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Movie’s Anatomy [DOSSIER CINÉ]

MOVIE’S ANATOMY

L’on dit souvent que le créateur*, soumis au complexe de Dieu, accouche de son œuvre… L’on dit aussi d’une création qu’elle est faite avec les tripes, l’âme, le cœur…


Rosemary's BabyLes producteurs de films et tous les fondateurs de la chaîne alimentaire cinématographique allant du petit régisseur ruminant, au big brother carnivore scénariste-réalisateur, se donnent corps et âmes pour porter à l’écran, à chaque heure du cadran, une multitude de films de toute nature et de belle (et haute) facture… Et si ces dieux du septième art, au troisième œil, et au sixième sens, du bout de leurs doigts d’argent, se donnaient eau et sang, os et esprit, et chaque partie de leur morphologie, pour la réussite de leurs projets émérites ? Si les organes de ces dits-créateurs (et non les neuf muses de la création), étaient les grands prédicateurs des navets ou des chefs-d’œuvre révolus, en cours ou à venir ? Et si, c’était leur état de santé qui altérait leurs pensées, nécrosait leurs idées, tourmentait leurs âmes ?

Que dévoilent les films sur la dégénérescence de l’humanité ? Si, à l’instar de nos cauchemars-reclusoirs ou de nos rêves récurrents, les films n’étaient-ils pas simplement le reflet de la société en pleine phase finale ? Et si, l’espace d’une toile cousue de fil blanc, l’on tirait un peu par les cheveux l’anatomie ancestrale de ce tentaculaire art, que l’on disséquait les viscères émissaires de sa filmographie « universale », d’aujourd’hui et d’hier, et que l’on attribuait, à chaque genre-alambic-cinématographique, la catégorie organique (voire clinique), la plus caractéristique ?

Alors ? Quoi de neuf Docteur Jivago et (si je ne m’abuse) Docteur Mabuse ?

En médecine traditionnelle chinoise, les « trésors » des Viscères de l’Homme sont intiment liés à ses émotions primaires : le foie à la colère, le cœur à la joie, la rate à la réflexion, le poumon à la tristesse, et les reins à la peur viscérale…. En occident, où la médecine a fait de l’anatomie humaine un casse-tête disséqué par spécialités et spécimens, ne nous reste comme trait d’union entre le moi et l’émoi que quelques expressions surannées, telles citées pêle-mêle : se faire un sang d’encre, de la bile, des cheveux, se mettre la rate au court-bouillon, se suer la cervelle…

Alors, rendons à l’industrie à Oscar ce que l’on doit à César, éviscérons le grand ventre de sa filmographie et auscultons-la, organe après organe, bon pied bon œil et sans pied de nez (mon œil ?!)… Donnons à ce papier du corps en mettant du cœur à l’ouvrage !

 

Anatomie des films :

(liste non exhaustive mais hautement jouissive)

 

Les films du Foie (Les raisons de la colère) :

L'EnferDepuis longtemps, les crises de foie de certains cinéastes transparaissent sur le versant incandescent de nos écrans incendiés : dans les films engagés, comme La Haine et ses contrastes éclairés ou très inspirés comme Un Prophète ; dans l’épreuve du feu de Sean Penn (The Indian Runner), la flamme de Gosling dans Half Nelson, ou les étincelles de Day-Lewis dans In the Name of the Father ou encore le burnout de Douglas dans Falling Down… Au-delà des liens du sang de Coppola (Rumble Fish, Tetro), ou par-delà les sentiers torturés d’Alan Parker (Midnight Express, Angel Heart, The Life of David Gale), ou encore, au travers des opus occultés de Fritz Lang (Fury, M)

Les films de gangster suintent, eux aussi, à grosses gouttes, la crise hépatique : Goodfellas, The Godfather, The Departed (et sa version originelle : Infernal Affairs forgée dans le feu des enfers) pour ne citer que ces piliers hors pair. Viennent s’ajouter, les films policiers very énervés, tel Seven et la colère pour septième péché, ou les justes très « vénères », Fight Club et son coup de poing en pleine tête, et American History X et son percutant uppercut

