Abonnez-vous !

WELCOME TO GOOFLAND BRAZIL (and Crossroads) 3.0 — Archives — Livres — Uchronia

QUELQUE PART DANS LE TEMPS [DVD-BLU-RAY]

QUELQUE PART DANS LE TEMPS, aujourd’hui dans votre lecteur [DVD-BLU RAY]

Somewhere in time POSTERBeaucoup l’attendaient, mais n’y croyaient plus, leurs prières cinéphagiques venant enfin d’être exaucées (merci Rimini) avec la sortie, dans un nouveau master haute définition, du film rare et culte de Jeannot Szwarc, un réalisateur franco-américain au parcours assez curieux et on ne peut plus inégal, jugez plutôt : Les dents de la mer 2, SuperGirl, les Insectes de feu, ce Somewhere in Time ou encore The Grand Larceny, aux US ; et trois bonnes daubasses en France (La vengeance d’une blonde, Hercule et Sherlock et Les sœurs Soleil !!! Waouh, l’infâme triplette que voilà !… ahah), et tout autour des dizaines de téléfilms et d’épisodes de séries TV (Cold Case, Fringe, Heroes, Smallville, JAG, Kojak, Grey’s anatomy, Castle, etc., etc.), le bonhomme étant toujours en activité, aux dernières nouvelles, à 78 piges passées !…


 

Somewhere in timeÀ l’origine du film, il y a un roman absolument génial de Richard Matheson, il est vrai lui-même quasiment génial d’un bout à l’autre de son imposante bibliographie, y compris et surtout les nouvelles fantastico-horrifiques, où il excellait —et qui ont été la principale influence d’un certain Stephen King, lorsqu’il débuta lui-même par l’écriture de courts récits— même s’il est connu du grand public pour L’homme qui rétrécit ou encore Je suis une légende, oui celui-là même qui engendra trois adaptations cinématographiques (remember Le Survivant avec Charlton Heston ? Ben voilà… Ainsi bien sûr que la version modernisée avec Will Smith)…

Dès la fin des années 50 et l’adaptation assez fidèle de L’homme qui rétrécit par Jack Arnold (en 1957), Matheson travaille pour le cinéma et la télévision. On lui doit notamment plusieurs épisodes de La quatrième dimension, certaines adaptations d’Edgar Allan Poe par/pour Corman (Le Corbeau, La chute de la Maison Usher, L’Empire de la Terreur…), mais aussi par exemple Duel pour Spielberg, The Comedy of Terrors pour Jacques Tourneur, ou encore Les Vierges de Satan de Terence Fisher. À côté de quoi il est aussi régulièrement adapté, avec plus ou moins de bonheur. Il n’apprécie par exemple que très moyennement The Omega Man (Le Survivant), seconde adaptation de Je suis une légende, ou encore Les Seins de Glace par notre Georges Lautner national (et oui !), tant et si bien que lorsqu’on lui propose d’acheter les droits de Somewhere in Time pour le cinéma, il n’impose qu’une seule condition : en assurer lui-même le scénario.

Le jeune homme, la mort et le temps est très clairement son œuvre la plus ouvertement orientée vers une certaine idée du romantisme, désuet mais jamais niais, et Matheson redoute comme la peste qu’on vienne massacrer son « précieux ». Il en résultera un scénario —et un film— bien évidemment complètement fidèle à ses propres aspirations, tout en nuances et, de fait, perpétuellement en plein funambulisme vaporeux, tout particulièrement grâce à la partition assez étonnante de Christopher Reeve, qu’on n’a jamais connu (ni avant ni après, et ne me parlez pas de Superman, merci !) aussi friable et autant à fleur de peau. Le casting est complété de Jane Seymour, totalement hypnotique et d’un Christopher Plummer parfaitement juste, comme dans chacune de ses apparitions. La réalisation de Szwarc, assez effacée, apporte elle aussi un je-ne-sais-quoi de fantastique à ce qui demeure, au final, l’un des plus beaux voyages dans le temps de l’histoire du septième art, un film qui divise mais que ses adorateurs ont carrément hissé au rang de film culte, au point que des pèlerinages sont organisés tous les ans (encore aujourd’hui !) sur le lieu du tournage, resté intact. À (re)découvrir comme il se doit si vous avez le fantastique plutôt fleur bleue. Dans le cas contraire, restez-en à vos bastons de super-héros, ce film n’est pas pour vous !…

Quelque part dans le temps (Rimini Éditions, DVD ou blu-ray, disponibles)


Sam Lowry

 

 


Kankoiça
mars 2016
L Ma Me J V S D
« fév   avr »
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031  
Koiki-ya