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Emma Luchini… UN DÉBUT PROMETTEUR [CINÉ]

Emma Luchini1Après un début prometteur… UN DÉBUT PROMETTEUR !

Interview d’Emma Luchini

Après son conte de fées déjanté Sweet Valentine, Emma Luchini, nous offre pour son second long métrage, Un début prometteur, adapté du roman de Nicolas Rey, une comédie désenchantée à l’humour doux-amer, qui a le mérite de nous rappeler que les promesses de la vie sont comme la rose, épineuses.


 

copyright Nicolas SchulMartin est désabusé, apathique, alcoolique et cynique. Il aime le bon mot surtout quand il est cinglant. Son jeune frère, Gabriel, dort paisiblement tandis que Martin, revenu à la maison familiale suite à un mariage brisé, cuve son vin et les chagrins de sa vie passée. Quant au père, qui vit dans l’ombre d’un mariage mort depuis dix-neuf ans, il s’égare sans fin sur les vitrines infinies de l’Internet et cultive les jardins du bonheur des autres.

Alors, ils broient leur spleen, ces trois-là, chacun à leur façon. Jusqu’à la rencontre avec l’improbable Mathilde, blonde Marilyn, étrange et exaltée, joueuse invétérée aussi tangible qu’irréaliste… Gabriel tombe amoureux et perd son sommeil du juste. Il embarque dans sa quête de la diablesse, Martin, qui, armé de citations littéraires qui l’empêchent de penser et de souffrir, va retrouver, au contact de l’étincelante Mathilde un possible second début prometteur…

« Infortuné celui qui peut reposer la nuit toute entière et qui appelle le sommeil un don précieux ! Insensé ! Qu’est-ce que le sommeil, sinon l’image de la froide mort ? » Ovide, Amours, II, 9, 39-41.

 

Gabriel, incarné par le jeune Zacharie Chasseriaud (l’entrain de l’acteur rappelle les débuts de Robinson Stévenin), au sommeil de dormeur du val, est un bienheureux. Ce qui agace son frère, Martin, Manu Payet, qui pour le rôle a vampirisé l’énergie dolente et décrépite de Nicolas Rey, et l’ennuyeux paternel, Fabrice Luchini, qui, pour la circonstance, a mis de côté sa grandiloquence célinienne… Ces deux-là ne trouvent plus le sommeil… Ils ont aimé, et ça n’a pas marché… Alors, picole et errance nocturnes sont au rendez-vous. Ils jalousent chez l’ange Gabriel la candide jeunesse qu’ils ont perdue. Alors qu’au fond, le gamin attend patiemment son entrée dans la valse des amours.

Une citation d’Ovide illustre ce sentiment à venir : « Pour moi je veux que les tourments de l’amour m’arrachent au sommeil inerte et que mon lit n’ait pas à me porter seul. » Ibidem, II, 10, 19-20.

 

Un début prometteur5Et pour moi, cette citation, est, à l’instar de l’ami Martin, double de Nicolas Rey dans le film et le livre, l’occasion d’éviter le mal de tête carabiné qui suit la pensée. Jusqu’au jour où Gabriel perd aussi ses nuits… Car il aime à son tour… Et pas n’importe quelle gazelle… l’improbable fée désarticulée, Mathilde, Veerle Baetens qui « explose » de charisme sur grand écran, à la joie cache-misère, semble-t-il infinie…

Avec son casting impeccable, Emma Luchini parvient à nous transmettre son cocktail d’émotions explosives, pétillantes, exaltées et bringuebalantes. L’alchimie entre les acteurs est palpable, tout comme leurs souffrances présentes et à venir. Manu Payet est ici, à mon sens, pour la première fois transfiguré…

Avec son œil torve, sa démarche claudicante et son embonpoint de circonstance éthylique, il fait écho au Mickey Rourke déchiré de Barfly, moins le jusqu’au-boutisme du père Rourke qui a brisé sa belle gueule sur les rings rouges du 7ème art. En tout cas, on a envie de le revoir explorer ce registre. Je l’invite à lire mon roman Système A. L’appel est lancé.

Dans le film, l’ « Écrivain » est présenté dans toute sa splendeur éthylique et cynique… Rien d’original à ce niveau-là. Sauf que cette fois, on comprend bien que l’auteur, usé et déchiré par ce qu’il s’envoie dans le gosier ou le pif, n’est plus capable d’aligner une autre ligne que celle de la blanche coke. On sort du mythe, galvaudé selon moi, que pour écrire il faut se mettre une mine ou se blinder les veines de daube jusqu’à plus d’air… Il suffit de lire Burroughs pour comprendre que ça n’est pas tout à fait vrai…

Pour son second film, Emma Luchini est plus posée et dans le contrôle que dans son premier long qui respirait la folie. Peut-être est-ce dû à l’énergie désabusée du romancier. Ou bien peut-être a-t-elle voulu suivre au plus près le roman. Sans doute un mélange des deux… Il n’empêche, son intérêt pour les parias déracinés nous porte tout du long du récit. On rit, on clope, on écope avec eux… Pari réussi donc… Un début prometteur, la confirmation d’une cinéaste libérée à suivre absolument…

 

En bonus, un rencard pop-rock café avec la punk-choc Emma Luchini : enjoy !

