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Le billet de mauvaise humeur de l’Affreux (épisode 1)

LE BILLET DE MAUVAISE HUMEUR DE L’AFFREUX !

Ce matin, des nuages chargés d’une grisaille fielleuse pointent leur tronche au-dessus de ma trogne mal lunée… J’ai le poil torve, l’haleine chargée, j’ai mal pioncé… Un café mal ingéré avalé, je m’attelle à la petite douceur qui me fera digérer la journée, mon billet de mauvaise humeur !

Et pour ce tout premier billet d’humeur enchantée aux couleurs braziliennes, à graver dans vos annales rectales, c’est l’ami Tarantino qui ouvre le bal des Affreux…

Épisode 1 : Tarantino m’a « tuer »…

Frizou billet 1Ces temps-ci, je lis partout dans la bonne et mauvaise presse (empressée de répandre les bad news comme une envie pressante) les coups de bazooka que balance le king Tarantino en plein dans la bobine numérique de ses pairs cinéastes et acteurs…

L’homme-orchestre qui a bercé de fiel et de miel nos années quatre-vingt-dix, est récemment sorti de sa salle de montage enfumée pour entamer la promo de son prochain film, The Hateful Eight. Plutôt que d’offrir à ses fidèles fans tarantiniens des infos croustillantes sur son prochain opus, le trublion dézingue à tout-va ses « collègues » de la toile : Wes Craven, Cate Blanchett, la série True Detective et tout son staff, les sis-bro Wachowski (ils se font sévèrement allumer !)… Eh, qu’est-ce qui lui prend à « kwènetine »? Son humeur bileuse serait-elle dictée par un manque d’inspiration (aurait-il usé avant l’heure toutes les bonnes ficelles du septième art) ? Par la cinquantaine galopante ? Par une frustration trousse-couilles ? Mais bon sang de mauvais sang, à trop flinguer dans le vent, on provoque des désastres. La preuve en six pieds sous terre : le décès, cet été 2015, de Wes Craven !

billet d'humeur 1 4Quand il a lu ces lignes indignes : « J’aurais pu réaliser « Scream ». (…) Je me fiche royalement de ce qu’en a fait Wes Craven. J’ai pensé qu’il était la chaîne qui l’attachait à sa cheville et qui l’empêchait de filer vers la lune. » signées Tarantino, la cervelle du maître de l’horreur a littéralement explosé et peinturluré sa moquette en hommage au cri. (De quelle lune parle-t-il, Tarantino, celle de Méliès ou celle de son troufion ?)… À force de dégoiser sur Wes, le vieux a rendu l’âme… Tarantino a eu sa vieille carne ! Et pourtant, avec ses soixante-seize piges, il tenait la forme, l’ancêtre, et poursuivait son œuvre de la nuit… Il besognait sévèrement sur l’adaptation de son film Le Sous-sol de la Peur (The People Under the Stairs), sorti en salles en 1991, et du roman We Are All Completely Fine de Daryl Gregory à l’attention de vos écrans-maison.

On aurait aimé voir le psychologue de Daryl et ses scénaristes de films d’horreur mis en scène par la griffe diurne de Craven. Hélas, Wes ne pourra poursuivre l’œuvre qui aura porté la jeunesse de Johnny Depp… Si vous voulez mon avis (non non ? Si si !), Tarantino balance des ondes Vaudou à travers le Tout Hollywood… C’est comme ça qu’il a eu la peau du pas si croulant Wes… Eh, De Palma, Coppola, Romero, Friedkin, gare à vos sorties de douche… Les mauvaises énergies, c’est comme les poux, ça se propage ! Que tes griffes de la nuit reposent en paix, Wesley !

La suivante sur la liste du flingueur, c’est la sibylline Cate Blanchett… Mister Brown lui reproche son cinéma « arty » et, en Nostradamus penché sur sa lune, prévoit que sa carrière ne restera pas dans nos mémoires… Il préfère le jeu grimaçant d’Uma Thurman (quoiqu’avec sa tête du moment, elle pourrait faire une apparition dans la série Scream inspirée des films de Craven… Uma, Renée Zellwegger, Courtney Cox, etc. auraient mieux fait d’aller prendre le thé chez Mickey Rourke avant d’opter pour le bistouri…). C’est sûr que les performances de Cate dans Elisabeth, Veronica Guerin, Aviator (Katharine Hepburn, c’est elle, si si !), L’ Étrange histoire de Benjamin Button, et Le Seigneur des anneaux pour les puceaux sont expendable… Je ne mentionnerai pas ses Oscars (en fait, si), sa coupe Volpi etc. car, nous sommes tous tombés d’accord autour de la table ronde du Roi Arthur, les récompenses, c’est comme les félicitations à l’école, ça flatte les ego, pas les talents… Leo DiCaprio en sait quelque chose.

Après Galadriel, Big T lâche une caisse explosive sur la série True Detective Il dit : « J’ai essayé de regarder le premier épisode et je n’ai pas réussi à rentrer dedans. J’ai trouvé ça très ennuyeux. Et la saison 2 a l’air horrible. Rien que la bande-annonce. Tous ces beaux acteurs qui essaient de ne pas l’être et qui se baladent comme s’ils portaient la misère du monde sur leurs épaules. » Là, ça se « dispute » ! Déjà, il reconnaît n’avoir visionné aucune des deux saisons… Son avis d’omniscient est donc à remiser dans la corbeille de votre UC… Qu’il jette plus qu’un œil vitreux sur la première saison, et nous verrons s’il n’embauche pas Matthew McConaughey et Woody Harrelson (dans son cas, c’est déjà un acte manqué) dans ses prochains films. Quant à la saison 2, quand des acteurs « AB Productions » qui sentent bon la vanille, viennent se salir à l’écran pour jouer des bad guys-girls aux boyaux torturés, ça donne la gueule savonneuse de Taylor Kitsch quand il se fait tailler le brûle-gueule ou la tronche vomitive de Rachel McAdams quand ça pétarade… Pour un peu, on regretterait la virilité conservatrice de John Wayne…

