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Le billet de mauvaise humeur de l’Affreux (épisode 3)

LE BILLET DE MAUVAISE HUMEUR DE L’AFFREUX !

Ce matin, des nuages chargés d’une grisaille fielleuse pointent leur tronche au-dessus de ma trogne mal lunée… J’ai le poil torve, l’haleine chargée, j’ai mal pioncé… Un café mal ingéré avalé, je m’attelle à la petite douceur qui me fera digérer la journée, mon billet de mauvaise humeur !

Et pour ce troisième billet aux couleurs braziliennes, c’est l’Académie des Oscars qui fait son entrée sur la scène de l’Affreux…

Épisode 3 : Délit de belle gueule aux Oscars…

Billet d'humeur Frizouok

Chaque année, en bon ciné-phagocyte, je m’inflige la cérémonie des Oscars… Et chaque mois de février-mars, dates des Oscars, j’assiste à la déconvenue des étalons du 7ème art, « les acteurs Johnny belles gueules », qui repartent bredouilles chez eux se consoler devant leur narcissique miroir, parce que trop beaux pour être vrais…

De vous à moi, la « belle gueule » est totalement subjective… Ce qui est attrayant à mes yeux ne l’est peut-être pas pour vous et inversement, à l’exception de Brad Pitt, qui remporte à presque tous les coups les suffrages… Mon classement de belles gueules est totalement aléatoire, n’y voyez pas de favoritisme de ma part, à l’exception de Brad Pitt, toujours, qui, pour un faciès évident, prend la tête du peloton…

billet d'humeur 2 5. jpgLes Johnny belles gueules, donc, peut-être pas assez forts en gueule : Brad Pitt- Johnny Depp- Leonardo DiCaprio-Tom Cruise-Will Smith-Ryan Gosling-James McAvoy- Mickey Rourke période 9 semaines et demi (Mickey est, avec son film Johnny Handsome, « belle gueule » en frenchie, à l’origine de l’expression suscitée) n’ont, jusqu’à présent, jamais obtenu l’Oscar du meilleur acteur dans un premier ou second rôle, Récompense Suprême de l’Ordre du Cinéma Mondial mais surtout américain depuis sa création en 1929, année misery dans les rues de Wall Street…

Les jurés ? Une Académie des arts et des sciences du cinéma « impartiale » qui compte plus de six mille membres, parmi lesquels se trouvent l’ensemble des métiers de l’industrie (comédiens, réalisateurs, producteurs, musiciens, scénaristes, monteurs, chefs op, maquilleurs, costumiers, etc.)

Tous les corps de métiers confondus ou presque se voient attribuer chaque année la célèbre statuette dessinée par Cédric Gibbons et sculptée par George Stanley. Chaque mois de février-mars, les meilleurs du moment éclatent au grand jour…

Suite à leur consécration, suivent renommée, gloire, succès et chirurgie esthétique pour immortaliser le visage de l’année où ils ont été oscarisés… Si toutes les professions sont récompensées, celle qui sert de vitrine à la compétition est, bien sûr, celle des acteurs et des actrices, car, le talent d’un cinéaste, aussi grand soit-il, n’arrive pas au talon d’Achille glamour de Brad Pitt…

« Les meilleurs », donc, ont reçu leur Saint Graal : Marlon Brando, Paul Newman sur ses vieux jours, la dodue Meryl Streep et ses Oscars par milliers (trois en l’occurrence, avec dix-huit « nominations »), Forest Whitaker, Cate Blanchett, Tom Hanks, Woody Allen, Dustin Hoffmann, Sean Penn, notre Jean Dujardin du Luxembourg !!!!!!!!!!!!!!, Jennifer Lawrence !!!!!!!!!!!!!!!! (un poisson d’avril qui a mal tourné parce que servi en mars), Eddie Redmayne pour la génération teen… (j’en oublie plein, on fait avec la mémoire du moment et la mienne est aléatoire…)

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes selon Garp… Si on s’arrête à l’emballage, le business des Oscars roule comme une poule gavée d’hormones de croissance…

« Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. Mais l’important n’est pas la chute, c’est l’atterrissage » disait, visionnaire, Hubert Koundé dans La Haine de Kassovitz…

