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WELCOME TO GOOFLAND BRAZIL (and Crossroads) 3.0 — Archives — Livres — Uchronia

CHRONIQUES AVRIL [CD/DVD/BD/BOUQUINS…]

CHRONIQUES AVRIL [CD/DVD/BD/BOUQUINS…]

En avril, si paraît-il il ne faut pas se découvrir d’un fil, il reste de bon ton de se délester de quelques euros, surtout que les sorties tous azimuts valent leur pesant de ce que vous voudrez !… 

 

Bang ! Un one shot entre les omoplates pour terrasser la légende. Dans cet albumL'Homme qui tua Lucky Luke:Dargaud anniversaire (70 ans quand même), Matthieu Bonhomme remet à plat l’image du notre plus célèbre cow-boy. Les premières planches appellent-elles les quatre en sapin qui enfermeraient celui qui vient de passer l’arme à gauche ? Il y a donc quelqu’un qui tire plus vite que l’homme qui tire plus vite que son ombre ? Un zoom initial nous accueille  et semble vouloir nous faire mordre la poussière. C’est là que Matthieu Bonhomme dégaine un flash-back bien senti pour nous montrer comment on en arrive là. Quelques jours plus tôt, Luke a débarqué à Froggy Town, la ville de crapauds et de crapules. Ambiance nocturne, pluvieuse, poisseuse voire poissarde, le héros solitaire n’est pas le bienvenu. Flegmatique et blasé, il ne veut pas s’en laisser compter plus que les 6 coups d’un colt bien chargé. Les relations sont tendues avec les autorités de la petite bourgade, il faut déjà se séparer de ses armes. Un gros plan sur son visage montre qu’il a du poil au menton. Première occurrence d’une blague à répétition sur le tabac qui nous renvoie à d’anciennes polémiques sur les cowboys qui fument… Hommage à Morris et aux anciens épisodes, certes, mais pas réécriture servile. On y retrouve bien les aplats de couleur chers au créateur de la série, mais le graphisme reste celui bien identifiable de Matthieu Bonhomme. Et le ton se veut résolument plus adulte. À commencer par la « voix » de Jolly Jumper ; ou l’allusion à Phil Defer qu’avait abattu Luke dans la version non censurée ou encore le retour de Laura Legs, la jolie chanteuse de cabaret, qui pourrait amener à un règlement de comptes… Par la suite, tous les bons ingrédients du western sont réunis : la bagarre de saloon, l’étoile du shérif,  l’or volé de la diligence, les Indiens prêts à en découdre, la corde du pendu, les grand espaces et… le duel. La pression augmente à chaque plan américain. Si vous écoutez bien, vous entendrez le cliquetis régulier des éperons, la mélodie lancinante et lointaine d’un harmonica, le souffle du vent alors que les spectateurs retiennent le leur. Lucky Luke est mort ? Vive Lucky Luke ! F

 L’homme qui tua Lucky Luke, scénario, dessin et couleurs : Matthieu Bonhomme ; Editions Lucky Comics/ Dargaud, 14,99€

 

la peau de bax dvdLa Hollande est connue pour son fromage, ses cyclistes Ti-Raleigh, ses tulipes multicolores, sa blondeur nudiste, son herbe qui fait rire, son Ajax football, son Vincent, son Théo mais un peu moins pour son cinéma. Il y a quelques contre-exemples de réalisateurs adoubés par Hollywood (dès qu’une once de savoir-faire se fait naître), mais ils se précipitent dans la cité des anges pour commettre leurs méfaits (le plus connu étant évidemment Mister Paul Verhoeven) laissant les Pays-Bas plutôt spécialistes des documentaires. Et puis comme dans chaque contrée, il y a le gaulois batave qui résiste, faisant son métier contre vents et marées à domicile, faisant courir sa caméra entre les préfabriqués des blondes non siliconées. Son nom Alex Van Warmerdam, il reste une énigme pour beaucoup, même s’il s’est fait un nom depuis de nombreuses années dans les festivals du monde entier où il incarne le cinéma hollandais depuis son premier film Abel (1986).

En réalisant un long-métrage tous les trois/quatre ans (il est aussi peintre, metteur en scène de théâtre, scénariste et acteur) sa, filmographie s’établit aujourd’hui à 9 films. La Robe (1996), Le p’tit Tony (Cannes en 1998), Waiter!(2006) un conte jubilatoire sur les affres de la création hautement recommandé par le ministère Brazilien, sont parmi ses films les plus représentatifs. Humour noir (ennemis du second et troisième degré fuyez!!), dérision, regard désenchanté sont ses marques de fabrique. Le monde est cruel, donc rions-en ensemble pourrait être sa devise (le florin pour les nostalgiques).

