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Le cas ERIC LIBERGE [BD/ITW]

Le cas Eric Liberge

Depuis plusieurs années Eric Liberge nous enchante et nous surprend avec des univers bien à lui. Le cas Alan Turing vient de sortir et confirme le talent hors normes de cet artiste. Revenons ensemble sur travail foisonnant et diversifié.

 

Comme un air de carnaval…

  • Votre talent s’est révélé au grand public avec Monsieur Mardi-Gras Descendres (1998 Pointe noire/Dupuis) pour lesquels vous annoncez une réédition dans un autre format. Voulez-vous nous en dire un mot ?

Dupuis, chez qui Mardi-Gras est publié depuis 2005, va ressortir les quatre premiers albums en intégrale, en même temps que le nouvel album,  »Le facteur cratophane », qui sort le 04 mars prochain, en 2016. Cela me convient car je préfère les gros livres, d’un seul tenant. Nous bouclons actuellement ces deux ouvrages, qui seront en outre agrémentés d’une longue interview partagée en 2 parties sur les deux albums, réalisée par un ami, et illustrée d’images inédites que j’ai fait en très grand format (100 x 70 cm) voici 1 an, autour de l’univers de Mardi-Gras DESCENDRES.

  • LeCasAlanTuring_Eric_LibergeAvec un humour noir, vous mêlez politique, religion, astronomie, mythologie… Vous avez bâti des architectures cyclopéennes, comme par exemple l’agglomération Sante-Cécile (tome 1), ou la Porte du cercle de l’orgueil (tome 3).

Oui, les architectures fantastiques sont pour moi un des moyens de contacter directement le Rêve. Pas toutes cependant. Je décroche un  peu lorsqu’il s’agit par exemple de cités steampunk ou science-fiction, qui souffrent hélas d’une répétition de style. Mais les gravures de villes désertes comme celles de Gérard TRIGNAC, me donnent la chair de poule. Quoi de plus normal pour moi, donc, de camper un univers qui puise dans ces fantasmes-là, s’agissant du Purgatoire. Cependant, les cités que je dessine évoluent d’album en album. Leur exécution graphique n’est jamais la même non plus – c’est aussi un bon moyen de faire des expériences graphiques, et surtout de ne pas s’enfermer dans une seule méthode de dessin.

  • Comment vous est venue cette idée de squelettes syndicalistes, mystiques ou révolutionnaires ?

C’est venu au moment ou je voulais quitter le fanzinat, début des années 90. Je cherchais un moyen de mettre notre monde terrestre, ici-bas, en miroir déformant, pour en faire simplement la satire. Et j’en suis venu à l’idée qu’il serait intéressant de dépeindre l’au-delà, avec une société de squelettes. Et très vite, j’ai débouché sur une série de thèmes que je ne pouvais pas ne pas aborder, comme notre besoin de spiritualité, et la mort. C’est donc autour un esprit de dérision et de sérieux que le petit monde du Purgatoire s’est bâti.

  • L’individu écrasé par les puissances étatiques, c’est un sujet qui vous touche, mais était-ce déjà votre priorité dans cette série ?

Je crois qu’au début, j’ai juste tiré le fil que ce monde me proposait, et je sentais qu’il y avait derrière une pleine bobine ! Le sujet dont vous parlez me touche s’il est accompagné d’un sursaut, d’une révolte. Je ne veux pas décrire une soumission sans issue, façon 1984. Donc, oui, Mardi-Gras était parfait pour aller vers ce genre d’idée, si elle est accompagnée d’une quête de liberté, de réponses et d’une quête de soi-même.

 

Quelques sources d’inspiration

  • Il arrive que votre trait s’apparente à la gravure du XIXe siècle.Votre vision dantesque de l’au-delà semble parfois être empruntée à Gustave Doré.

C’est une de mes références, tout à fait. En fait, je puise très peu dans la bande dessinée, qui est pour moi un univers fermé, avec ses codes bien spécifiques et une production parfois trop stéréotypée. Pour renouveler mes inspirations graphiques, il n’y a pour moi pas mieux que les anciens, comme Doré, Booth ou bien encore le symbolisme, ou l’expressionnisme. Paradoxalement, la bande dessinée, aujourd’hui, m’étouffe, et je n’en lis plus du tout (ce que je dis là est sacrilège!).

