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« Mamans » au Café de la Gare [THÉÂTRE]

Mamans AFFICHEMamans, au Café de la Gare. Une comédie de Jérémy Manesse à voir avant la maternité, ou pas ! Vous reprendriez bien une part de placenta ?!

À découvrir en ce moment au Théâtre du Café de la Gare, une comédie parfois musicale, parfois dramatique et totalement délirante sur la maternité et tout ce qui l’accompagne.

Au cœur de l’intrigue, une jeune héroïne, sage-femme de profession, qui se demande si elle est prête à devenir maman. Pour la conseiller, elle s’entoure des quatre femmes enceintes qui ont le plus marqué sa carrière. Quatre femmes aux antipodes les unes des autres, entre celle qui se veut être parfaite dans tout, celle qui est trop timide pour avoir un avis sur ce qu’elle vit, celle qui compte accoucher entre deux réunions de travail et celle qui s’en fout royalement… autant dire que leurs opinions s’entrechoquent et font des étincelles ! Sous forme de débats internes décalés, « Mamans » traite donc du sujet de la grossesse, ou plutôt des grossesses car l’on comprend assez rapidement qu’il en existe autant que de femmes enceintes.

 

Mamans 1Dans sa nouvelle comédie, Jérémy Manesse se sert de ses expériences personnelles (étant déjà papa de deux enfants) pour approfondir ce sujet sans langue de bois. On y découvre les moments de joie, les doutes, les surprises, les peurs, les coups de gueule… Les mamans de la pièce vont tout passer au peigne fin afin d’aider la sage-femme à prendre sa propre décision : To be or not to be a Maman.

Mais attention, ce n’est pas parce qu’on parle de bébé, de grossesse et d’accouchement que cette pièce est réservée au seul plaisir des femmes ! Preuve en est qu’elle a été écrite par un être sans utérus, donc pas de scrupules ! Jérémy Manesse m’indique d’ailleurs qu’il y a souvent des femmes qui viennent, entre elles ou en groupe, et reviennent ensuite avec leur mec. « Je pense que, de toutes les pièces que j’ai écrites, c’est vraiment la plus universelle. C’est ce que tout le monde me dit en tout cas, à moins de ne jamais avoir eu de maman… ou de ne pas être né ! »

L’auteur et metteur en scène s’explique : « J’ai fini d’écrire la pièce alors que ma femme était enceinte de notre deuxième enfant. Mais, comme les expériences de l’accouchement et de la grossesse ont été tellement différentes de la première fois, je suis revenu sur le texte après coup pour intégrer de nouveaux éléments. C’est vrai qu’il n’y a pas deux naissances qui sont pareilles. On s’aperçoit que c’est souvent au moment du deuxième enfant que la mère commence à avoir une idée de ce qu’elle a envie ou pas pour sa grossesse. ».

La pièce questionne également sur le bien fondé des clichés véhiculés dans la société sur ce moment, prétendument magique, dans la vie d’une femme qui peut parfois, malheureusement, tourner au cauchemar. Pour ceux et celles qui ne l’ont pas vécu, on a tous une image cliché de l’accouchement auquel on ne pense pas trop. Odile Huleux, sa compagne dans la vie et comédienne dans la pièce, trouve que l’« on commence à en parler de plus en plus, c’est un peu dans l’air du temps. On a souvent l’impression durant une grossesse que notre corps ne nous appartient plus. On se retrouve embarqué dans une expérience ultra médicalisée qui ne respecte plus trop l’intimité… ». Le fait d’avoir l’impression de passer à côté de cette expérience unique, de se faire d’une certaine manière « voler » sa grossesse, est l’une des étapes par lesquelles les personnages vont passer sur scène. Émotionnellement et physiquement lessivée, celle qui souriait tant au départ en vient à chanter sur le Baby Blues. Jérémy Manesse en conclut qu’il y a une grande culpabilisation des mamans : « Elles ne peuvent quasiment rien choisir et se retrouvent contraintes d’assumer quand même le tout. C’est plus dur de dire que cela c’est mal passé. Dans la pièce, on voit que l’idée d’un accouchement alternatif, c’est plutôt un truc de deuxième voire de troisième bébé. Il faut être super sûr de soi pour ne pas suivre le schéma ordinaire. »

Mamans 2Il aura bien fallu neuf mois de « gestation » pour préparer ce show. Selon Jérémy Manesse : « Comme il y avait beaucoup de morceaux chantés et de chorégraphies, je voulais que tout soit fluide. Pendant les trois premiers mois de répétitions, on a travaillé uniquement là-dessus, donc quand on est arrivé sur le texte, ça paraissait beaucoup plus facile ! Le fait d’avoir répété aussi longtemps a aussi soudé l’équipe. Cela se ressent énormément sur scène ». Effectivement, entre solo de guitare électrique en plein accouchement, reprise survoltée où l’on chante qu’on va « jeter son bébé par la fenêtre » et une version délirante de « Lose Yourself to Dance » des Daft Punk dont je peux vous assurer, sans spoiler, que vous n’entendrez plus jamais de la même oreille… Il y en avait du boulot ! Jérémy Manesse explique qu’il a repris des chansons existantes : « On a ré-écrit les paroles, on les a ré-arrangées et on les joue en live avec des musiciens sur scène. Ce sont des parodies en fait. »

Avec ou sans bébé, on ressort forcément avec une histoire à raconter. À la sortie de la pièce, tout le monde se mettait à raconter l’histoire de sa naissance ou de celle de ses gamins. N’ayant pas d’enfant, j’ai vu la pièce côte à côte avec ma mère et il est vrai que nous n’avons pas toujours ri en même temps, mais nous avons, toutes les deux, passé un excellent moment !

« Mamans »   (http://www.mamans.eu), du mercredi au samedi à 19h30, le dimanche à 18h30 au Café de la Gare (41 rue du Temple, 75004 PARIS) 

Écrite et mise en scène par Jérémy Manesse. Avec : Odile Huleux, Kim Koolenn, Olga Sokolow, Raïssa Mariotti, Valentine Revel, Alex Mercier, Alex Anglio et Thomas Février / Assistante à la mise en scène : Corinne Puget / Chorégraphe : Marion Gallet / Coach voix- danse : Ariane Bouaziz / Costumes et trucages : Sotha / Création son : Didier Gaillet / Générique et site internet : Tépat Huleux / Affiche : Stéphane Roux / Montage « Mamans – La Gestation » : Sabrina Pedeboscq.

 


Benzédrine / Photos © Rémy Cortin


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