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CHRONIQUES FÉVRIER [CD/DVD/BD/CINÉ…)

CHRONIQUES FÉVRIER [CD/DVD/BD…)

Le mois le plus court de l’année ne sera pas forcément le plus pauvre en bonnes lectures, écoutes, projections… Notre sélection, mise à jour quasi-quotidiennement, c’est par là que ça se passe…

 

Phallaina ou l’avènement de la bande défilée 

PHALLAINA
Avec Phallaina, Marietta Ren  vient de nous offrir un récit poétique dans un format technologique. D’abord présenté au Festival d’Angoulême, du 28 au 31 janvier 2016, au moyen d’une fresque le long des allées, il se décline aussi et surtout en application pour smartphone et tablette. Co-produit par Scroll Bang et France TV, ce procédé innovant nous permet de dérouler la narration sous la forme d’un long panorama en noir et blanc.
Grâce au scroll horizontal, faites défiler l’histoire d’Audrey, une traductrice victime d’hallucinations, dans laquelle elle voit de grands cétacés.  Des compétences multiples se sont conjuguées avec talent : image, musique, électronique… Marietta Ren parvient ainsi à bâtir une mythologie moderne. Une façon de réunir la terre et la mer, l’antique et l’actuel. Une BD qui s’écoute, un film qui se lit, une hsitoire qui se manipule… à vous de voir. Alors, prêts pour un nouveau stade de l’évolution ? F.

 

EnragésLe cinéma de genre made in chez nous est trop rare pour ne pas passer à côté d’un de ses représentants —et le défendre comme il se doit—, même si ici, comme souvent, il n’est pas exempt de défauts, loin de là. Déjà, s’attaquer à un remake du rare Rabid Dogs de Mario Bava (connu aussi sous le nom de Kidnapped, aux US, et dont Arrow a sorti une chouette version, en Angleterre) était un poil osé. Par contre, situer l’action au Canada pour nous faire perdre nos repères est une bonne idée, ça nous change des courses-poursuites à la con sur le périphérique !… Bonne idée peut-être d’ailleurs pas assez exploitée à l’image, puisqu’on se retrouve assez rapidement en décors « naturels »… Là-desssus, les premiers plans sont prometteurs, très léchés (trop ?) bien que manquant un peu de grain… Le casting est plutôt à la hauteur des ambitions du réalisateur et des scénaristes : Laurent Lucas, trop peu présent à l’écran, impressionne, comme toujours ; Franck Gastambide, à contre-emploi, prouve que c’est une bonne chose —que de l’employer à rebrousse-jeu ; Guillaume Gouix est juste parfait —mais il demeure l’un des acteurs les plus prometteurs de sa génération, reste à savoir quand nos amis qui tiennent la/les bourse(s) du ciné gaulois s’en rendront compte. N’oublions pas Lambert Wilson, qui cabotine comme à son habitude en jouant à ne pas trop avoir l’air de et… mais on a toujours eu un problème avec Lambert Wilson à Brazil, et ce n’est pas sa prestation ici qui va nous réconcilier avec le bonhomme !!… Enfin, Virginie Ledoyen s’en tire comme elle peut (moyennement bien donc) avec un personnage d’une platitude assez désolante et qui aurait mérité une vraie « écriture »… Sur ce, le véritable problème du film —qui est un mélange de casse foireux/traque/kidnapping est de ne jamais décoller, de rester dans une espèce de zone d’entre-deux. D’avoir quelques jolies montées de tension, mais rapidement gâchées par une mise en scène bancale dès que le métrage prend de la vitesse. Et aussi de nous enfumer avec des dialogues assez pauvres et dans ce genre de configuration scénaristique, les dialogues peuvent TOUT changer (voir The Hit, par exemple). Du coup, l’on reste toujours un peu coincé en deuxième division, et même plutôt en seconde partie de tableau de ladite division, alors qu’on aurait vraiment adoré que le film se hisse au rang des grandes déglingueries, chose que son titre pouvait laisser espérer d’ailleurs. En vain. Sympa, sans plus, quoi. SL

Enragés (Wild Side, DVD ou blu-ray, disponibles)


 

3D-HappyB-combo3D-Spirit-combo 3D-PassFr-comboOn ne présente plus le réalisateur anglais David Lean (1908-1981), auteur de quelques morceaux de bravoure du septième art. Citons pêle-mêle : Le Pont de la rivière Kwai (1957), Lawrence d’Arabie (1962), Le Docteur Jivago (1965) ou encore La route des Indes (1984)… De quoi mettre quelques brouzoufs dans les chouquettes, et se construire un ego typiquement so british. Mais avant de concocter quelques grosses cylindrées rentrées dans le panthéon cinématographique, l’homme s’était fait la main en bobinant de plus modestes contributions.