Pour la french touch, l’encre occluse de Clouzot (Le Salaire de la peur, Les Diaboliques, L’Enfer) et l’ovni polar-corbeau de Corneau, Série Noire, ou comment capturer Dewaere en pleine implosion de viscères… Et puis, quasi toute la filmo de Tarantino (Reservoir Dogs, Pulp Fiction, Kill Bill —qui se fait décidément beaucoup de bile)… Les ombres incandescentes de John Cassavetes (Faces, A Woman Under the Influence, Opening Night)… Les sueurs enfiévrées d’Iñárritu (Amores perros, 21 Grams, Babel), le nouveau souffle de Fatih Akin (Gegen die Wand/ Head-on)… Et encore, certains films historiques mettant en lumière des mémoires muselées, la liste (de Schindler) étant bien trop longue à dresser, prenons pour exemple, le dernier en date, Unbroken, presque indécent par son interminable baptême du sang ou bien les œuvres courroucées de Costa Gavras (L’Aveu, Amen), et puis les films phase-finale, criant de vérité (Philadephia, Dallas Buyers Club). S’ensuivent, les films de guerre-terrain-miné (The Thin Red Line, Casualties of War) ou politique-volcanique tel The Last King of Scotland et l’immense générosité de James McAvoy.

Et pour finir, les cas palliatif du dernier stade de cirrhose nécrosée, le duo Barbet/Bukowski et leur Barfly au comptoir, et pour la route, le duo alcoolo Tenue de soirée et Le Bruit des glaçons

 

Les films du Cœur (Haut les cœurs !) :

Joyeuses funéraillesÀ cœur ouvert ou cœur joie, les comédies burlesques, dramatiques, ou noires, oscillent pour notre plus triste plaisir, entre grande allégresse, ivresse, détresse ou dépression. Le déni de notre réalité étant, à l’écran, de mise, il s’agit pour les créateurs néo-neurasthéniques et paléo-pathétiques de mettre en scène pour l’univers entier, la plus haute hilarité. Les plus grands dépressifs, tantôt clowns tristes ou gais lurons, sous prozac prosaïque, aux commandes despotiques des familières festivités, s’acharnent à chaque nouvelle resucée édulcorée ou endeuillée. En voici un réjouissant florilège : chez les Britanniques : le sacre des Monty Python (…and the Holy Grail), l’irrésistible esbroufe de Mel Brooks (Spaceballs), les allures d’un prince sans rire de Simon Pegg (Hot Fuzz), l’humour funéraire de Death at a Funeral… Côté Australie, l’épileptique Danny Boyle et ses petits meurtres entre amis (Shallow Grave)… Coté États-Unis, les comédies noires et ivoires de Billy Wilder, Some Like It Hot, The Seven Year Itch et ses délires rachmaninoviens, aux méandres de Sunset Boulevard, les boucles histrioniques de Living in Oblivion, ou infernales de Groundhog Day et, pour conclure, les vieux pastiches, de Hot Shots ! à Tropic Thunder…

À ne pas assimiler avec les comédies haut-le-cœur, gentiment cradingues, ou tout bonnement nauséeuses, voire totalement fécales, que nous classerons plus bas, au-dessus du bas-ventre…

 

Les films de la Rate (Se mettre la rate au court-bouillon : se dit d’un réalisateur qui passe du court au long) : 

Lost HighwayLes chefs-d’œuvre tels les fils prodigues ne sont pas nés dans les choux ou les roses, mais bel et bien dans les viscères de nos chers créateurs. Les films que l’on dit « d’auteurs » sont un enfer à vivre pour leurs dits géni(teur)s… Souvent incompris, impénétrables, indés ou incommensurables, tous indélébiles, ces masterpieces, montés en pièces de culte, courant les prix à tout prix bien avant leur divin parachèvement (et déjà plagiés pour les siècles à venir rien qu’à leur avènement), sont l’œuvre, non pas d’un échauffement du chef, mais bien d’un ardent bouillonnement de la rate. Les chinois, affirmant même que cet organe abrite la pensée, nul besoin de préciser que lorsque les méninges fument, la rate, elle aussi, s’éclate…

