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Nouvelle salve de restaurations PATHÉ [DVD/BRD]

Nouvelle salve de restaurations PATHÉ

Après avoir fait un boulot formidable, entre autre sur certains films de Deray (Le Gang, Borsalino & co), Allégret (Une si jolie plage, Les Orgueilleux), Lautner (notamment Le 7ème juré et Mort d’un pourri), Renoir (l’impérissable Boudu sauvé des eaux) ou de Jean-Jacques Annaud (L’amant, L’Ours), Pathé poursuit aujourd’hui son merveilleux travail de restauration et de numérisation en s’attaquant aux œuvres de Cayatte, Gance, Giovanni, Sautet, Granier-Deferre et Grangier. Suivez le guide !…

 

Pathé_GarçonGARÇON ! (Claude Sautet, 1983)

Débutons par le plus léger et le plus récent (ou moins ancien, c’est selon) de cette vague de restaurations, avec l’un des derniers grands rôles d’Yves Montand (calé entre Le choix des Armes, Tout feu, tout flamme et la doublette Jean de Florette/Manon des Sources, juste avant qu’il ne décline définitivement). Garçon !, malgré son côté primesautier et sa bonne dose de fantaisie, n’en reste pas moins du pur Sautet, dans ce sens où il poursuit son évocation juste et détaillée d’une réalité de proximité. Petit plus côté mise en scène : une abondance de plans séquences orchestrés, que dis-je, chorégraphiés, avec un amusement contagieux. Pour le reste, le charme de Montand (parfait en serveur d’une grande brasserie parisienne) fait le reste, d’autant plus qu’il est secondé par une sacrée brochette de personnages secondaires hauts en couleur et interprétés par Jacques Villeret, Nicole Garcia ou encore Bernard Fresson.

 

Pathé_Le ToubibLE TOUBIB (Pierre Granier-Deferre, 1979)

Remontons le temps de quelques années, avec un Delon assez peu connu, car plutôt invisible des écrans de télévision. Bien qu’étant une énième plongée dans le milieu hospitalier (enfin, dans une antenne chirurgicale située juste derrière des lignes de front, pour être exact), ce Granier-Deferre carré et efficace est une œuvre futuriste (le réalisateur a notamment pu avoir accès à des prototypes de l’Armée Française non encore déployés), puisque se déroulant au cœur d’une… troisième guerre mondiale. On y retrouve, dans un pays européen non déterminé —et jamais cité, un Delon ineffable mais au sommet de son jeu, la tête et le reste dans le boulot, les blessés et les malades, mais qui va retrouver goût à la vie après avoir rencontré d’une jeune infirmière autrement plus battante et idéaliste qu’il ne l’est devenu lui-même. Le contact de cette infirmière, qui porte le joli nom d’Harmony (interprétée par Véronique Jannot, dont c’est le premier rôle au cinéma, imposée qu’elle fut à la production par Delon lui-même), va donc lui permettre de rebondir et de donner à son existence un peu morne un nouvel élan. À noter aussi la présence de Giraudeau (toujours aussi impeccable), de Bernard le Coq ou encore d’un très jeune Jean-Pierre Bacri en anesthésiste (il s’agit aussi de son premier rôle dans un long-métrage).

 

Pathé_Deux Hommes dans la VilleDEUX HOMMES DANS LA VILLE (José Giovanni, 1973)

Delon toujours, mais en compagnie de (son) (l’)ami Gabin, avec ce classique de Giovanni, qui marque leur troisième collaboration de haut vol (après Mélodie en sous-sol et Le Clan des Siciliens, excusez du peu !) et qui sera le tout dernier film avec la paire d’acteurs. Ce classique du polar 70’s, dont l’intrigue rappelle peu ou prou celle des Misérables et qui est un réquisitoire féroce contre la peine de mort, bénéficie comme les autres films d’une restauration irréprochable, qui rend enfin hommage au rendu salles d’époque. C’est aussi une analyse assez juste et intelligente de la justice et de ses périmètres d’action. À noter le remake assez réussi qu’en a fait Bouchareb avec La voie de l’ennemi (avec une autre paire d’excellents acteurs, américaine cette fois-ci : Forest Whitaker et Harvey Keitel), ainsi que la double présence (décidément, tout marche par paires ici !) de deux acteurs alors inconnus mais en devenir, Bernard Giraudeau et Gérard Depardieu, qui viennent compléter un casting cinq étoiles où l’on remarque aussi le jeu tout en force et puissance de Michel Bouquet, parfait en flic vicelard.