La peau de Bax est encore un ovni dans sa filmo d’ovni, un croisement entre le western roseau (version batave du western spaghetti) et le thriller sans effets spéciaux. On suit Scheider (excellent Tom Dewispelaere), tueur à gages et papa gâteau, obligé d’abattre un écrivain solitaire alors qu’il ne travaille jamais le jour de son anniversaire. Hérésie… mais que font les syndicats ? On le suit donc dans sa journée de boulot classique, si tout se passe bien il rentrera de bonne heure et s’il y a des impondérables il fera quelques heures sup, mais sans jamais se départir de son flegme. Évidemment rien ne se passe comme prévu, mais sinon à quoi bon faire un film non ?

Si Van Warmedam se décrit lui-même comme un picoreur insatiable, ne cherchez pas de références sur sa manière de filmer, ce gars est unique, libre penseur, totalement en dehors des codes du cinéma à brouzoufs. On a affaire à un réalisateur atypique engagé dans une démarche de création où le maître mot est plaisir. Ça tombe bien, ne boudons pas le nôtre. JST

La peau de Bax (Potemkine films/Agnès b DVD, disponible le 5 avril)


Ray Davies_AmericanaAu-delà de son évidente quête perpétuelle du riff, qu’il n’a jamais cachée —et d’ailleurs qu’on retrouve dans la baseline de cette nouvelle tranche autobiographique, cf. « le riff parfait »— Ray Davies est d’abord un conteur hors-pair, un témoin de son époque ; pardon, de ses époques ; et un fabuleux songwriter. Ici, il revient sur les rapports entretenus avec les États-Unis, depuis l’interdiction de tourner qu’avait du subir les Kinks dans les 60’s, jusqu’à son déménagement pour la Nouvelle-Orléans où, rappelons-le, il a échappé de peu à la mort en se retrouvant au cœur d’une fusillade.
Le plus touchant, dans Americana, c’est comment, avec le temps, Ray Davies ne filtre plus du tout ses états d’âmes, ressentis, nous livrant de façon assez abrupte des passages de son existence parfois même assez intimes. Il y est donc question de culture populaire US, forcément, mais aussi des atermoiements du gouvernement Bush, auxquels il a été confronté comme tout citoyen présent sur le sol US, et surtout de rentrer dans la tête du songwriter, de comprendre ses doutes, ses hésitations, son cheminement, et ce qui l’a conduit à finalement américaniser sa musique pour, au final, plus récemment, finir par revenir dans cette chère vieille Londres…
À noter qu’un nouvel album solo est prévu, pour coïncider avec la thématique du livre, mais aussi que les Kinks sont annoncés de retour, au moins pour un concert exclusif au prochain festival de Glastonbury !… On a même du mal à y croire, tant cet énième come-back des frères ennemis est une des arlésiennes les plus courues de l’histoire de la musique pop de ces cinquante dernières années. Un petit bémol, enfin, pour la traduction française de cet ouvrage, qui ne rend aucunement hommage au texte originel, la verve du songwriter étant ici complètement aseptisée et même rendue parfois complètement transparente, pour ne pas dire ennuyeuse. Un comble ! DB
Ray Davies, « Americana : les Kinks, la route, le riff parfait » (Le Castor Astral, 362 pages, 24 €)


Ben Harper—call it what it isLe moins que l’on puisse dire de Ben Harper, c’est que nous sommes rarement déçus par ses déambulations musicales (par ses compositions, par contre, oui, c’est parfois arrivé, comme sur le très inégal Both sides of the gun), tant il réussit à nous surprendre sans toutefois jamais déborder d’un périmètre ultra-balisé (pour simplifier les musiques roots US « à guitare », saupoudrées aussi d’un soupçon de reggae), sa force résidant dans sa capacité à surprendre d’autant plus quand on s’attend bêtement à le voir revenir en terrain connu. En effet, alors que ce nouvel album, Call it what it is (le titre est-il déjà une clef de la façon dont nous devons l’appréhender ?) marque le retour de son backing band principal, les Innocent Criminals, après une parenthèse bluesy en compagnie de Charlie Musselwhite, ainsi qu’un disque concocté avec sa mère, il ne s’égare pas en truculence mais au contraire resserre ses rangs et ses liens, au profit de chansons majoritairement assez carrées, très personnelles, cousues mains, souvent unilatérales (dans le bon sens du terme), en faisant clairement un disque solo mais avec un groupe, alors que certains de ses albums solos ressemblaient à des disques de groupe mais plutôt abordés en solitaire. Vous suivez ?
Back to business, en tout cas, avec quelques singles indéniables —et imparables— dont une ballade absolument admirable, « Deeper and Deeper », qui n’a rien à envier aux meilleures représentantes de cette catégorie (« Like a king » & co). Ben Harper vient de signer sur le mythique label Stax et ne compte pas honorer son contrat avec n’importe quel album prétexte. Il signe au contraire sa collection de chansons la plus cohérente depuis son tout premier opus (en solo, oublions l’album en duo avec son ami guitariste Tom Freund), le fantastique Welcome to the cruel world. Même que nous aurons la possibilité d’en profiter mais aussi de regoûter à la puissance et à la présence des Innocent Criminals, dès l’automne prochain, un peu partout en France. SL
Ben Harper & The Innocent Criminals, « Call it what it is » (Stax/Caroline, CD ou LP, disponibles)