Et cet atterrissage sur la piste de la consécration, certains l’attendent depuis très longtemps… À force d’être boudés par leurs pairs, des idées noires se bousculent derrière leurs belles gueules non-consacrées…

billet d'humeur 2 8bisDepuis son fief à Miraval, le père de tribu, Brad Pitt, glougloute en buvant son cépage… Depuis son île de la Tortue, le capitaine Johnny Depp, avale des coquillages acérés… Depuis ses conférences sur le changement climatique à l’ONU, Leonardo DiCaprio mâchouille ses poils de barbe… Depuis son turf à Bel Air, Will Smith rappe sa frustration… Depuis l’avion militaire A400M auquel il est resté accroché depuis son dernier tournage, Tom Cruise s’offre un lifting en plein air… Depuis des années, Mickey Rourke mutile sa « Johnny belle gueule » pour enfin obtenir cette damnée récompense… Depuis son Écosse natale, James McAvoy, le jeune prodige, se dit qu’il est encore jeune, donc, toujours dans la course pour ce foutu Oscar… mais que se raser la tête pour incarner un télépathe paraplégique prouvera aux académiciens déplumés, les sacrifices qu’il est prêt à accomplir pour le Saint Graal… Depuis sa rivière perdue, Ryan Gosling, troque sa tignasse blonde contre une ridicule permanente destinée à duper les jurés… Depuis la matrice, Keanu Reeves compte les agents Smith dans les nuages pour trouver son nirvana (oups, suite à un erratum virtuel, Keanu s’est incrusté dans ma liste, du balai donc !)… Depuis un troquet montmartrois, Jean Dujardin trinque, en compagnie de George Clooney, sinon rien, bon perdant, à la santé de tous ces Amateurs à qui il a ravi la récompense suprême… Depuis le cockpit de son faucon millénaire, Harrison Ford vise le terrain de golf sur lequel s’est donné rendez-vous le jury des Oscars 2016…

Ces beaux perdants ne sont pas les seuls à n’avoir jamais raflé le prix unique…

Même la poupoupidou Marilyn Monroe n’a jamais rien ramené sur sa cheminée… Ouais… Et pourtant, elle était culte, la môme… Mais était-elle une grande actrice ? Il y a débat… Et James Dean dans tout ce bordel doré ? C’est un rebelle sans récompense. Il a chopé des babioles de son vivant, mais pas la sainte statuette…. Les types de la firme académique se sont à moitié rattrapés et l’ont nommé (pas récompensé) pour un prix post-mortem pour ses rôles dans East of Eden, et dans Giant… Même remarque que pour Norma Jean, était-il si grand que ça, James Dean ?

Je le répète à l’attention des Assoupis du cerveau, ma liste est non-exhaustive et très subjective et d’un certain point de vue, je commets, moi aussi, un délit de sale-belle-gueule en décidant qui figure dans ma liste ou pas !

Je fais l’impasse sur tant d’autres Johnny belles gueules… Je demande pardon aux « femmes club » de James Franco, Jude Law, etc.

Et les gonzesses dans tout ça ? Pourquoi il n’en parle pas (ou si peu) cet Affreux misogyne ? Eh bien, parce qu’il n’a pas le temps, le con… Michelle Pfeiffer, Kristen Stewart et les autres belles gourgandines, je vous en dois une… On se fera un autre billet, un de ces quatre lugubres matins…

Chaque année, donc, tous les Johnny y croient virilement, et chaque année, c’est l’autre, l’outsider muet, Jean Dujardin, la duduche, Jennifer Lawrence, ou les chouchous de la compète, Meryl Streep et Nicholson qui chopent tout tout tout et ne laissent même pas une miette à leurs compagnons de pelloche.

billet d'humeur 2 6. jpgEt Joachin Phoenix dans tout ça ? Mi-belle gueule, mi-démon, trop complexe pour mon classement simplet, je préfère lui consacrer quelques lignes en solo, car, lui, vogue en solitaire depuis ses débuts nébuleux. Nombreux sont ceux qui l’imaginent avec un Oscar en guise de doudoune depuis son interprétation de génie Cash dans le sublime, Walk the Line… Ils peuvent se fourrer la main dans l’intestin grêle, car, cette année-là, 2006, c’est le regretté Philip Seymour Hoffman qui a éclaté Commode avec Truman Capote… Cet acteur au talent fleur de peau n’a jamais reçu la distinction suprême. C’est l’incompréhension totale. Comme si ses interprétations dans Gladiator, The Yards, We Own the Night, Walk The Line !!! Two Lovers, I Am Still Here (un malentendu qui prouve à quel point le mec est brillant), The Master, The Immigrant… ne valaient pas un clou sur l’échelle des Oscars… Sa grande misanthropie lui aura-t-elle coûté la statuette ? Car, on le sait, aux Oscars il ne faut guère la ramener, même les durs Pacino et De Niro ont su fermer leur gueule Corleone pour choper les leurs… tandis que le schizo Edward Norton sera privé de statuette pour mauvaise conduite à l’école des acteurs… Bordel, et ses prestations dans American History X, Fight Club, Birdman et tout le reste, on en fait quoi ?

