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Le film du jour : HARD DAY [DVD/BRD]

Le film du jour : HARD DAY

Depuis quelques années, le cinéma asiatique, et tout particulièrement le cinéma coréen, est sur le toit du monde dans ses différentes approches du cinéma de genre, notamment les polars où scénaristes et réalisateurs ont multiplié les réussites artistiques (et commerciales), au point d’être non pas copiés par les occidentaux, mais carrément « refaits », sachant que jusqu’à présent jamais les remakes US n’ont réussi à surpasser ou même à arriver à la cheville des œuvres originelles : et ce, même avec des réalisateurs aussi chevronnés que Martin Scorsese (Les Inflitrés) ou Spike Lee (Old boy) aux commandes…

 

Hard Day 1La force première du cinéma coréen, c’est sa capacité à imaginer puis filmer les scénarios les plus retors. Difficile d’expliquer pourquoi, mais alors que leurs prédécesseurs se contentaient d’appliquer des recettes (je pense principalement aux films d’arts martiaux, très codifiés, ou même au cinéma d’action des 80’s et 80’s et ses gun fights débridés pas loin des modèles du genre d’un Sam Peckinpah), eux vont toujours là où on ne les attend pas et, mieux, nous surprennent d’autant plus que désormais nous les attendons au tournant (en gros, depuis l’incroyable trilogie de la vengeance de Park Chan-wook). De fait, il y a toujours plus de noirceur, plus de (re)virements de situations machiavéliques, plus de torture psychologique, plus de sadisme, plus de violence latente, plus de tout en réalité, dans ces histoires de tueurs, de ripoux, de mafieux et/ou de vengeance (avec d’ailleurs en général un peu beaucoup de tout ça à la fois !).

Et techniquement, les amis, les Coréens sont de véritables machines de guerre. Réalisés au cordeau, leurs polars sont haletants, endiablés et constellés de courses-poursuites (automobiles, en courant ou même de simples filatures) toujours habilement découpées, entre joyeusetés filmiques. Et il faut maintenant ajouter à la longue liste des réalisateurs coréens à suivre de très près, Kim Seong-Hun, auteur de cette petite régalade de Hard Day, ayant fait plus que bonne figure à la quinzaine des réalisateurs au festival de Cannes 2014 et récolté prix et récompenses un peu partout sur la planète (une quarantaine de nominations en tout pour une bonne moitié de victoires !). Hard Day est son second film seulement en une dizaine d’années, c’est dire s’il a été fignolé, un film qu’il a lui-même écrit et défendu et qui, partout où il est sorti, a bénéficié d’un bouche à oreille assez incroyable, mais tout à fait logique et donc mérité, puisqu’il s’agit d’une des plus belles réussites du genre de ces dernières années.

Hard day3Son auteur n’a jamais peur d’aller au bout de ses délires narratifs. En ce sens, ça pourrait presque se rapprocher des premiers films des frères Coen, Blood Simple notamment, avec une avalanche d’événements, tous plus noirs les uns que les autres, qui viennent perturber le quotidien du personnage principal, par ailleurs déjà lui-même pas très clean au départ, l’entraînant sur une pente savonneuse de plus en plus raide, glissante et semée d’embûches variées. C’est inventif à en devenir terrifiant et, surtout, bariolé d’un humour noirissime au possible. Et ce qui est encore plus phénoménal, c’est que les acteurs sont toujours au diapason du récit, à la limite de surjouer parfois, notamment les purs moments de comédie, pour lesquels, avouons-le, le cinéma coréen n’a pas encore atteint le même degré de finesse —et donc de perfection— que ce dont il est capable en matière d’action et de thriller, fut-il horrifique comme parfois ou noir de chez noir comme ici.

Difficile d’en dire davantage sur l’histoire ou les personnages sans déflorer le film et donc vous gâcher le plaisir de sa vision. Sachez simplement que rarement un tel niveau d’immoralité jouissive ou de perversité scénaristique n’avait été atteint —et pourtant, les Coréens sont des cadors en la matière. Franchement, si l’on appelle la Corée du Sud le « pays du matin calme », c’est loin d’être le cas de son cinéma, toujours aussi jubilatoire, virtuose et narrativement tourneboulé. Pas une simple bonne surprise donc, mais réellement un futur classique du genre. Plutôt, comme on dit parfois : déjà un classique !

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Hard Day (M6 Vidéo, DVD ou blu-ray, disponibles)

 


Sam Lowry


Kankoiça
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