Batman black & whiteÀ chaque fois qu’un gros blockbuster débarque en salles, les éditeurs en profitent —et ils ont parfaitement raison, surtout lorsque, comme c’est le cas ici, ce sont d’abord les éditeurs qui sont pillés par l’industrie cinématographique. Là, puisqu’on parle de Batman vs Superman, film qui d’ailleurs divise les fans comme jamais, Urban Comics met les bouchées doubles, puisque ce sont deux super-héros incontournables qui sont mis en lumière d’un coup d’un seul, même que bam ! Et ce sont en tout pas moins d’une douzaine d’ouvrages qui sont sortis quasi-simultanément, et du lourd, ma bonne Dame !
Dans la collection « DC classiques », vous avez les deux tomes de Superman Batman (Loeb & McGuiness) avec ce moment clef où la paire de protecteurs de l’humanité se retrouve ennemis publics n°1 (et 1 bis !), bref quand Lex Luthor se retrouve à la Maison Blanche. En « DC Renaissance », quelques chouettes réécritures, que ce soit le Superman Action Comics volume 1 (Pak et Kuder), avec une chasse au monstre orchestré par un Superman accompagné de son amie d’enfance Lana Lang ; le tome 2 de Wonder Woman Déesse de la guerre (Finch & Finch), qui porte juste parfaitement son nom et où notre Princesse des Amazones se découvre une rivale de haute volée ; et aussi et surtout le collectif Superman doomed, absolument superbe et dans lequel on retrouve le destructeur et implacable Doomsday (le moins que l’on puisse dire des personnages de chez DC Comics, c’est qu’ils portent bien leur nom !)…
Mais c’est en collection « DC Deluxe » que les sorties sont les plus nombreuses —et les plus intéressantes. Le top du top, c’est le Batman black & white tome 1, un recueil de nouvelles où l’on retrouve une sacrée brochette de grands auteurs, de Jim Lee à Paul Pope, en passant par Otomo, Liberatore, Corben, Gaiman et Munoz, qui dit mieux ??… Bref, un superbe hommage à ce personnage emblématique et unique, avec deux contraintes : la première de calibrage (7 à 8 pages par histoire maxi) et la seconde l’emploi du noir et blanc. Une expérience démarrée au milieu des années 90 et dont on retrouve ici certaines des plus belles planches. En « DC Deluxe » aussi le Luthor confectionné par Bermejo et Azzarello, moins indispensable mais qui se laisse lire : l’excellent premier tome de Superman Unchained (Jim Lee, Scott Snyder et Dustin Nguyen), disponible en édition couleurs mais aussi en version noir et blanc ; le Batman Dark Knight III de le triplette Miller-Azzarello-Kubert et enfin Les derniers jours de Superman, où l’on retrouve la paire magique Alan Moore-Dave Gibbons (+ Curt Swan) et dans lequel Lois Lane revient sur les derniers instants du héros avant sa disparition, l’occasion pour Moore de s’attaquer à un nouveau mythe, après Batman dans Killing Joke. Last but not least, un chouette roman graphique, C’est un oiseau, vient de paraitre dans la collection « Urban Graphic », par Kristiansen et Seagle T., l’histoire d’un auteur chargé d’imaginer de nouvelles aventures pour Superman, alors qu’il se découvre une maladie génétique grave et pour lui, et pour ses enfants… Passionnant. Pas moins. ML


Bots_couverture_Ducoudray_Baker_AnkamaBots : des boulons et des émoticônes… Le dernier-né d’Aurélien Ducoudray et Steve Baker vient de quitter la chaîne de production.  Il y a quelques semaines dans Brazil 3.0, Aurélien nous faisait l’honneur de répondre à nos questions, en voici une autre : « Papa, comment on fait les B-Bots ? ». Pour le savoir, lisez ce charmant récit futuriste rempli d’hommages à nos robots préférés. Rip-R, War-Hol et Snoop-I zonent dans une décharge, lorsqu’à la suite d’un combat qui tourne mal, War-Hol, robot de combat, donne naissance à un être étrange. Contrairement à son géniteur, la créature n’est pas sortie tout armée. Ce n’est pas une machine d’un genre connu : texture caoutchouteuse, connectique antédiluvienne, vocabulaire non binaire, pas de microprocesseur… Quoi qu’il en soit, il fait maintenant partie de la famille et on le défendra de tous ses câbles ! 
Les robots mènent l’enquête, et pour découvrir les origines de cette curiosité, ils nous amènent à découvrir leur monde.