  • Doré fait-il partie de vos sources d’inspiration ?

Doré, bien sur ! Il est même très intimidant ! Mais il m’aide toujours pour les recherches d’ambiances et de lumières. C’est là, où les anciens sont inépuisables. Mais il n’y a pas que lui. J’aime aussi les aquarellistes – il y a beaucoup à prendre dans les coups de pinceau d’un bon peintre en aquarelles.

  • Quels sont les artistes qui vous servent de référence ?

En BD, il y en a tout de même eu quelques uns, particulièrement l’équipe de Métal Hurlant sur la fin des années 70 : Druillet, Moebius, Chaland… Mais aujourd’hui, je ne les consulte plus, préférant laisser ma main exprimer ce qu’elle ressent sans parasiter mon travail avec des références ou, pire, des modèles qui viennent déjà de la bande dessinée. J’ai trop vu de tics d’encrage chez tel ou tel dessinateur, qui me faisaient immédiatement penser à Loisel, Moebius ou Hermann, par exemple. On atteint le summum lorsqu’un dessinateur clone complètement le style d’un Grand. Là, je me demande où se trouve l’utilité, le sens de tout ce développement. Pour toutes ces raisons, je me tiens bien loin de la BD. La peinture japonaise m’intéresse aussi beaucoup, dans ma logique de maitrise du pinceau, qui est l’étape actuelle de mon travail.

MonsieurMardigrasDescendres_T2_Eric_Liberge

 

Rêves de ville

  • Avec Le dernier Marduk (2000, éditions PMJ), vous avez choisi un petit format, encore du noir et blanc. Un travail sur les mythologies babyloniennes de la création, ce n’est pas si courant. Vous réactivez le combat de Marduk contre Tiamat au matin du monde, mais vous y évoquez également Babel/Babylone, l’archétype de la ville géante.

Oui, mes obsessions sont aussi transparues dans Marduk. Pourtant, il s’agissait là d’une improvisation – cohérente tout de même – autour du cauchemar, de la possession, et du chaos. Mais c’est vrai, on y trouve encore des ambiances de villes kafkaïennes mourantes, désertes, inspirées de Prague qui m’a beaucoup marqué, et de cette décomposition des choses que l’on trouve en général dans les pays de l’Est. J’ai une vraie fascination pour cela, et l’on retrouve ces ambiances dans Mardi-Gras, bien sûr.

  • Par le biais de Léopold Zlaty en étude à Krpeliany pour comprendre l’effondrement progressif de la cité, vous vouliez interroger la place de l’homme dans la cité, dans le monde ? Que vouliez vous nous transmettre ?

J’avais envie de transmettre cette idée que les maisons sont peut-être vivantes comme nous. C’est presque un thème de cauchemar. Dans les deux albums, le héros se trouve confronté à l’intrusion d’un personnage mythologique au sein de ses propres rêves. Il retrouve ce personnage plusieurs nuits durant. Celui-ci l’asservit en vue d’accomplir une tâche meurtrière, qui est de tuer (empoisonner) des maisons, des pans entiers d’une ville, à l’aide d’une énorme seringue de liquide noir. Cette idée m’était venue par une émission sur la maladie de la pierre, qui touchait les monuments en France. Il ne m’en a pas fallu plus pour  trouver un sujet ! Marduk est un être mythologique de la nuit, qui fait irruption dans nos songes pour nous inféoder à ses crimes. Je ne saurais exactement dire aujourd’hui, 15 ans après, ce que j’ai vraiment voulu dire à travers cela, mais je sais que c’est un fantasme, une peur d’enfant bien réelle, que j’ai mise en cases.

  • Avec Les corsaires d’Alcibiade sur un scénario de Denis Pierre Filippi (Dupuis), vous créez une ambiance steampunk. On savoure encore la précision de votre trait, et votre façon de mettre en scène des rouages en tout genre.