Embauché très jeune dans un studio, il montera les échelons un à un, apprenant tous les métiers (à l’instar d’un Robert Wise chez RKO). Son passage le plus important, avant de céder aux sirènes de la réalisation, seront ses années de monteur pour l’illustre Michael Powell, qui lui établiront une notoriété certaine dans le microcosme du cinéma anglais. Ensuite, il se jettera à l’eau en 1942 pour son premier film (Ceux qui servent en mer), en collaboration avec le dramaturge Noël Coward. Dans ce film, jouait un autre complice des premières années londoniennes, Richard Attemborrough, futur réalisateur d’un mythique Gandhi (projet abandonné sur la route des Indes par David Lean).

Heureux Mortels, son second film, toujours tiré d’une pièce de théâtre de Coward, raconte trente années de vie d’une famille modeste vivant sur Londres. Issu lui-même des quartiers populaires, il filme ce foyer avec justesse et bonhomie, sans artifice de réalisation. Profondément humain, on se laisse guider par ce film choral de l’entre-deux guerres qui prend bien soin toutefois d’éviter l’écueil difficile de la vie politique.

L’esprit s’amuse, toujours adapté d’une pièce de Coward, tire plus difficilement son épingle du jeu car le huis clos théâtral sied plus difficilement au genre cinématographique. Cela reste une comédie typique des années 40, pansement de fortune de la seconde guerre mondiale.

Enfin, Les amants passionnés, tiré d’une nouvelle invisible de HG Wells, scénarisé par Eric Ambler, parle d’un triangle amoureux (bah oui, c’est sympa la vie en trouple), un thème de prédilection pour cet anglais sacré détrousseur de jupons (marié six fois !). Ceci dit, pas toujours facile de filmer son actrice sans lui donner quelques cours de diction. David Lean différencie bien la passion et le dépit amoureux dans cet Amants passionnés, excellemment interprété par le trio AnnTodd/Claude Rains/Trevor Howard.

Trois films d’apprentissage qui méritent le coup d ‘œil et qui, surtout, permettent de remettre en vedette la fameuse phrase de Truffaut : « On peut se demander s’il n’y a pas incompatibilité entre le mot cinéma et le mot Angleterre ». Ai-je le droit de dire «t’avais tout faux Truffaut» sans me prendre un cageot de tomates des ayatollahs du cinéma ? Ceci dit, je suis assez inconditionnel du cinéma de la perfide Albion. Dont acte. JST

Heureux Mortels (1944), L’esprit s’amuse (1945) et Les amants passionnés (1948), disponibles le 1er mars, dans la collection Masterclass d’Elephant Films. 


Arrogants

Évidemment, avec un nom de label pareil, il serait dommage de ne pas ressortir tous vos vieux Inmates de l’armoire pour se refaire une écoute intégrale à fond les balloches dans votre salon, parce que « Dirty Water » hurlé par ce bon vieux Bill Hurley c’est quand même sacrément jouissif. Ceci dit, The Arrogants, un groupe de jeunes jouvenceaux en rut venant de Lille, lorgne encore plus loin dans les références puisque c’est un retour express dans les années 60 qu’ils nous proposent avec ce premier album No Time to Wait.