Étrange univers que celui-là on l’on paie en microsoft-dolls ou en apple-euros. Tout est si familier et en même temps si étrange. Les robots font la loi et se font la guerre sur les vestiges d’une humanité disparue dans les limbes de la cyber-histoire. Près d’un siècle après la pièce R.U.R. de Karel Čapek (la première fois où l’on parle des « robots »), les machines occupent le devant de la scène. Les dialogues bien ficelés vous donnent le sourire, tout est dans le plaisir de l’allusion et du bon mot. Les dessins de Steve Baker, quant à eux, rendent tout ce qu’il faut de fun et de fou à nos joyeuses machines. Vous n’aurez aucun mal à les distinguer les uns des autres en repérant un froncement de sourcil, un regard en coin, une gestuelle qui les rend attachants et crédibles. Nous deux auteurs glissent de nombreuses trouvailles dans ce premier album et les surprises ne sont pas en reste.

Ne contrevenez pas aux lois de la robotique et faites-vous plaisir avec cette mise à jour ! F
Bots, tome 1, scénario d’Aurélien Ducoudray, dessins et couleurs de Steve Baker, Ankama Editions, (10 € jusqu’au 31/12/2016)

L'Icone RougeRetrouvée dans la crypte d’une église allemande par deux soldats russes retranchés, pendant la deuxième guerre mondiale, une icône importante (« Le Berger »), que l’on pensait détruite sous le règne du Tsar Nicolas II, éveille la curiosité de Staline, qui demande alors à l’inspecteur Pekkala de faire le jour sur ce mystère, Pekkala toujours aidé de son fidèle adjoint, le major Kirov.
Sixième enquête de l’Œil d’Émeraude, sous le règne de Staline, celle-ci navigue parmi les Skoptsy, secte secrète issue de l’église provenant de l’Oural, et les flashback avec les Romanov (Pekkala étant alors l’inspecteur personnel du Tsar), ainsi qu’une menace d’arme chimique. Pekkala est toujours ce détective charismatique et attachant, livrant petit à petit ses secrets au fur et à mesure de ses enquêtes. La vie des Romanov y est largement évoquée, leur personnalité, leurs habitudes et leurs lieux de vie, au travers des yeux de Pekkala, qui les a côtoyés de façon privilégiée. A contrario, Staline est surtout vu à travers ses ordres et sa tyrannie. La Russie d’hier et l’URSS de Staline s’y opposent à travers Pekkala à chaque nouvelle enquête. Une enquête bien passionnante, mélangeant suspense, fiction et purs éléments historiques. À découvrir ainsi que les autres volumes de la même série, de préférence dans l’ordre. PJ
L’icône rouge de Sam Eastland (Anne Carrière, 322 pages, 22 euros)

Le fils de SaulQuelle expérience, mais quelle expérience ! Plus qu’une expérience de cinéma, d’ailleurs, une expérience de vie, pas moins… Jamais un film ne nous aura aussi parfaitement plongés dans l’enfer des camps d’extermination nazis. Le fait d’être tout le temps au plus près de Saul, de vivre en temps réel et avec son point de vue subjectif, son quotidien, sa lutte incessante pour survivre, de sentir cette aliénation toujours plus proche, de trembler avec lui quand enterrer décemment ce môme récemment gazé, qu’il présente comme son fils, mais qui ne l’est sans doute pas, devient son unique obsession, un objectif plus fort même que s’échapper de cet enfer et pour lequel il est prêt à prendre tous les risques —ce qu’il fait à plusieurs reprises, d’ailleurs. Le cadre, strict, au plus près du personnage, la folie autour, les corps nus, décharnés, qu’on brûle, empilés… On y parle plusieurs langues mais l’incompréhension est totale et ce sont des gens abasourdis par le chaos ambiant qui sont littéralement enctraînés dans ce qui ressemble plus à un abattoir qu’autre chose. Et cette folle fourmilière des travailleurs qui font les trois huit (plutôt les deux douze en l’occurrence !), pour assurer le plein rendement, travailleurs triés sur le volet mais voués aussi à une mort inéluctable… Plus poignant que toutes les fictions tournées sur le sujet, jamais poseur (l’anti-Liste de Schindler, sur un sujet connexe, d’une certaine manière), plus prenant que tous les documentaires existants car beaucoup plus intrusif, Le fils de Saul est à voir. Pardon, à vivre. Et si vous en ressortez indemne, hé bien, c’est triste pour vous. SL
Le fils de Saul (Ad Vitam, Blu-ray ou DVD, disponibles)


Par Doctor Bloodmoney, Filakter, Pénélope Jolicœur, Marc Lebut, Sam Lowry et Jean-Sébastien Thirion

 


Kankoiça
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