C’était un très gros travail, que ces Corsaires d’Alcibiade. Mais je suis heureux d’avoir pu le faire. J’ai jeté mon besoin d’hubris dans tous les décors, n’ayant pu, avec cette série, collaborer vraiment au scénario, qui était verrouillé. Je me suis donc défoulé ailleurs, sur tout le décor.

  • Comment ressentez-vous la représentation d’un XIXe siècle refabriqué ? Vous aimez les mécanismes, les machineries, les machinations ?

En fait, pas particulièrement. J’ai donné mon maximum dans les corsaires parce que c’était là mon travail. Mais ces ambiances de machines et de rouages ne m’inspirent rien de transcendant, comme les villes par exemple. La machine me laisse froid. Une maison, une ruine, un paysage me met l’imagination en marche. Concernant les revisitations d’un 19 siècle à la technologie d’époque exacerbée, je ne ressens pas vraiment d’inspiration créative non plus car nous sommes submergés de productions de ce style, en BD, dans les jeux, au cinéma. Il m’est donc difficile d’imaginer autre chose que ce qui a déjà été montré – avec à chaque fois beaucoup de talent, sans aucun doute. Mais nous avons là des codes à nouveau préfabriqués, qui par la force des choses,sont devenus des références indéboulonnables : rouages, vapeur, machineries cuivrées. Le côté Jules Verne. C’est intéressant à concevoir, mais à chaque fois, cette impression de « déjà-vu », fait que je n’aime pas dessiner cela trop longtemps.

 

« I Louvre you »

  • Dans Aux heures impaires (Fututopolis/Musée du Louvre éditions, 2008), vous avez écrit une dédicace au Musée du Louvre qui vous a permis de visiter de nuit (le 22 avril 2008 précisément). Le héros, Bastien est un jeune malentendant. Il obtient un stage au Louvre la nuit sous la responsabilité de l’excentrique Fu Zi Ha qui l’initie à la magie nocturne du musée. Une histoire photo réaliste qui met en valeur le monde des sourds et invite à redécouvrir les oeuvres du musée. L’ensemble est visuellement très impressionnant !

Ce fut un travail tout à fait passionnant – et le musée a bien joué le jeu pour me donner accès à tout ce dont j’ai eu besoin pour faire l’album. Notamment l’accès le mardi, jour où les musées nationaux sont fermés au public. J’avais une carte, et je pouvais y venir quand je voulais. C’était absolument magique, et j’ai pu contacter des tas d’émotions, seul, avec les oeuvres. Voici typiquement un projet dans lequel j’ai pu mettre tout mon coeur, et me laisser aller.

  • AuxHeuresImpaires_couverture_Eric_LibergeVous indiquez que votre propre frère est sourd. Quels étaient vos autres objectifs en racontant cette histoire ?

Je souhaitais, je crois, signifier que l’Art du Beau peut courber un esprit rebelle et le remettre en phase avec lui-même. Plus largement, je voulais parler de la transformation par le Beau. Bastien est une brute, un adolescent révolté qui va trouver sa vocation par la confrontation avec l’Art majuscule.Même la brute la plus épaisse peut donc fléchir face à la Beauté, et trouver l’étincelle qui la fera grandir. Je parle là du Vrai, du Beau, du Bien – pas de l’art moderne (!) Côté Louvre, il y avait une seule obligation de la part de la co-édition Louvre/Futuropolis : parler le plus possible du musée, sinon pour tout le reste, j’avais carte blanche, ce qui est le principe de cette collection. J’allais donc parler d’art, mais je sentais qu’il était aussi temps pour moi de marier ce sujet à un aspect de ma vie qui m’était cher, mon frère sourd. S’est posé alors le défi d’intégrer la langue des signes à la bande dessinée, et là aussi, ce fut passionnant.

  • Que signifient les signes du héros en 4e de couverture ?