Voici donc, un melting pot de quelques films prodiges de ce grand bouillon (parfois brouillon) de culture… Les monstres lynchiens (Eraserhead, The Elephant Man), et son magic moment (Lost Hightway), le ciné hasard-hagard de Godard (Le Mépris, Pierrot le Fou, Hélas pour moi), succédé par les errances de Carax (Les Amants du Pont-Neuf), les immensités intimistes de Darren Aronofsky (Requiem for a Dream, Black Swan), les dédales marquants de Chris Marker (La Jetée), le trompe-l’œil mécanique de Stanley Kubrick (Barry Lyndon, Eyes Wide Shut, 2001: A Space Odyssey), le grand vertige des vestiges d’Orson Welles (Citizen Kane), le gigantisme baroque et loufoque de Fellini (La Dolce Vita, Otto e mezzo/ Huit et demi , Roma, Il Casanova di Federico Fellini, La città delle donne/ La Cité des femmes…), la folie des splendeurs de Gilliam (Brazil, The Adventures of Baron Munchausen), les provocations en fusion de Lars von Trier (Antichrist), les errances éclairées de Zulawski (L’important c’est d’aimer), les occultismes cultissimes de Werner Herzog et l’impérialisme de Kinski (Aguirre, der Zorn Gottes, Nosferatu : Phantom der Nacht)

À ne pas confondre avec les ersatz des précités et les fameux coups de pot (ou de pouce) du débutant…

 

Les films du Poumon (À insuffler le souffle) :

Du premier au dernier souffle, un film s’inspire et se respire… Les grandes épopées, et autres légendes du tréfonds de la fantasque fiction, nous essoufflent, nous bouleversent ou nous élèvent. Tantôt, c’est une suite de longs soupirs jusqu’à l’endormissement sans fin, tantôt un sanglot survient et l’haleine nous tient, et nous emporte dans les contrées trop bien contées de son éternité. L’on est souvent surpris des traces que laissent les œuvres inspirées de ce grand air de vérité. Voici, dans le désordre : l’échappée belle de Costner (Dances with Wolves), les destins brisés de Eastwood (A Perfect World, The Bridges of Madison County, Million Dollar Baby, Gran Torino), les gigantesques fresques de Cameron (Titanic, Avatar), les héroïques fantaisies de Peter Jackson (The Lord of the Rings, The Hobbit), les magnétiques panoramiques de Terrence Malick (Days of Heaven, Tree of life), les sabres sacrés de Zhang Yimou (Shi mian mai fu/ Le secret des poignards volants, Man cheng jin dai huang jin jia/ La cité interdite), les sabres laser de George Lucas (Star Wars), les splendeurs virtuoses de Visconti (Il gattopardo/ Le Guépard, La caduta degli dei/ Les Damnés, Ludwig, Morte a Venezia/ Mort à Venise), les heures fauves de Sergio Léone (Once Upon a Time in the West)

Les grands maîtres et les nouveaux à naître faisant tous les jours les grands classiques, et, au cinéma, la part belle, il est donc impossible d’en faire ici plus qu’un simple panel… Je vous laisse le soin de dresser votre liste personnelle. Once Upon a Time in America est en tête de la mienne…

 

Les films des Reins (Un grinçant tour de reins) :

ShiningAvez-vous les reins suffisamment solides pour les films à grands frissons comme les créateurs de ces sanglantes fictions, tels que les films d’horreur, d’épouvante ou gore, Slashers ou Snuff movies ou même les films de grands prédateurs, des requins de l’océan au cerveau reptilien (Open Water), aux grands suppôts du capitalisme croissant (Swimming with Sharks) ? Les films de ce genre damné sont tous auréolés d’une malédiction occulte, vécue ou non par l’équipe elle-même (réalisateurs ou acteurs), tels que The Exorcist, Rosemary’s Baby, Poltergeist, ou inspirés d’une soi-disant vérité…