Vous avez bien lu, au passage : il s’agit bien de cinq petits gars venant du nord, qui nous font un hommage à toute une ribambelle de groupes aux doux noms de Them, Yardbirds, Shadows of Knight, ainsi que l’orgue hallucinatoire de Question Mark qui aurait troqué ses tapas pour une bonne gueuse. Mais la référence absolue qui a frappé mes poils d’oreille est la scène d’anthologie du film de Lautner Ne nous fâchons pas liée au morceau « Rosbif Attack ». Ces Lillois ont dû subir une faille temporelle subite…

Onze titres, trente minutes de plaisir, un bain de jouvence que ce retour vers le passé des sixties, ce son garage qui remet la banane, ces guitares compulsives, et ce son de micro que l’on n’entend plus de nos jours. J’aime ce retour vers un certain artisanat du rock’n roll, pas d’artifices, pas trop de production, juste un échauffement de cordes, un picon et deux minutes trente de rock par titre. Du coup, ça m’a fait ressortir ce vieil album Enjoy the Creeps, du nom de ce groupe suédois des années 80 qui surfait sur la même vague rock juvénile.

Pour la peine, je vais applaudir de mes deux moignons, Thomas Babczynki, Emilian Mierzejewski, Louis Szymanowski (avec des noms pareils, ça aurait donné un sacré trio de figurines Panini des années 70/80 pour le LOSC ou le RC Lens !) ainsi que Martin Tournemire et Hugo El Hadeuf. Bravo les gars, en espérant que notre pays de « rockers » vous donne autant de bonnes ondes que les Anglais (ou les Anglaises plutôt) qui sont tombés sous le charme de votre énergie. JST

The Arrogants, « No Time to Wait » (Dirty Water records, CD disponible)


all thingsLoin des chariots automates d’Amazon et des avenues désertes de la FnacAll Things Must Pass nous replonge dans cette époque où acheter un disque (surtout vinyle) était un plaisir divin. Créé par Russ Solomon en 1960 à Sacramento, Tower Records est devenu une espèce de dinosaure tentaculaire dans le monde et s’est effondré quarante ans après, tel un Godzilla grillé par les lignes d’internet. J’ai eu la chance de découvrir celui de Sunset Boulevard en 1973, avec mon petit seize ans dans la cabeza, je n’oublierai jamais ce vertige devant autant de palettes de vinyles. Le Russ avait compris le truc : « Vous leur mettez un million de skeuds et ils deviennent des morfales Zombies de la galette sacrée ».
Le monstre Tower Records donna vie aussi à des centaines de petits disquaires qui revendaient leurs disques d’occase, en particulier sur la fameuse Melrose Avenue de Los Angeles. Au fil des ans j’étais devenu accro et le Russ de plus en plus riche. Il a beau raconter son histoire devant la caméra du réalisateur Colin Hanks, toute sa famille d’employés à ressortir du congélos leurs blagues, moi il m’a laissé sur ma faim. Comment ce truc a pu s’évaporer ? Je me revois faire mon aller-retour journalier à chercher ma pitance au « Tower Machin » et me sentir un peu seul dans les allées. Un jour, tu vois deux trois gonzesses, un mec qui ressemble à Slash (c’était lui !) qui font un show case avec trois badauds. Là, tu te dis que ça sent le sapin.
Bon, il n’y pas que le méchant MP3 qui se préparait à les trucider, il y avait cette maladie du CD qui avait décimé ce bon vinyle bio depuis un moment. Le truc imparable, c’est la concurrence venue from the Other World, INTERNET, qui, en quelques années, mit tout ce beau monde dans un naufrage, ensuite un tsunami, qui emporta tous les gros disquaires de la planète par le fond. Aussi, ce documentaire fait parfois de la peine, parfois on s’en fout, peut-être l’avaient-ils bien mérité ? Hé bien non !  Tower Records avait vécu avec son temps, il avait juste voulu nous enivrer de musiques et faire du gros fric avec nos sentiments. Points culminants du doc, les apparitions du Boss (Bruce pour les intimes) qui nous raconte avec une tête démontée sa tristesse d’avoir perdu son magasin de disques préféré. Ouaip, « All Things Must Pass », mon pote, mais pas nos souvenirs. DA
All things must pass : the rise and fall of Tower records, disponible en VOD