C’est la phrase de la page titre, traduite en langue des signes française. En substance :  »une oeuvre est comme une personne, elle n’existe que par le regard de l’autre ». Une phrase de Lacan, je crois, qu’aujourd’hui je n’approuverais peut-être pas de la même façon. Mon point de vue là-dessus a changé. Il y aurait dû y avoir une astérisque de renvoi, pour amener le lecteur à faire le lien entre page titre et 4e de couverture. Le maquettiste l’a oublié.

  • Quels sont vos liens ou vos souvenirs avec le Musée du Louvre qui revient aussi dans Wotan ?

Le Louvre ayant été une expérience absolument fantastique, je n’avais peut-être pas eu toute ma dose, pour devoir en reparler encore dans WOTAN. Plus sérieusement, il s’agissait de montrer le transfert des oeuvres à la déclaration de guerre, en 1939. Donc rodé sur le musée, j’ai eu coeur à montrer un peu de cet épisode.

  • Dans la préface du 1er tome de Wotan (2011, Dupuis) vous dénoncez une société « aseptisée »,qui a du mal à parler de « dictature » et de  »fanatisme » comme on en voyait déjà dans Mardi-Gras Descendres. Le récit s’appuie sur des carnets de Pierre, votre père, au sujet de votre grand-père Georges. Ce dernier garde des traces évidemment traumatisantes de la Seconde Guerre mondiale. Dans le dialogue entre votre père et vous – reproduit en fin d’album – ,on trouve cette phrase mise en exergue : « aujourd’hui, on connaît toutes sortes de formes d’extrémisme. Le pire est effectivement de s’en accommoder ». L’écriture et le dessin vous aident-ils à traduire certaines de ces inquiétudes ?

Le fanatisme, l’extrémisme, cherchent encore aujourd’hui à détruire l’humain. Rein n’est hélas soldé, à ce sujet. Ces notions de totalitarisme ont été, à une époque, un peu le coeur de ce que je voulais raconter. Puis il y a eu WOTAN, qui se termine par une note d’espérance : ces chose existent, mais à moi de ne pas me laisser corrompre par elles. En d’autres mots :  »je ne peux pas changer le monde, mais je peux me changer, moi’. Voilà l’issue à tout cela, à l’échelle individuelle. Sortir de la violence, des extrémismes, j’ose espérer que c’est chose possible à l’échelle d’un individu. C’est le réveil d’une hypnose. Et aujourd’hui, effectivement, le pire est de s’en accommoder, soit par la peur, soit par l’excuse idéaliste. Tout le débat actuel entre la bien pensance et une vision plus réaliste.

 

Une façon de travailler

  • Vous mettez beaucoup de vous dans vos albums ?

Toujours ! Et surtout ceux dont je suis l’auteur complet. Mon travail est une quête, donc il est fondamental que j’y mette tout de moi et de mes expériences. Chaque album que je fais est une partie de ma  »profession de foi ». Pour les albums avec scénaristes, ma position est toute autre, plus en retrait – bien que je demande maintenant à reprendre la main sur le récit entier, à me l’approprier comme si c’était un album que je fais tout seul. Car j’imagine que si l’on vient me solliciter, c’est pour avoir du Liberge. Dans le cas contraire, cela signifierait que je suis interchangeable, et cela ne m’intéresse plus.  Donc, oui, dans les travaux que je fais aussi à l’extérieur, il faut accepter mon empreinte, ce qui implique aux collaborateurs de savoir lâcher prise. C’est une souplesse que l’on ne trouve pas chez tous les scénaristes.

  • CorsairesAlicibiade_T5_Eric_LibergeVous utilisez beaucoup l’informatique depuis quelques années: qu’est-ce qui vous a décidé ?

En fait, c’est plutôt l’inverse qui se produit. Je veux m’éloigner toujours plus de l’ordinateur, qui par le passé – c’est vrai – occupait une grande place et m’a permis de faire toutes sortes d’expérimentations. Mais aujourd’hui, je reviens exclusivement au papier et à l’encre qui, à mon sens, préserve l’âme du dessin. J’ai un encrage  »plume », mais actuellement, je veux aller vers le pinceau. J’ai là-dessus encore toutes sortes de choses à découvrir. L’ordinateur m’a apporté un certain confort. On travaille avec un filet. Le vrai dessin est beaucoup plus exigeant, et c’est ce qui m’intéresse de pratiquer.

