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ARNO – La Laiterie, Strasbourg [LIVE REPORT]

Arno set listArno – La Laiterie, Strasbourg – 01/03/2016

De manière assez peu rassurante, ce que je remarquais d’emblée, pendant le concert d’Arno de l’autre soir, sont précisément les petites choses qui m’avaient éloigné de ses tournées : le côté un peu lourd ou le fait qu’il utilise encore les mêmes vannes éculées après tout ce temps (genre « ma grand-mère qui avait des roberts comme des bulldozers »,  « on est moche mais on s’amuse, hein », etc., etc..).

Mais comme, d’un autre côté, son set est drôlement bien fichu (faisant la part belle à son épatant dernier album), le son énorme et sa présence toujours évidente, les quelques défauts récurrents finissent par s’estomper. Et finalement, ce qui retient l’attention, ce sont les titres de Human Incognito, qui offrent de fameux moments : lumineuse version de « Je veux vivre » (avec les types un peu bruyants dans un coin de la salle que l’on n’entend subitement plus après «J’aimerais vivre dans un monde où les cons ne font pas de bruit » et juste avant qu’Arno ne conclut le titre d’un «Peace» lâché dans une dernière respiration), un saisissant « Like A Goose » («I confess I’m a mess») et un très attendu « Old Motherfucker » (classique instantané du Belge)…

arnoEt quand il se sent d’humeur nostalgique, c’est pour reprendre « Death Of A Clown » des Kinks, ce qui est plutôt une chouette manière d’être dans le passé. Mais Arno, sans doute plus fin qu’il n’est disposé à le laisser paraître, sait aussi comment recycler ses vieux titres à lui et —peut-être— livrer en contrebande son commentaire sur notre époque si formidable. Ainsi, de « Vive ma Liberté » en version ska dub (insouciante comme un verre à la terrasse d’un café) à une brutale version de « Meet The Freaks » (violente comme une irruption de types armés dans une fête), suivie d’une interprétation redevenue poignante des « Yeux de ma mère » (comme si, dans ces moment-là, il n’y avait pas vraiment d’autres endroits où se réfugier) et avant de lancer un ironique « Putain, Putain » (aux Européens et à tous ceux qui n’ont pas d’autres choix que de venir squatter nos frontières), tout rappelle les contours en  montagnes russes de l’actualité récente.

Bien sûr, ce n’était qu’une série de chansons mises bout à bout, mais les ruptures, le son, l’énergie trouble, l’interprétation même, ne racontaient pas si mal le bazar de ces temps modernes. Du coup, après tout ça, on ne rechignait plus trop à aller s’amuser un peu avec les filles du bord de mer… Donc, bravo Arno, le seul chanteur de charme que je connaisse qui, plus tout à fait sûr du bon fonctionnement de son micro, plutôt que d’y tester un « un-deux » ou « one-two-check », préfère s’essayer à un « Allo ? Pizza !? Uhh!!… ».

 


Dom Heckmann / Photo Arno © Eddy Brière


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