One-punch man
À l’origine, One punch Man était un Webcomic scénarisé et dessiné par ONE. Un webcomic qui a connu un beau et immédiat succès, au point de devenir en peu de temps un incontournable chez les manga addicts et de nous revenir aujourd’hui  en version papier, dessiné par Yūsuke Murata.  Dans un monde peuplé de monstres et de créatures cherchant ni plus ni moins (plutôt plus que moins même) à s’approprier la planète Terre, Saitama, un chômeur en quête de Graal (d’un boulot, quoi !) décide de devenir super-héros. Ouais, carrément, bam.
Sa soif de justice est telle qu’on le retrouve à s’entraîner comme un forcené, sans relâche et même pendant trois années consécutives, à raison de 100 pompes, 100 tractions, 100 squats et 10 km de footing chaque jour !… Qui dit mieux ? Tout ceci avec comme objectif principal de devenir ultra-giga-mégasurpuissant. Toujours pas moins ! Ainsi, notre homme-pas-encore-surhomme-mais-pas-loin-non-plus s’entraîne jusqu’à pouvoir terrasser ses adversaires les plus puissants en un seul coup, tout en résistant à n’importe quelle attaque. Vous avez bien lu : une droite et paf, il n’y a plus personne en face ! Après quoi il croise la route de Genos, un cyborg qu’il prend pour apprenti et dont les objectifs sont les mêmes que les siens : acquérir une force identique et ainsi faire régner la justice. Et le bien-nommé One punch man de poser ces deux questions : Saitama rencontrera-t-il un adversaire équitable et Genos finira-t-il par surpasser son maître ? KL
 One punch Man vol. 1 (Kurokawa, disponible, 192 pages, 6,80 euros)

jean leloupSuivre la carrière discographique de Jean Leloup, alias Jean Leclerc alias Massoud Al Rachid alias Roi Ponpon alias Bob Dylan dans Pat Garrett, relève de l’impossible.  Surtout chez nous en France, peu habitués à entendre poindre du rock québecois, oui curieusement nous sommes gavés de chanteurs à hémorroïdes à la «riné» mais totalement sevrés de rock’n roll caribous.
Jean Leloup étant le plus atypique de cette catégorie, totalement incontrôlable, assurément déjanté et certainement trop libre dans sa tête (même s’il doit y régner un certain capharnaüm), il n’y a aucune chance que l’on puisse suivre ses pérégrinations musicales.
Pourtant rappelez-vous, il y a une vingtaine d’années son album L’amour est une sale affaire et le hit « 1990 » l’avait propulsé en haut de l’affiche !!! Une place dont il ne voulait pas et qu’il n’a pas revendiquée.
Résultat, une dizaine d’albums plus tard (d’excellentes factures en import), l’homme continue son petit bonhomme de chemin semant albums, livres, courts métrages sur son chemin de petit poucet torturé.
Et une nouvelle fois le résultat est appréciable, les mélodies sont ciselées, les textes incisifs découpent, l’amour toujours aussi désenchanté, la société plutôt inintéressante mais l’espoir toujours présent derrière la noirceur de l’âme du Québecois, éternel optimiste devant l’indéfendable.
Mais plutôt que d’essayer de vous convaincre par des mots inutiles, allez donc sur le site officiel du Québecois fou et regardez-vous le clip « Les Flamants Roses »… Enjoy !! JST
Jean Leloup, « A Paradis City » (mis, disponible en CD)


dominic sonic
Autre retour d’un autre enfant prodige du rock’n roll, le plus stoogien des Français, le plus bowesque des Dominic, avec des merveilles de guitares qui saturent vers les nuages du paradis acoustique. Dès les premiers accords, nous tombons d’accord, Sonic is back, Sonic is magic, Terrific Sonic est de retour ! Pas de « Miracles » nos « Tears run cold » pour ce rocker-folk-punk qui aura réussi l’exploit suprême d’être quasiment inconnu, alors qu’il a enregistré quelques albums inoubliables (et malheureusement oubliés). La dure vie du rocker français lui fait prendre des chemins de traverse qui sont quand même sacrément injustes. Enfin, surtout les vraiment bons… Les autres s’en tirent un peu mieux. Heureusement, Dominic Sonic, lui, a un « Gun Called Justice » qui nous permet de nous délecter de ce Vanités 6 avec un bonheur non feint que l’on aimerait partager avec un plus grand nombre d’entre nous, d’entre vous, voire d’entre (d)eux !!!!
Et puis, ça vous exhumera de votre discothèque vos Jad Wio ou vos Stiv Bators, pour un vrai retour du passé vers le futur. Rock’n roll is not dead et ne deadera jamais… Merci Dominic. JST
Dominic Sonic, «Vanités #6» (H.Y.P., disponible en CD)