Revenons à la frontière du réel, et poursuivons ces horrifiques réjouissances… Côté soleil levant (qui claque des dents) : Ringu/ Ring, Ju-on/ The Grudge, Honogurai mizu no soko kara/ Dark Water, Janghwa, Hongryeon/ Deux Sœurs… Côté américain grinçant bien flippant : The Night of the Hunter, Shining, Psycho, The Texas Chainsaw Massacre, Halloween, Scream, Saw. Côté frenchy very creepy : Haute tension, Possession, Martyrs. Enfin, côté italiano-inferno, toute la filmo de Dario Argento (Suspiria, Inferno, Giallo) et celle luciférienne de Lucio Fulci (E tu vivrai nel terrore! L’aldilà/ L’au-delà, Quella villa accanto al cimitero/ La maison près du cimetière)…

 

Les films du Rectum (Via rectum to the stars) :

Les films très rigolos, pas mal scatos, made in Judd Apatow, maestro de la new comédie américaine, fleurissent depuis quelques années maintenant, alors que le déclin de l’empire de nos intestins survient. Miroir de notre dégénérescence, premier cerveau de notre existence, notre tripaille est pourtant un trésor de vraies victuailles. Dommage colorectal ou collatéral de l’ancienne comédie, jubilatoire pour certains, ou « débilatoire » pour d’autres, cette joyeuse anomalie de la cinématographie, en interpelle plus d’un (et d’une), et nous rappelle à nos maux de demain. Humour fécal garanti pour les labels Ben Stiller, Adam Sandler, les frères Farrelly, Melissa McCarthy, et tutti quanti

 

Les films du Gosier (Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu crées) : 

Il y a, tout comme pour le genre rectal, à boire et à manger, dans le grand festin du cinéma mondial. Du film engagé ou édulcoré, les fictions à croquer se savourent parfois jusqu’à l’indigestion (sans aller jusqu’à l’ovni-nanard L’Attaque de la moussaka géante) : La grande bouffe, La graine et le mulet, Fast Food Nation, Super Size Me !, Chef, Cuisine et dépendances, Le bonheur est dans le pré…

Et si les films ayant pour sujet, l’objet de désir de se nourrir, révélaient non seulement l’assiette mais l’essence même de nos chers créateurs ? Que nous révèlent, les grands crus de Sautet, les bonnes chères de Chabrol, les chairs décharnées de Chéreau… ?

 

Les films du Nombril (Le nombril du grand monde) : 

ManhattanLes monstres sacrés qui refont inlassablement film après film le même cheminement, parfois pour notre plus grand plaisir, tournent en rond concentrique-égocentrique : les films hyper-dialogués de l’haleine frelatée de Allen (Manhattan, Annie Hall, Alice, Hollywood Ending), le ciné placebo-vertigo de Alfred H. (Frenzy, Rear Window, Birds), les théâtrodramatiques (traduction : t’es trop trop dramatique) de Sam Mendes (American Beauty, Away We Go, Revolutionary Road), les cadavres exquis de Polanski (La Vénus à la fourrure) les to be or not de Branagh (Peter’s Friends, Much Ado About Nothing, Hamlet)… S’y ajoutent les réalisateurs amateurs de biopics très vendeurs (Diana, Grace) et les vrai-faux du faux-vrai, tel le bien ficelé I’m Not There (but everywhere). Exception faite, du faux biopic Forrest Gump qui est plus près du cœur que du nombril.

Toute cette « filmo-biographie », bien loin du destin maudit de Modigliani jumelé avec son abyssal interprète, Gérard Philipe (Montparnasse 19), ou des débuts en majesté de Dicaprio, qui, dans la même année, incarnait à la perfection les destins écorchés de Rimbaud (Total Eclipse) et de Jim Carroll (The Basketball Diaries)… À quand le biopic d’Orson Welles (et l’Oscar) pour Leo ?