  • Le cas Alan Turing (2015, Les Arènes) avec le scénario d’Arnaud Delalande vous permet de rendre hommage à celui qu’on présente comme le père de l’informatique. Le scénario a évidemment beaucoup recours au vocabulaire scientifique. Votre bibliographie fournie montre que cela a nécessité beaucoup de recherches.

De son côté, oui, je crois ! L’album est effectivement très fourni. Du mien, j’avais déjà toute la documentation qui m’avait servi pour WOTAN, donc le moteur était déjà chaud. Je n’ai eu qu’à approfondir mes sources côté Anglais.

  • La récente sortie d’Imitation Game (2014) de Morten Tyldum a-t-elle été un facteur déterminant dans le choix de sortir cette histoire ?

Non, nous avions commencé avant même de savoir qu’il y aurait un film sur Turing. Mais je suis content de cette diversité de travaux sur lui. Cela montre que son nom est réhabilité, et qu’il ne tombera pas dans l’oubli.

  • Quelle est votre part dans ce scénario ?

Le scénario est le fait d’Arnaud, mais nous travaillons de façon très souple. Si j’ai des idées qui développent les siennes dans le bon sens, je lui propose et généralement, il approuve. Mon apport se situe plutôt dans la phase de mise en croquis d’une page, et de l’aspect onirique que peuvent prendre certains passages du récit. Il se peut que je donne à une séquence un autre développement, que je ressens mieux que celui qui m’est proposé, et on en discute. C’est ainsi que j’arrive à imprimer ma patte sur un  album fait avec scénariste, ce qui pour moi est toujours délicat, écrivant avant tout mes propres histoires – mais avec Arnaud, cela s’est très bien passé. Et puis j’ai pu faire la couleur ! Ce qui est très important pour moi, dans la perspective d’assumer la chose une fois imprimée.

  • MonsieurMardigrasDescendres_T3_Eric_LibergeIl fallait mettre en images ce qui se passe dans la tête du personnage, comment avez-vous vécu cette exigence en tant que dessinateur ?

Très naturellement, car c’est déjà ma démarche lorsque je fais mes propres albums. Je privilégie l’introspection, et c’est justement ce que souhaitait Arnaud dans son scénario. Je n’ai eu donc qu’à me laisser aller, pour faire de cette biographie un parcours intérieur.

  • Il y a un certain nombre de références visuelles au cinéma de l’époque. Parlez-nous de votre travail de documentation.

Il s’agissait là d’étoffer l’atmosphère des années 30 à 50, aussi par le biais du cinéma – notamment de Blanche neige, dessin animé sorti en 1939. Pour cela, je consulte par internet des photos d’époques de halls d’entrée de cinémas. Je ne cherche pas à être absolument irréprochable sur la retranscription des sources, mais de faire  »vrai » dans leur interprétation au trait. Pour cela, je recherche les affiches de l’époque de la sortie du film, je campe des rues où figurent les cinémas, avec les voitures, etc.. tout cela participe à la narration indirecte, pour immerger le lecteur dans l’ambiance.

  • Vous vous livrez dans cet album à un foisonnant mélange des techniques graphiques. Aviez-vous des consignes, des envies, des défis à réaliser ?

Une seule règle : pas de règles ! Je ne m’interdis rien. S’il faut incruster une photo plutôt qu’un dessin, je le fais. Je ne me limite pas non plus à un style de trait. En bref, je joue. C’est la meilleure façon d’investir un projet complètement. Une tendance domine cependant, comme cité plus haut : l’utilisation du pinceau pour l’encrage. Je souhaite développer ce jet de l’encre.

  • Seriez-vous prêt à dessiner encore une biographie ?

Bien sûr ! C’est toujours passionnant. J’ai en préparation un gros projet de biographie, en bande dessinée, sur un de mes auteurs préférés en littérature, mais il est pour l’instant trop tôt pour en dire plus !


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Kankoiça
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