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Le film du jour : Agents Très Spéciaux, code U.N.C.L.E

Agents très spéciaux AFFLe film du jour : Agents Très Spéciaux – Code U.N.C.L.E

Si ma T.A.N.T.E en avait

Oui, ce sous-titre ne veut absolument rien dire, mais ça me fait marrer, alors j’assume. Si par ailleurs quelqu’un peut trouver les mots qui se cachent derrière cet acronyme mystère, tellement mystère que même moi je ne sais pas, qu’il fasse signe, il a gagné un paquet de chouquettes que j’irai piquer en douce à Goffette.

[note du Goof : hors de question qu’on touche à mes chouquettes, que ce soit dit et répété !]

 

Agents très spéciauxAu début des années 60, un agent de la C.I.A et un agent du K.G.B doivent unir leurs forces pour aller récupérer une bombe nucléaire piquée par des Allemands réfugiés chez des Italiens mussolinistes. Les deux vont bientôt se tirer la bourre pour mettre la main sur la bombe et sur la jolie fille qui va avec. Tout un programme riche en promesses de savoureux duels.

Après le mythique Snatch, le diptyque Sherlock Holmes et quelques incidents de parcours comme À la Dérive, commis pour faire plaisir à sa nana de l’époque, une certaine Lady Madonna, une M.I.L.F probablement (tiens, décidément, encore un acronyme, mais cette fois, je sais ce que ça veut dire) puisque les Beatles avaient fait une chanson sur elle en 1968, après quelques incidents de parcours, donc, comme Rock’n Rolla, ou Revolver, qui restent des imitations de Tarantino qui, rappelons-le, imite lui-même déjà tout le monde, Guy Ritchie revient en pleine forme et signe une grande comédie d’espionnage vintage, efficace et élégante, adaptée d’une série culte Outre-Atlantique, mais vraisemblablement pas ici, elle-même tirée de personnages à l’origine écrits par Ian Fleming, le papa de James Bond (cela peut expliquer certaines redondances entre les deux franchises).

On trouve d’ailleurs dans le film de Ritchie la même élégance détendue et le même humour absurde et flegmatique que dans Casino Royale, le meilleur des 007, que ceux qui ne sont pas d’accord sortent de suite de cette pièce. À l’instar de son génial aîné Blake Edwards ou de Peter Sellers, Guy Ritchie cultive dans son film un sens aigu et délicieux des dialogues décalés (ah, la scène où ils discutent fringues !), des gags au second plan (un running gag délicieux consiste ici à installer une scène d’action plutôt dense en second plan tandis qu’au premier plan les protagonistes ne se rendent compte de rien) et du comique de savoir-vivre (« Dois-je vraiment sauver mon co-équipier de la noyade ? », « Dois-je vraiment me venger de mon tortionnaire ? », « Dois-je vraiment mettre les mains sous la jupe de ma coéquipière ? »). Mais attention toutefois à ne pas vous méprendre : nous ne sommes pas ici dans une parodie style OSS 117, mais bel et bien dans une comédie qui garde suffisamment de sérieux pour supporter une intrigue digne de ce nom et des moments d’action toujours bien sapés.

Agents très spéciaux 2À noter enfin qu’une tripotée d’acteurs ont été pressentis pour incarner l’espion Napoléon Solo : Tom Cruise, qui finalement déclina pour se concentrer sur Mission Impossible : Rogue Nation et le tripotage d’avion en plein vol, mais aussi Joseph Gordon-Levitt, Ryan Gosling, Alexander Skarsgard, Ewan McGregor, Robert Pattinson, Matt Damon, Christian Bale, Michael Fassbender, Bradley Cooper, Leonardo DiCaprio, Joel Kinnaman, Russell Crowe, Chris Pine, Ryan Reynolds et Jon Hamm (en fait, ils ont fait tout l’annuaire de L.A., je pense). C’est finalement la nouvelle star Henry Cavill qui décrocha la timbale, et c’est tant mieux, car ça aurait sans doute gâché une partie du plaisir de voir cet excellent personnage travesti par une grosse star en plein cabotinage. Idem pour Armie Hemmer qui incarne l’alter ego soviet suprême de Solo. Le fait que l’ensemble du film repose sur des acteurs qui ne sont pas des superstars (bon, certes, il y a Hugh Grant, mais il approche de la date limite de consommation ces temps-ci) rajoute finalement du charme à l’entreprise.

Et qu’importe si personne ici ne connaît la série, et si le nom de Napoléon Solo semble tout droit sortir d’une énième resucée de Star Wars, le film est une réussite 100 % plaisir dans lequel le réalisateur donne le meilleur de son style survitaminé, qui a beaucoup gagné en maturité, jouant des cadrages et de la bande son à la manière d’un clip musical, plus proche cette fois du scopitone d’Adriano Celentano que du tube R’n B à la mode. So chic.

Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E., un film de Guy Ritchie avec Henry Cavill et Armie Hemmer, sortie le 16 septembre 2015

 


Thomas Lécuyer


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