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Glop / Pas glop [CRITIQUES CINÉ FÉVRIER]

GLOP / PAS GLOP CINÉ

Chaque semaine, une petite doublette de critiques ciné à haute teneur brazilienne, glop ou pas glop… Enjoy !

 

LE 10 FÉVRIER EN SALLES

DeadpoolDeadpool — « Encore ! »

Réjouissant et jouissif, avec ses gags inattendus, ses punchlines qui tuent et ses changements de rythme et de ton ébouriffants, Deadpool dynamite le film de super héros d’une manière pop et insolente qui nous donne simplement envie de dire, à la fin du générique : « Encore ! ». Comme un coup de grand huit trépidant et hilarant, le film est une pure partie de plaisir, un manège cinématographique étourdissant bourré de références et de clins d’œil à la pop culture de ces trente dernières années. Le génie du film se cache quelque part entre son côté blockbuster assumé et son écriture affûtée façon stand up, partant parfois dans des digressions improbables qui nous décrochent encore plus la mâchoire que les beaux uppercuts délivrés par le héros tout vrillé et complètement attachant du film. « Encore ! »

La Tour 2 Contrôle Infernale — « Un scénario écrit à l’intestin »

Pourquoi ? Mais pourquoi ? Pourquoi est-il aussi mauvais ? Pourquoi un titre aussi laid, écrit comme 1 pauvre SMS à 2 balles ? Pourquoi une suite 15 ans après un premier opus irrésistible et crétin qui fit la gloire des deux loustics Eric & Ramzy ? Pourquoi un tel ratage ? Sont-ils allés droit dans le mur du con, à trop vouloir jouer de surenchère dans l’humour debilus profundis ? Oui, sans doute. Mais ça, c’est pardonnable. Ce qui l’est moins, c’est la lourdeur de la réalisation, qui se veut « à l’américaine » et lorgne plutôt du côté d’AB Productions. C’est le scénario, écrit à l’intestin, et encore, le grêle. C’est la direction d’acteurs, qui jouent tous très mal (Marina Foïs est encore pire que son brushing, c’est dire.), sauf peut-être ce bon Philippe Katerine, qui fait bien le méchant. Comme moi, oui, peut-être, mais soyons francs : je suis tout déçu. Retournez faire des pubs EDF les mecs.

Deadpool (glop !), La tour 2 contrôle infernale (pas glop !!), sorties salles le 10 février

LE 17 FÉVRIER EN SALLES

A peine j'ouvre les yeuxÀ peine j’ouvre les yeux – « Tunisie is not dead ! Rock neither ! »

En voulant raconter la soif de liberté d’une jeune chanteuse d’un groupe de rock punk tunisien dans les derniers mois de l’ère Ben Ali, et la peur diffuse qui hantait le pays durant cette période, la réalisatrice tunisienne Leyla Bouzid signe un film utile au propos et à la bande son électrisants, ses voiles gonflées par un puissant souffle de liberté et de révolte que rien de semble pouvoir arrêter. Tout charme dans cette perle cinématographique de la Tunisie post-révolution : le propos, la musique, la jeune actrice et chanteuse Baya Medhaffar, magnifique, l’espoir du peuple tunisien et l’amour tout à la fois rageur et mélancolique de la cinéaste pour son pays. La liberté passe par le rock !

Amis Publics – « Comédon cinématographique »

Kev Adams, outre un pseudo de scène définitivement ringard (qui, aujourd’hui, penserait à américaniser son nom pour faire plus cool, non mais franchement), a toutes les qualités d’acteur de la génération 2.0 dont il est l’idole : 2.0 comme son jeu d’acteur binaire, composé de deux attitudes seulement, l’air étonné et/ou l’air touché/concerné. Avec ça et la chevelure qui pétarade toujours autant, le gars se taille une carrière sur mesure, dans laquelle le succès se mélange à la médiocrité. Véritable comédon cinématographique, Amis Publics est un feel good movie navrant et raté pour pré-ados biberonnés au buzz et aux réseaux sociaux. Quant au réalisateur Edouard Pluvieux, ce n’est pas avec ça qu’il va améliorer la météo dégueulasse qui obscurcit le ciel de la comédie française depuis des années.

À peine j’ouvre les yeux (glop !), Amis publics (pas glop !!), sorties salles le 17 février

LE 24 FÉVRIER EN SALLES

SpotlightSpotlight – « Au nom de ma paire »

Le réalisateur américain Tom McCarthy s’inscrit dans la grande tradition des « films de journalistes », dont le glorieux porte-étendard restera à jamais Les Hommes du Président, d’Alan J. Pakula, sur l’affaire du Watergate, avec Robert Redford et Dustin Hoffman en journalistes passionnés et passionnants. Quarante ans plus tard, Spotlight raconte avec le même brio, la même sobriété et une précision implacable comment, à nouveau, la ténacité de quelques journalistes a fini par révéler cette fois-ci non plus un scandale d’État, mais un scandale d’Église. Sans jamais tomber dans le voyeurisme, McCarthy décortique cette enquête minutieuse qui permit de révéler les abus pédophiles de centaines de prêtres du diocèse de Boston. Un sujet fort et dérangeant, abordé avec intelligence et humilité par un casting impeccable.

Pattaya – « Le cinéma classe turista »

Quand une comédie française rencontre un franc succès populaire, ni une ni deux, comme on n’a pas beaucoup d’idées mais qu’on aime l’argent facile, on fait des suites. Gageons ainsi que la petite Bélier qui chantait Sardou sera prochainement de retour dans la ferme familiale. On parie ? Ça donne ainsi les navrants Les Tuche 2, Baby Sitting 2, le re-Tour raté d’Eric et Ramzy, l’inquiétante annonce de la sortie prochaine de Qu’est ce qu’on a encore fait au Bon Dieu 2 ou bien celle cette semaine de Pattaya, qui reprend les ficelles du sympathique film banlieusard Les Kaïra, pour les assaisonner sauce débile et Thaï. Avec un scénario nanardesque à souhait et des seconds rôles surprenants, dont Gad Elmaleh méconnaissable, on pouvait espérer quelque chose de savoureux et d’épicé, mais non, à la place, on a plutôt le droit à une sorte de turista cinématographique.

Spotlight (glop !), Pattaya (pas glop !!), sorties salles le 24 février


Thomas Lecuyer


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