence. Cruauté, bestialité, torture, rien ne nous est épargné. L’esprit de la vengeance frappe aveuglement les salauds et les innocents comme s’il fallait expier tous les pêchés et les forfaits commis dans la région depuis des siècles. Ce western n’est pas pour autant cathartique, il est juste très malpoli ! Du brutal.

LES AVENTURIERS DU DESERTLES AVENTURIERS DU DESERT réalisé par John Sturges avec Randolph Scott, Ela Raines, Edgar Buchanan…
Six hommes évoquent l’existence d’un wagon bourré d’or perdu dans la vallée de la Mort. Ils décident de retrouver le magot…
Si John Sturges avait tourné Les Aventuriers du désert après Chino et Les 7 mercenaires, le film aurait connu une autre destinée. Le cinéaste ne possède pas encore ce sens de l’action -et du cadre- qui, des années plus tard, fera sa notoriété auprès des studios d’Hollywood. Cette aventure mâtinée de thriller où les mauvais caractères font parfois pencher la balance du côté du film noir reste un poil convenu. Dommage.

LA VALLEE MAUDITELA VALLEE MAUDITE réalisé par George Waggner avec Randolph Scott, Barbara Britton, Bruce Cabot…
Un héros de l’Ouest décidé à raccrocher ses colts se voit contraint de le décrocher pour venger la mort d’un ami.
Il n’y a pas d’histoire plus banale. Il n’y a pas de western plus banal.


 CYCLE JOEL McCREA

LE DEFILE SAUVAGELE DÉFILÉ SAUVAGE réalisé par Jesse Hibs avec Joel McCrea, Murvyn Vye, Irving Bacon…
Éleveur, Del Dockwell ne rêve que de capturer Outlaw, un magnifique mustang noir qui sillonne les prairies de l’Ouest. Un animal réputé indomptable, et si rusé qu’il réussit à délivrer les siens de l’enclos des ranchs…
Un western très attachant, loin des productions familiales cucul la praline où les bondieuseries se mêlent aux bons sentiments. C’est déjà ça de gagné ! Le défilé sauvage rend un hommage appuyé au cheval. Et oui, que seraient les cowboys et les Indiens sans leurs montures ? Réponse simple : des va-nu-pieds. Alors que le cheval, lui, se passe très bien de supporter tous ces affreux malodorants. Le défilé sauvage vaut surtout pour son technicolor qui magnifie les grands espaces. Certes, l’intrigue tient sur une boîte d’allumettes mais on s’en fout. Voilà une belle récréation.

L'ENFANT DU DESERTL’ENFANT DU DÉSERT réalisé par Kurt Newman avec Joel McCrea, Leon James, Bob Steele…
Fils du riche propriétaire de la ligne de chemin de fer sur laquelle il voyage, le jeune chester Graham Jr se retrouve seul, perdu au milieu du désert après le train soit parti sans lui…
On reproche au film d’être un plagiat éhonté de « Capitaines courageux » de Rudyard Kipling. Ok, c’est noté. On voit le jeune héros, un petit con de fils à papa, devenir un chouette gars au contact d’un éleveur qui roule sa bosse depuis que le monde est monde. Imaginez les difficultés de l’immersion au grand air, les sempiternels tirages de bourre générationnels et les discussions apaisées sur la transmission. Il y a un peu de tout ça mais avec Kurt Newman aux manettes, ne vous attendez pas à vivre l’expérience du chef-d’œuvre. Toutefois, on peut savourer les échanges sur les valeurs universelles au cœur des paysages immenses. Y’a du bon et du moins bon. Réponse de bourguignon. Un honnête western.

LE SOLITAIRE DES ROCHEUSESLE SOLITAIRE DES ROCHEUSES réalisé par George Sherman avec Joel McCrea, Barbara Hale, Alex Nicol…
Endetté, le fermier Zachary Hallock accepte de rejoindre une bande de hors-la-loi plutôt que de la traquer avec la milice locale créée à la suite de l’assassinat du sherif. Un choix qui dissimule une autre réalité.
Le réalisateur George Sherman est un bon faiseur. Mieux, il sait y faire. Déjà avec Tomahawk et Au Mépris des lois, Sherman proposait des scènes d’action enlevées au cœur des sublimes paysages du Colorado. Ma grand-mère dit que le gars a le sens du cadre et qu’il est davantage doué pour filmer les montagnes abruptes et les gorges profondes que les napperons en macramé et les vieilles rombières. Ma grand-mère possède un sens de la répartie bien à elle. Le Solitaire des rocheuses ne risque pas de vous faire tomber à la renverse mais on ne s’ennuie jamais. C’est bien troussé et c’est efficace. Sherman fait le job. La touche de polar apporte un supplément d’âme à une intrigue qui manque d’épices. Un western assez relevé pour les palais délicats.

Tous les DVD sont disponibles chez Sidonis Calysta


Cédric Janet


Kankoiça
avril 2016
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