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Le disque du jour : LOS LOBOS [CD]

Los LobosLe disque du jour : Los Lobos, « Gates of Gold »

Les loups de la ville des anges ne hurlent plus les soirs de pleine lune, mais hululent toujours pour le plus grand bonheur des aficionados (très nombreux aux States et de façon plus éparse chez nous, grand pays du rock devant l’absolu).

Certes, Jacques Tremolin m’aurait susurré que le hululement du loup est aussi peu fréquent dans nos vertes contrées que le feulement d’une chouette, ce qui ne nous empêchera pas de hurler de bonheur devant les rythmes chaloupés du quintet de Los Angeles. Et puis, zut, si vous voulez tout connaître en termes de cri d’animaux, allez donc écouter en boucle le dernier Lalanne !… Cinq années se sont écoulées depuis la sortie du dernier album (Tin Can Trust, 2010), et plus de quarante ans depuis la création du groupe dans une structure quasi identique ! Caramba, la fidélité du combo n’est pas un vain mot. Mais quoi de plus normal dans un groupe qui comprend un Hidalgo, un Rosas, un Perez (ah oui, toujours avoir un Perez dans un groupe chicanos, enfin pas Vincent… quoiqu’il me semble l’avoir aperçu dans le film Le Libertin, muni d’une grosse guitare aussi !). Petite anomalie, un des membres (encore…) les plus influents du groupe se nomme Berlin, un des musiciens possédant l’une des plus incroyables discographies du rock moderne. Et c’est pas du pipeau… euh, du saxo !

Los Lobos picRevenons à nos loups —plutôt— quoique c’était pas un chien, lui ? Bon, remettons tout à plat pour introduire le quinzième album du gang of cinco (voire souvent plus car il y a toujours une kyrielle d’invités prestigieux). Éclectique et qualitatif sont les deux premiers mots qui viennent à l’esprit à l’écoute de ce Gates Of Gold. Blues, folk, rock teinté de cette couleur latinos qui fait de ce groupe la fierté des Chicanos consommateurs de rock (à l’instar d’un Kid Frost pour le Rap ou d’un Speedy Gonzales pour les souris). Conserver ses racines tout en puisant dans les branches de l’Americana pur jus : «Made To Break Your Heart», «Too Small Heart» ; voilà le vrai son des Californiens.

Ralentir le rythme pour voyager aux confins du jazz n’est pas non plus insurmontable pour eux («When We Were Free»), durcir la ligne de basse pour proposer un boogie vitaminé («Mis-Treater Boogie Blues») ou un bon vieux blues du barrio («I Believed You So»), toute la palette Lobossienne y passe. Quel que soit le voyage proposé, une chose est certaine : la guitare de César Rosas est toujours aussi incisive (non, je n’ai pas dit qu’il jouait avec ses dents), précise, joyeuse, en un mot furieusement rock (note du Goof : ça fait deux mots, ça !). Il entraîne avec lui Los Lobos sur la route tranquille du Rio Grande rock, les chicanos n’oubliant pas de faire plaisir à tous leurs croqueurs de piment de fans, avec des sucreries dans la langue du cru («Poquito Para Aqui»…), où l’Hidalgo ressort son accordéon pour faire danser les mariachis avec les fajitas. J’ai personnellement arrêté le piment en écoutant le groupe depuis quelques années… ça fait mal (ayayayaille).

Ce qui est réjouissant avec un groupe comme Los Lobos, c’est que les années n’ont pas eu de prise sur ses positions musicales. Il enregistre le disque qui l’habite sans s’occuper des compromissions pour le plus grand plaisir des gens du barrio dont évidemment nous faisons partie. Enjoy Arriba !

Los Lobos, « Gates of Gold » (Proper records, CD, sortie le 25 septembre 2015)


Js Thiavares y Gonzales y Lopez y Rodriguez


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