LoveForcément, nous autres braziliens avons toujours aimé et défendu Gaspar Noé. Le bonhomme met suffisamment de coups de savate dans la fourmilière sclérosée du ciné gaulois pour mériter, a minima, ce respect. Ceci étant, on ne se prosterne pas non plus devant ses métrages qui, d’ailleurs, ne sont pas exempts de défauts, loin s’en faut. Car si le Gaspar est volontiers provocateur mais aussi défricheur, ce dont on ne le remerciera jamais assez (dont acte ici encore), il a malheureusement la vilaine habitude d’accumuler les postures et de penser au contenant de ses films, à leur « emballage », plus qu’à leur contenu.
De fait, progressivement (ou peut-être que c’est notre ressenti qui est progressif et que ça a toujours été le cas ?), on remarque comme une recherche d’hypnotisme dans son travail, peut-être pour camoufler, inconsciemment, des scénarios de plus en plus légers, pour ne pas dire transparents. Ici, on atteint d’ailleurs une espèce de summum du genre et ce n’est pas le découpage non chronologique qui rend Love plus intéressant, au contraire. En fait, les différents personnages ont si peu de profondeur —alors que paradoxalement on les montre dans des scènes difficilement plus intimes— qu’on s’emmerde royalement dès les premiers instants.
Alors oui, les scènes de sexe sont jolies tout plein, pas spécialement chorégraphiées (elles n’en donnent pas l’impression en tout cas), mais parfaitement découpées et mises en scène. Mais franchement, même si on est à l’opposé du porno hardcore et son côté jeux olympiques du cul, cela reste tout autant dénué du moindre intérêt (et la 3D n’apporte strictement rien). Je ne sais pas vous, mais le sexe, c’est un peu comme le sport, la cuisine et tout le reste, c’est tout de même autrement plus intéressant (et enrichissant) de les expérimenter, que de regarder ça dans son canapé. C’est donc avec un ennui poli que l’on a regardé Love, le même ennui poli qui nous avait submergé dès la première demi-heure d’Into the Void, en fait. Gaspar, on t’aime bien, mais fais-nous un film, avec de vrais morceaux de personnages dedans et peut-être aussi une histoire qui dépasse les deux lignes et demi. Là, tu dis avoir voulu reproduire au mieux la passion amoureuse d’un couple dans tous ses excès. OK, on sent que tu as respecté ce postulat, mais cette passion, désolé, n’est pas bien passionnante !… DW
Love (Wild Side, disponible en DVD et blu-ray 3D + blu-ray)

GraalVous le savez bien —ou vous vous en doutez, si vous êtes « nouveau » par ici—, nous vouons à Sacré Graal le sacre qu’il mérite (oui, facile, bon). Pas moins. C’est à dire qu’à chaque nouvelle édition —tous les 5 ans minimum, on parle aujourd’hui de l’édition du 40ème anniversaire ! Vivement le 50ème d’ailleurs !!—, on vous en tartine et retartine encore et toujours. On n’a plus rien à dire depuis longtemps (vous souvenez-vous du chouette bouquin de 80 pages signé du Goof pour la double édition DVD collector du début des années 2000 ?), mais ça n’est pas grave. Sacré Graal reste l’un des films les plus drôles qui soient, même que, des comme ça, non seulement on n’en fait plus, mais on n’en fera sans doute plus jamais (d’ailleurs, on n’en a plus fait par la suite, et même La vie de Brian ne lui arrive pas en bas de la cheville !).
Aujourd’hui, tout est calibré, plus rien n’est irrévérencieux (et les Monty Python étaient aussi irrévérencieux par rapport au monde du cinéma lui-même, en ne respectant aucun de ses codes et, au contraire, en les détournant, en s’en amusant même —et en nous faisant rire, par la même occasion et par la force des choses).
Quoi de neuf dans cette édition ? Et bien essentiellement une session inédite d’une demi-heure, filmée au Tribeca Festival l’année dernière, en présence de quatre Python sur cinq… C’est peu mais c’est déjà beaucoup !!… Mais que cela ne cache pas l’accumulation de bonus indispensables comme les animations perdues mais retrouvées de Terry Gilliam, qu’il introduit lui-même, le fameux-fumeux « que faire de vos noix de coco » (forcément un film éducatif) ou encore de scènes en version longue introduites par Terry Jones, du bêtisier, etc. À noter, pour les plus secoués d’entre vous, l’existence d’une édition très limitée avec château fort et catapulte (!!). Et pour finir, je ne dirais qu’une chose : Ni ! Ni ni ni ! Ni ni ni ni ni ni… (etc.) SL
Monty Python Sacré Graal (Sony, DVD ou Blu-ray 40ème anniversaire, disponible)