billet d'humeur 1 8Enfin, ce sont les bro-sis Wachowski qui se mangent le dernier coup de lattes déloyal de l’American SniperTarantino : « La dernière fois que j’ai eu l’impression d’être en concurrence, c’est quand je faisais « Kill Bill », face à « Matrix Reloaded ». Il y avait une épée de Damoclès au-dessus de ma tête et puis je suis allé voir « Matrix Reloaded » au cinéma le jour de sa sortie et je suis sorti du cinéma en chantant le tube de Jay Z : «S-dot-Carter/ Y’all must try harder/ Competition is nada » Je me disais: Je me suis inquiété pour ça ? Ho-ly shit. » Hélas pour les Wacho, je ne peux que donner raison à « kwènetine »… Quand j’ai lu partout à l’époque que Matrix allait révolutionner le nouveau millénaire, qu’on allait voir sur les toiles du jamais vu comme jamais, j’ai eu très mal au sphincter… Lana (avant c’était Larry, mais depuis, les Body Snatchers sont passés par là) et Andy ont balancé sur grand écran et au grand jour toute la culture geek qui croupissait comme une vieille sauce dans les comic books stores depuis plus de trente ans… Leur véritable talent est d’avoir rendu fashionable une culture underground tue-glamour. Ils n’ont rien inventé.

Entre-temps, l’avènement des geeks planqués derrière leurs claviers nous a fait beaucoup de mal, et c’est un euphémisme. La preuve en une vingtaine de (j’exagère ? Allons…) films de super-héros par an et trente shoots par jour de réalité virtuelle pour fuir la réalité réelle (c’est con, avec toutes les belles choses qu’il reste à faire sur notre belle poubelle bleue… comme : draguer des gonzesses 100% véritables au comptoir d’un bar, plutôt que des avatars 100% bidons au compteur d’un ordinateur ou se curer le nez en public, au parc du Luxembourg, plutôt que devant son écran XXXXL).

En même temps, si vous êtes fans des pectoraux de Channing Tatum qui s’agitent devant un fond bleu ou vert qui file mal à la tête, je ne peux plus rien pour vous. Sérieusement, vous avez vu Jupiter Ascending ? Moi si… Depuis, j’ai la gueule de bleu… Mais bon, s’attaquer aux Wacho, c’est un peu comme organiser une attaque à main armée contre la petite vieille du Franprix d’en bas de chez moi, c’est indigne d’un réalisateur de la trempe de la tarentule. Eh oui, « kwènetine », à trop défourailler sur la concurrence, tu as oublié de jeter un œil sur tes derniers opus qui sont loin d’être à la hauteur de tes excellents Reservoir Dogs, Pulp Fiction, Jackie Brown et Kill Bill partie 1 (la deuxième partie se discute)…

billet d'humeur 1 3Qu’est-ce qui t’a pris ? Qu’est-ce qui te prend ? Tes métrages d’aujourd’hui sont trop longs, tes dialogues trop verbeux (tes personnages paraphrasent les meilleurs dialogues de tes films d’antan). T’as beau avoir du casting cinq étoiles sur Hollywood Boulevard (DiCaprio, Pitt, Mélanie Laurent… Qui ? Quoi ? Là, je n’ai toujours pas compris… Mélanie Laurent, tout de même… À mon avis, elle t’a eu avec sa bad attitude « Je sais tout sur tout et j’en ai rien à battre de tes stars cinq étoiles, de brave type et ses marmots, je suis Mélanie Laurent, bordel de merde ! » qui a fait ego, pardon, écho à ta propre autolâtrie… Non non ? Si si !

Inglourious basterds ? Hormis quelques scènes cultes, celles avec Diane Kruger notamment, j’ai l’impression d’avoir visionné les coulisses d’un film… Avec un titre aussi prometteur, je m’attendais à du film de salopards…

Django Unchained ? Entre Waltz qui pastiche le nazi qui a fait sa gloire dans Inglourious et Jamie Foxx qui essaie de rentrer dans un costard taillé sur mesure pour Will Smith (il a décliné le rôle pour je ne sais quelle idiote raison), ou DiCaprio qui se taillade la main pour de vrai pour choper l’Oscar qu’il mérite depuis Gilbert Grape, qu’est-ce qu’on s’emmerde ! Il est passé où ton hommage à Sergio Leone ?

Ton prochain film ? The Hateful Eight, Encore un western, mais cette fois, ancré dans un décor blanc-neige… Espérons qu’il n’y ait pas que le décor qui change, hein ?

Honnêtement, « kwènetine », je ne remets pas en doute ton talent, tu n’as rien à prouver de ce côté-là (on a toutes et tous tenté avec un ridicule qui ne tue pas de danser le batusi-hitchhiker-swim-twist de Mia Wallace et de Vincent Vega dans nos salons). Ton talent, on l’adore, non, c’est ton ego qui nous les brise… Car il te voile un peu, beaucoup, passionnément la face… À mesure qu’il grandit, tes films perdent de leur grandeur tandis qu’ils rallongent en durée… Je pense qu’on devrait réinstaurer le producer’s cut rien que pour ton ego, l’ami Tarantino… Sur ces sympathiques entrefaites, j’attends ton prochain film d’un pied coqué…

Affreusement tienne. L’Affreux.

Un billet acéré par le fleuret spadassin d’Arnaud Delporte-Fontaine et ciselé par le fusain sanguinaire de Frizou

 


Arnaud Delporte-Fontaine 


Kankoiça
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