 

Les films du Cortex (La guerre des cervelles) : 

MementoLes films dits « prise de tête » parfois après coup, prise de bec, les hyper-bien-ficelés-sur toutes-les-coutures nous clouent sur l’écran des heures durant. Le brainstorming collectif des créateurs hyperactifs s’en ressent. Il faut parfois se faire toute la toile en long en large ou en travers, pour en comprendre les ficelles : les thrillers d’orfèvre de David Fincher (The Game, Zodiac, The Social Network, Gone Girl), les vrais soupçons de The Usual Suspects, le long bouillon de Shutter Island, le banjo-bargeot de Delivrance, les paranormaux originaux d’Amenábar (Abre los ojos, The Others), les grandes manœuvres de Nolan (Memento, Inception, Interstellar), les fausses pistes de M. Night Shyamalan (The Sixth Sense, The Village), les puzzles du grand maître Alfred (The Man Who Knew Too Much, Dial M for Murder), le duo-brio de Lumet-Pacino (Serpico, Dog Day Afternoon), ou encore le nébuleux Enemy. Côté science fiction en action : les space odysseys de Ridley Scott (Blade Runner, Alien), les vertes théories de la fratrie Wachowski (Matrix), inspirées des vallées sépia d’Avalon, les dystopies technologiques de Spielberg (Minority Report, War of the Worlds), l’enivrant ovni Moon… Et enfin, les prises existentielles de Cronenberg (eXistenZ)…

À ne pas confondre avec les films d’anticipation, qui sont le reflet du présent et de la dégénérescence sous-jacente qui nous guette : la peur de la stérilité croissante (Children of Men), la culpabilité de l’homme sapiens face à ses origines (Dawn of the Planet of the Apes), la crainte de véritablement tuer le temps (Looper), ou le déni de notre propre déclin (Blindness), les films visionnaires d’une réalité déjà frelatée (Death Watch), ou d’un cataclysme éminent-imminent (Armageddon, 2012, Godzilla, Contagion, The Day After Tomorrow, Melancholia), ou encore l’impuissante impotence humaine : l’impossibilité de vivre des existences parallèles (Mr Nobody, Butterfly Effect, Another Earth), la quête du saint Graal (Indiana Jones and the Last Crusade) du temps (Back to the Futur), de l’immortalité (Highlander)…

 

Les films du Vit (Vit ! Vit ! ça va trop vite !) :

Les films d’action qui en ont dans le caleçon. Les films qui speedent, qui boostent, qui y vont à fond les ballons… Fast and Furious, Die hard, James Bond, The Bourne Identity, Mad Max, Lethal Weapon, Mission Impossible, ou les films armés jusqu’au sang (Platoon, Full Metal Jacket, Fury), ou historiques-héroïques-mythiques (Braveheart)… Les films à vitesse grand V avec Tom sur le pouce et Bruce qui pousse (Top Gun, Days of Thunder, Striking Distance)Et depuis peu, une nouvelle ivresse s’en vient (Drive, Nightcrawler), conférant, à ce genre mâle, un nouveau statut de super-anti-héros. (Entendons-nous bien, les films du Vit ne sont pas faits que par ou pour les hommes, Kathryn Bigelow, et son sévèrement burné Zero Dark Thirthy, avec la très glamour Jessica Chastain, dépote autant que ses potes – Idem réflexion pour les films du Con).

À ne pas confondre avec les films de bourses : les Peplums (Ben Hur, Gladiator), les Westerns spaghetti (Il buono, il brutto, il cattivo/ Le Bon, la Brute et le Truand, Brutti Sporchi e cattivi/ Affreux, sales et méchants), les Buddy Movies et leurs Bro Code (Butch Cassidy and the Sundance Kid), la filmo à gogo des frères Coen, notamment The Big Lebowski, véritable révolution chez les tribus barbues…

 

Les films du Con (Les dialogues du vagin) : 