 

Pathé_Le Désordre et la NuitLE DÉSORDRE ET LA NUIT (Gilles Grangier, 1958)

La transition avec le Grangier se fait via Gabin, qu’on retrouve ici dans la force de l’âge, et avec un de ses réalisateurs fétiches, pour l’une des plus belles incarnations, voire la plus étincelante, du trio gagnant (dans le désordre) Grangier-Audiard-Gabin, Audiard assurant comme à son habitude des dialogues ciselés et parfaitement ad hoc. Le désordre et la nuit est un film noir, très noir, noir de chez noir même, au sens d’un désespoir qui s’infiltre ici ou là tout au long du métrage. Ce polar mâtiné de drame psychologique s’éloigne en effet des autres réussites du cinéma noir français des 50’s (et elles sont nombreuses !) par son atmosphère poisseuse, surmultipliée notamment par le fait que le film se déroule quasi-intégralement la nuit. De fait, Le désordre et la nuit n’est pas que le chef-d’œuvre incontestable et incontesté de Grangier ou l’un des meilleurs polars français de cette décennie, il s’agit purement et simplement de l’un des plus beaux films du cinéma français TOUT COURT, entre classicisme noir et hypnose d’une mise en scène sculpturale assurée au plus près des visages et des regards. Pas moins !

 

Pathé_Les Amants de VéroneLES AMANTS DE VÉRONE (André Cayatte, 1949)

Poursuivons notre coup de rétro, en basculant dans la décennie précédente, avec cette œuvre néo-réaliste aux dialogues façonnés par Prévert, qui viennent illuminer une œuvre romantique par excellence (une adaptation de Roméo et Juliette au lendemain de la seconde guerre mondiale) où l’on retrouve, dans une ambiance italienne un peu désuète, un couple d’amoureux candides et (encore) innocents, avec Serge Reggiani et Anouk Aimée (qui n’a que 17 ans et dont il s’agit du second film seulement !). En bonus, un documentaire assez révélateur du travail du réalisateur : André Cayatte, un cinéaste indigné.

 

Pathé_Paradis PerduPARADIS PERDU (Abel Gance, 1940)

Terminons par la plus ancienne des six œuvres de cette vague de restaurations, avec Paradis Perdu, un film d’Abel Gance beaucoup plus méconnu que son Napoléon par exemple (ou encore que J’accuse), mais qui mérite bien plus qu’un coup d’œil, comme le soulignent assez justement dans les bonus Bertrand Tavernier (qui a récemment présenté le film au Festival Lumière) et François Truffaut. Un autre bonus, fort justement intitulé Paradis Perdu : chef-œuvre par inadvertance, en dit long sur l’événement que constitue cette numérisation. Entre mélo intimiste et poésie filmique, Paradis perdu rencontra pourtant son public, lors de sa sortie, et fut même un beau succès. Mais on oublia peu à peu sa splendide mise en scène et son couple d’amoureux parfaitement incarné par Micheline Presle et Fernand Gravey. Une restauration qui tombe donc à pic pour tous les nostalgiques d’un cinéma aujourd’hui disparu pour de bon.

CONCOURS : 5 SÉRIES DE 6 COMBOS BLU-RAY + DVD À RAFLER ! Pour cela, il vous suffit de nous écrire (à l’adresse concoursbrazil3.0 (a) gmail.com) et répondre à cette simple (mais double) question : quels sont les deux films tournés par José Giovanni, toujours avec Alain Delon, dans la foulée de Deux Hommes dans la ville ? (un tirage au sort départagera les bonnes réponses reçues avant le 10 juillet 2015, à minuit)

PathéGarçon !, Le Toubib, Deux hommes dans la ville, Le désordre et la Nuit, Les amants de Vérone et Paradis Perdu (Pathé, combos blu ray + DVD, disponibles depuis le 1er juillet 2015)

 


Sam Lowry


Kankoiça
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