Very ClassicsQuand vous avez la chance, comme Sony (et d’autres) d’avoir un putain de catalogue bourré de classiques du septième art, reconnus comme tels, ce catalogue, il faut le faire vivre et prospérer, il faut continuer d’alimenter le « marché » avec de nouvelles éditions, de belles restaurations ou, mieux, comme ici, des collections à part qui apportent un plus qualitatif (beaux masters blu-ray) et quantitatif (les textes du digibook). C’est le cas de « Very Classics », une collection riche de sept titres (pour l’instant) et qui propose donc de belles éditions en blu-ray digibook collector, pour mieux profiter de ces films qui, tous, ont traversé les âges et les modes pour s’inscrire durablement dans notre mémoire cinéphilique collective.
Une première salve est parue fin 2015 avec, excusez du peu : Major Dundee, pas le western (période guerre de sécession) le plus connu de Peckinpah, mais assurément une autre de ses œuvres maîtresses et bien évidemment sans concession (par ailleurs d’une beauté incroyable, bien mise en exergue par un master HD impeccable) ; Lawrence d’Arabie, la saga incontournable de David Lean, dans sa version restaurée 4K qui tue des ours ; Gandhi d’Attenborough, avec l’incroyable Ben Kingsley dans le rôle-titre ; Les Canons de Navarone, classique film de guerre de JL Thompson avec un casting trois étoiles (Gregory Peck, Anthony Quinn et David Niven !) ; Le pont de la Rivière Kwai, un autre incontournable du film de guerre qu’on ne présente plus, encore signé David Lean, avec une autre triplette impériale (Guiness/Hayakawa/Holden) ; le mythique (et c’est mérité) Sur les quais où Brando magnifié (comme s’il en avait besoin !) par Kazan ; et enfin, seule œuvre un peu moins connue du grand public, New York-Miami de Capra, ressorti en salles l’année dernière, et qui est aussi le plus ancien du lot (1934), un petit bijou de comédie américaine récompensé en son temps de nombreux oscars, mais qui, avouons-le, a tout de même pris un sérieux coup de vieux. Pas grave, six bonnes pioches sur sept, le ratio est plus que correct. Vivement la suite !… SL
(Collection Very Classics, blu ray digibook limités, en exclu Fnac, disponibles)

STEVE JOBSUn peu comme Flavie Flament en son temps, Steve Jobs a donné du bonheur. Un bonheur compris entre 50 et 3500 euros. Oui, Steve Jobs donnait du bonheur à chacune de ses apparitions. A l’occasion de la présentation d’un nouvel appareil, l’homme orchestrait en public des cérémonies grandioses, des messes célébrées aux petits oignons. —Ceci est une révolution !— Amen.

Dès sa création, la marque Apple a enfanté des communautés d’aficionados ; les clans séduits par l’intelligence des produits et les clans hypnotisés par l’esthétique des machines. Steve Jobs soignait une qualité rare que l’on appelle dans les écoles de commerce « avant-gardisme ».