Fifty shades of Grey est loin d’être représentatif des films vulviens. Adrian Lyne et son ardent Nine 1/2 Weeks avait déjà levé le voile… Les érotico-on-ne-sait-pas-trop ne valent rien comparés à l’Ultimo tango a Parigi (qui est en son genre une sorte de joyau) ou au trio de The Dreamers avec une Eva Green sublime en Venus de Milo, ou encore au duo (très beau) de Léa S. et Adèle E. (La vie d’Adèle). Les rom-coms ronronnantes doivent tout au charme désuet de Hugh Grant ou au sourire so fresh de Julia Roberts (Notting Hill), les nouvelles bluettes-sans-arêtes sont bien fades devant les feux de Vivien Leigh et Clark Gable au soleil couchant (Gone with the Wind). Les mélo-marshmallow n’auraient jamais vu le jour sans les nuances vespérales de Casablanca… Malgré une overdose de rose et mauve, éclosent les grandes passions de Joe Wright (Atonement, Pride and Prejudice, Anna Karenina), les irradiants pastel de Sofia Coppola (Virgin Suicides, Lost in Translation, Marie-Antoinette), et redonnent aux fictions issues de l’origine du monde, ses lettres de noblesse.

 

Les films de la Chair et des Sens (Faire œuvre de chair et preuve d’esprit) : 

SaloPour conclure cette cinématographique autopsie, passons à présent en revue, les films à fleur de peau, faisant don de sang et œuvre de chair. Les films de vampire (Le Bal des Vampires, Interview with the Vampire, Låt den rätte komma in/ Morse), le sixième sens d’Ang Lee (Brokeback Mountain), les organiques saynètes de Cronenberg (Naked Lunch/ Le festin nu), les orgies infernales de Pasolini (Salò o le 120 giornate di Sodoma/ Salo ou les 120 journées de Sodome), et ceux sous l’emprise des sensations et des sens (Ai no korîda/ L’empire des sens) ou les opus très inspirés de Wong Kar-wai (Chung Hing sam lam/ Chungking Express, Chun gwong cha sit/ Happy Together, Fa yeung nin wa/ In the Mood for Love, 2046). Enfin, dans un tout autre registre, la merveille sensorielle d’Antonioni (Blowup) ou encore la spiritualité magnifiée des œuvres de Kim Ki-duk (Bin-jip/ Locataires, Bom yeoreum gaeul gyeoul geurigo bom/ Printemps, été, automne hiver… et printemps)…

Note : Bien entendu, tous ces genres organiques peuvent s’additionner. Nombreux films du Foie sont aussi des films du Poumon, ou du Cortex… Les films du Cœur sont aussi souvent accolés au Con, ou au Rectum, etc. Enfin, les films de la Rate s’accordent fréquemment avec d’autres organes, même les plus bas de la gamme…

 

En bonus, quelques cas cliniques sympathiques et parasympathiques :

CQFD les films sous LSD :

En vrac : Apocalypse Now, Walkabout, The Wall, Taking Woodstock, Las Vegas Parano, Zatura, Easy Rider, Yellow Submarine, Zabriskie Point, Trainspotting… (Merci à Arnaud pour cette séquence psychotrope-nyctalope…)

Les films non-humains-auto-immuns :

Tous les films de zombie reflétant les ravages de l’arthrite et autres déviances immunitaires (maladies virales et autres) sur l’homme d’aujourd’hui et de demain, aux allures de errants-morts-vivants (Zombi 2/ L’Enfer des zombies, Night of the Living Dead, Zombieland, Evil Dead, Shaun of the Dead, 28 Days Later…)

Les films de la scotomisation mettant le monde en chanson :

Chantons sous la pluie avant l’apocalypse. Singing in the Rain, The Sound of Music, Into The Woods, Les Parapluies de Cherbourg, Peau d’âne…

Les films à problèmes hormonaux ou pour ados :

Battle Royale, Hunger Games, Divergente À ne pas confondre avec les films de super-héros pour la génération 3.0.

Alors, pour que perdure le cinéma : un petit don d’organes, ça vous tente ?

*créature hermaphrodite qui féconde, dans sa transe, sa propre semence

 


Bertille Delporte-Fontaine


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