Et Malkovich (sans « t ») ? L’étrange Jake Gyllenhaal ? Glenn Close (tiens, une femme ?) ? Kirk Douglas ? Greta Garbo (une autre comme c’est bizarre…) ? Cary Grant (marrant, je viens de m’apercevoir que ses initiales étaient les mêmes que Glenn Close mais en effet miroir, doit-on y voir un signe ?) ? Le truculent Bill Murray ? Gary Oldman ? L’immense Charlie Chaplin ?… Eux  non plus n’ont jamais palpé le chevalier statufié ! C’est à n’y rien piger… À croire qu’ils avaient « Brad Pitt » marqué sur la gueule.

billet d'humeur 2 4terMais revenons à notre liste « bégueule » bien à nous !

Nos bellâtres ont beau cramer leur bel étalage à l’acide citrique, les Académiciens s’en contrefichent ! Les Johnny sont mal vus aux Oscars… avec leurs sourires tombeau des cœurs, leurs groupies hystériques, leurs femmes fatales aux bras…

Soyons honnêtes, cet Oscar, ils ne l’auront jamais, ou bien l’attraperont-ils, lorsqu’ils seront grabataires, pas loin de la ligne d’arrivée, ou mieux encore, leur décernera-t-on un Oscar d’honneur après leur mort… Comme ça, tout le monde sera happy

Putain (je suis vulgaire quand je suis vénère, donc tout le temps) ! Ils ont attendu The Color of Money pour filer à Paul Newman un Oscar… Et Redford ? Sa fossette devait les exaspérer… Ils ont préféré l’adouber en tant que réalisateur avec Ordinary People, en 1981, plutôt que le considérer dans, par exemple, Jeremiah Johnson … Puis, ils lui ont attribué un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière en 2002… D’un coup, je pense à Ben Affleck, et je me dis que… Ah, non, oublie, l’ami, t’es pas sérieux…

La seule exception à ce délit de Johnny belle gueule, est Marlon Brando, qui a ravi en 1955 la statuette à Humphrey Bogart et Cie pour son interprétation du nez cassé, Terry Malloy, dans On the Waterfront, alors qu’il était encore jeune, frais et tout en muscle… Ce qui ne l’a pas empêché de remettre le couvert avec The Godfather en 1973. Vous voulez mon avis ? Le Don leur a fait une proposition qu’ils ne pouvaient pas refuser…
Et les autres pieds beaux dans tous ces carats ?

Qu’est-ce qu’elle a leur gueule ?

Voici une liste non-exhaustive et partiale de films pour lesquels les Johnny auraient pu obtenir La Récompense, si les Académiciens l’avaient voulu et si le film avait été inscrit à la compétition Ultime (je suis bien conscient de glisser dans mes listes des films non-inscrits aux Oscars ou autres compétitions prestigieuses… Si toutes les pépites cinématographiques étaient en compétition, ça se saurait…Il suffit de voir le dernier palmarès cannois…) :

billet d'humeur 2 2okBrad Pitt, la belle gueule ultime qui nourrit la machine à fantasmes depuis sa naissance en l’an de grâce 1963. Avec son bagou voyou, sa jolie réussite affichée sur les parterres du monde entier, il fait des jolies, non, des jaloux… Les jurés, moins veinards, ses pairs du ciné pas dans la vie, lui ont fait payer sa célébrité planétaire en le privant du bijou…Avec ses excellentes interprétations de Tyler Durden dans Fight Club, de cinglé (encore) révolutionnaire dans Twelve Monkeys (il a été nommé quand même), de Jesse James, de père réac dans The Tree of Life, d’officier tanké dans Fury, il n’a rien gagné… Il, a, en revanche, été nommé pour des rôles plus évidents ou mineurs comme The Curious Case of Benjamin Button (l’Oscar revient à juste titre aux effets spéciaux) ou Moneyball… Toujours aussi pervers, les Académiciens lui ont offert l’Oscar (là où on ne l’attendait pas) du meilleur producteur pour Twelve Years A Slave… Brad Pitt, ça n’est pas qu’Achille de Troie… C’est aussi un immense acteur…

Johnny Depp n’est peut-être pas l’acteur le plus, disons, éloquent ou expressif tant il se grime pour jouer les mimes Marceau-Keaton… Mais, eh, n’a-t-il pas justement excellé dans Edward Scissorhands ? Ed Wood ? Arizona Dream ? Las Vegas Parano ? Pas suffisamment, semble-t-il, aux yeux des jurés. Les types ont préféré le nommer (je crois que « nommer » n’est pas la traduction exacte de « nominated », certains préférèrent « proposer », d’autres « nominés »… On fera avec ce gros bordel jusqu’à ce que les immortels de l’Académie Française daignent trancher dans le gras…) pour ses rôles dans Pirates of the Caribbean, Neverland, ou Sweeney Todd… Pourquoi ces « nominations » (là, je suis emmerdé) ? Mon avis ? D’une, ils voulaient éviter l’émeute nationale des fans de Depp (donc le nommer allait calmer l’hystérie), de deux, en le nommant pour des performances moins mémorables que les précédentes, ils étaient sûrs de filer la récompense à l’un de ses adversaires qui était nommé pour un rôle plus conséquent ou politique… Vous me suivez ? Non ? Fuck you !