Le documentaire d’Alex Gibney montre à quel point Steve Jobs était un génie. Un génie déshumanisé, impitoyable avec ses collaborateurs mais quand même capable de rassembler sous sa coupe les meilleurs ingénieurs de la Silicon Valley, sbires soumis aux pires caprices du boss car Steve Jobs, rappelons-le, était le grand manitou, le dictateur en chef.
Jobs était un homme complexe qui ne pensait pas systématiquement à la rentabilité de son entreprise. Il se plaisait à penser le futur, quitte à prendre les plus grands risques. Un temps, il fut considéré comme un paria dans sa propre entreprise. Avant d’atteindre le nirvana, il faut goûter à l’enfer, c’est bien connu.
Le film de Danny Boyle Steve Jobs et le documentaire The Man in the Machine ne sont pas tendres avec l’homme. Steve Jobs a fait payer la note d’une enfance difficile à ses proches, femmes et enfants compris. Il était un homme à part. Un messie libéral en état d’extase. Le pire philanthrope de la planète. En réalité, Steve Jobs n’a jamais donné de bonheur, il en a vendu à la pelle.
Le Mac Book Air vous irradie de sa beauté. Il réchauffe votre cœur, stimule votre cerveau et flatte votre esprit. Voilà. Maintenant, vous sortez votre chèque, ou sortez plutôt votre carte bleue on ne sait jamais. Les espèces sont acceptées.
Famille, enfants, clients, avec Jobs, il y a toujours un prix à payer. Sans jeux de mots.
Un documentaire certifié « haute qualité » qui dévoile l’homme, les coulisses et la maladie. Les histoires finissent mal en général. CJ
Steve Jobs, the man in the machine (Universal, DVD et blu-ray, disponibles) 


En vrac [DVD]

Green InfernoDans Chronic, présenté partout comme un film fort, sensible et bouleversant (c’est même écrit sur le petit papelard envoyé par l’éditeur, c’est dire si ça doit être vachement vrai), Tim Roth (nous, on l’aime bien Tim, même qu’on s’est tenté Chronic rien que pour lui) joue un aide soignant s’occupant de malades en phase terminale… Là-dessus, au-delà de la franche rigolade que vous imaginez, le film est fort, sensible et bouleversant, peut-être, difficile à dire, je n’ai pas tenu plus de dix-huit minutes de plans fixes aux secondes interminables, finalement assez voyeuristes sans en avoir l’air et qui vont chercher, sans aucune finesse, à nous hisser les poils des bras (voire à nous tirer des larmes, peut-être, pour les moins forts, mais plus sensibles et bouleversés). Désolé, Tim, on voulait bien faire et tu voulais toi-même sans doute bien faire, mais… Next !
Nettement plus basique —c’est le moins qu’on puisse dire—, The Green Inferno du jovial Eli Roth (rien à voir avec Tim, hein), à qui l’on doit déjà les rigolards Hostel et Cabin Fever, nous renvoie aux meilleurs métrages cannibalo-gorissimes des années 70-80. C’est donc joyeusement craspec et les passages les plus saignants amuseront sans doute ceux qui n’ont jamais vu Cannibal Holocaust et consorts qui, en ne jouant pas du tout la carte des teen movies, ce qui est le cas de The Green Inferno (les premières minutes sont assez éprouvantes de crétinerie !). Les autres s’ennuieront poliment devant un film convenu aux renversements tout aussi prévisibles et tout aussi peu crédibles. Next !
On passe carrément au portnawak généralisé avec Sharknado 3, car ouais, non seulement ils avaient osé le film à base de tornade de requins (!!!), mais en plus ils ont osé déjà deux suites. Chose amusante (ou pas), chaque suite est pire que le film précédent, ce qui est d’une certaine manière une sorte d’exploit tant on pensait avoir toucher le fond du fond du double fond avec Sharknado 2. Mais non, ici, sans aucun complexe, les mêmes zozos remettent le couvert : effets spéciaux foireux au possible, scénario débile, personnages imbitables, montage pourrave, image dégueulasse, acteurs pas même dignes du pire des feuilletons brésiliens, rien n’est à sauver et même si l’on se dit, en enclenchant la rondelle qu’un petit nanar ne peut pas faire de mal, celui-ci est tellement mauvais qu’il devient alors quasi-héroîque d’aller jusqu’au bout. Ce que d’ailleurs nous autres Braziliens n’avons pas réussi !… DW
Chronic (Wild Side, DVD, disponible), The Green Inferno (Wild Side, disponible en blu-ray ou DVD), Sharknado 3 (Free Dolphin, disponible en blu-ray ou DVD)

Par Daniel Abecassis, Filakter, Cédric Janet, Kindred Lowry, Sam Lowry, Jean-Sébastien Thirion et Daniel Westin


Kankoiça
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