Et c’est valable pour ses potes aux Johnny gueules… dont :billet d'humeur 2 3bis

Leonardo DiCaprio, le plus gros scandale des Oscars ! Avec lui, ils sont très très vicieux. Sous prétexte qu’il est l’enfant chéri des USA, on le « nomine » par principe et on ne lui file jamais rien… L’oscarisée Kate Winslet brûle un cierge à son attention tous les soirs depuis le pont du Titanic. Pareil pour l’autre Cate, Blanchett… Il faut dire qu’il a commencé très fort, Leo, il a été nommé très jeune (à dix-neuf ans) pour sa folle interprétation de Gilbert Grape en 1994… Puis, plus grand-chose… Il sera « nommé-proposé » (ah, je m’y perds) de temps à autre, sans succès, pour les inégaux Blood Diamond, J.Edgar (sa plus mauvaise performance sous une masse étouffante de silicone, etc.)… Mon avis d’Affreux ? Non non ? Si si ! DiCaprio aurait pu rafler, sans problème, un Oscar pour les films Eclipse Totale (il nous offre un Rimbaud dépravé et génial à souhait), Titanic (eh, oui je sais, mais il est excellent en romantique risque-tout), Romeo + Juliette (Romeo, tout de même), The Basketball diaries (de la décadence littéraire comme il faut), Catch Me If You Can (un rôle qui aurait fait la fierté de Bresson), Revolutionary Road (anti sexy à souhait), The Departed (les nerfs plus à vif, tu meurs), Aviator (un génial avant-goût toqué d’Orson Welles ?), The Wolf of Wall Street (une performance ultra vitaminée haute en couleur…)

Les Johnny qui vont suivre sont moins truculents que les trois précédents, mais tout aussi boudés par la profession. Ils auraient, eux aussi, pu gagner le trophée pour les films :

Ali, pour Will Smith ; Born on the Fourth of July, Jerry Maguire, Eyes Wide Shut, Magnolia, Collateral pour Tom Cruise ; Angel Heart, Rumble Fish, Barfly !!!! pour Mickey Rourke ; The Atonement, The Last King Of Scotland pour le méconnu James McAvoy ; Half Nelson, Love & Secrets, Blue Valentine, pour le bobogosse Ryan Gosling…

Et le Sir Peter O’ Toole ? Il a été nommé huit fois ! Résultat ? Que dalle… Trop arrogant, trop alcoolo pour la profession, sans doute…

Ces acteurs ont beau prendre vingt kilos, se raser la tête, se faire arracher les dents, rien n’y fait… Ils n’arrivent pas à effacer de la mémoire des Académiciens leur belle gueule flamboyante d’origine et les midinettes « fans de » qui les collent comme des mouches. Car, ils ne sont pas idiots, les Académiciens, ils ont pigé qu’en filant un Oscar à Leo, ils allaient en même temps adouber ses groupies, et décrédibiliser leur pontifiante cérémonie rocher coco… Du moins, c’est ce qu’ils pensent… Bambin chéri tu es, bambin chéri tu resteras, Leo… Tu es le Peter Pan des Américains…La profession ne veut pas te voir grandir… Alors, cesse de prendre du poids pour effacer ta gueule léopard, ça n’y changera rien… Si tu veux qu’ils te voient comme un homme, marie-toi, pond un enfant ou, mieux, adopte un gamin. Ta performance sauvage et muette dans The Revenant saura-t-elle corriger la donne ? J’en doute… À plus de quarante ans, Leo, tu es en passe de finir comme Paul Newman, oscarisé sur le retour, et encore, si t’es verni … Le même sort guette tes comparses… Courage, Brad Pitt, t’es plus qu’à dix ans de la quille…

Après, il y a pire que de ne pas palper l’Oscar, il y a pointer au Pôle Emploi…

Affreusement vôtre, les Johnny… L’Affreux.

To be continued…

Un billet acéré par le fleuret spadassin d’Arnaud Delporte-Fontaine et ciselé par le fusain sanguinaire de Frizou.


Arnaud Delporte-Fontaine


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