 

  • copyright Nicolas SchulComment es-tu passée du punk déjanté Sweet Valentine à l’exalté désenchanté Un début prometteur ?

Comment je suis passée d’un film à l’autre ? Il s’est passé quelques années, la rencontre avec Nicolas Rey… (Un cortège de bus pétaradants passe… On déménage… On reprend avec entrain…) L’envie de travailler avec lui, le flash sur le livre Un début prometteur. J’ai adoré l’idée de ces deux frères qui sont à deux âges différents, avec leurs visions complètement opposées de la vie et du moment où ils en sont par rapport aux illusions, par rapport à l’allant, par rapport aux énergies… Je trouvais très beau cette confrontation et j’ai eu envie d’en faire un film.

  • Oui, l’un est la lune, l’autre le soleil…

Exactement. C’était l’idée des forces qui s’opposent. Et c’est quand même la force lumineuse du jeune qui entraîne le « vieux », pas si vieux en âge, mais dans l’âme, qui, à force de l’entraîner, va réussir à l’amener vers quelque chose de mieux.

  • D’ailleurs, Manu Payet est complètement métamorphosé, il a vampirisé l’énergie dolente et désillusionnée de Nicolas Rey.

Je ne pense pas que c’était sa volonté, qu’il ait cherché à lui ressembler.

  • Un début prometteur3Comment as-tu fait pour le diriger ?

On a travaillé ensemble, on a parlé de lourdeur, de poids du monde sur ses épaules, et qu’il fallait qu’il grossisse, déjà parce qu’il buvait et parce qu’il y avait l’idée d’un mec qui se traîne dans la vie, qui se laisse aller. Tout est lourd pour lui, le passé, la démarche, le corps, qui n’est jamais bien parce que tu te réveilles d’une cuite et tu prépares la suivante, qui n’a pas vraiment le temps de se régénérer. Il y a les médicaments, aussi. On a beaucoup travaillé sur ce poids du monde sur ses épaules.

  • Une question à rallonge (Emma se concentre) : la désillusion léchée de l’auteur Nicolas Rey, associée au bouillonnant Manu Payet mixé avec l’insolent Fabrice Luchini, l’endiablée Veerle Baetens (je galère à prononcer son prénom, Emma me reprend : on prononce « Verle »), l’enflammé Zacharie Chasseriaud… Comment as-tu fait pour que cette sauce piquante prenne à l’écran sans qu’elle te gicle à la figure ?

C’est vrai que l’idée était d’aller vers quelque chose d’assez hétéroclite. On a beaucoup travaillé avec Emmanuelle Prévost, ma directrice de casting, une femme extraordinaire, qui dit toujours : un acteur ça ne veut rien dire, c’est à côté de quoi ou de qui tu le mets qui compte…  Le savant dosage des énergies des uns et des autres. Et on a beaucoup réfléchi à ce que, justement, il n’y ait pas de faux pas, qu’on soit dans des choses relevées. Je n’avais pas envie de quelque chose de fade, tu vois, avec l’idée de prendre toute une école, une mouvance de cinéma, de bon ton, ou bien populaire… L’idée c’était d’aller chercher des gens de tous les horizons, donc de prendre un risque. Après, le challenge, et ça c’est un peu la magie, ça passe ou ça casse, c’est d’arriver à faire que tous ces éléments aussi disparates soient liés. On s’est beaucoup vu avant le tournage. On a passé beaucoup de temps ensemble, avec Veerle et Zacharie, à travailler les scènes, déjeuner, dîner, boire des verres… Avec Manu aussi, mais un peu moins. On ne voulait pas trop travailler en amont pour ne pas déflorer l’histoire, mais on s’est vu pour parler du personnage, de nos influences, s’envoyer des musiques, mais jamais de manière scolaire. L’idée, c’était d’essayer de parler le même langage. Et puis, il y a eu la magie…

  • copyright Nicolas SchulPour toi, c’était l’évidence ce choix d’acteurs et d’actrices ?

Manu, ça a été l’évidence absolue quand on s’est rencontré. Alors que c’était un contre-emploi total.

  • Il a pris l’œil torve, et c’est un compliment, de Mickey Rourke dans Barfly.

Ah oui ? Ça c’est un compliment ! Manu, c’était une évidence, il était ce que je recherchais pour Martin, d’une flamboyance absolue. Très important, parce que pour le rôle, il doit être léger dans son désespoir, et c’est lui qui donne le ton au film. Il fallait absolument qu’il y ait quelqu’un qui danse, tout en étant lourd, dans sa verve. Il fallait quelqu’un qui ait le sens de la légèreté et qui soit crédible dans ce mec « lourd »… Et ce sens de la légèreté, Manu l’a, il passe de l’un à l’autre, il a au fond de lui une mélancolie qui est énorme. Je suis très très heureuse et je le remercie, et je suis fière qu’il l’ait montrée dans le film parce que tu as des comiques qui n’aiment pas montrer cette part-là d’eux et lui, il s’est abandonné sans aucune retenue. D’ailleurs, il m’a dit que ça n’était pas facile de quitter un personnage comme celui-là…

  • Parlons des actrices, Vanessa David dans ton premier film (Sweet Valentine) et Veerle Baetens (Mathilde dans Un début prometteur, Alabama Monroe), ont toutes les deux une coupe carrée peroxydée « Marilyn Monroe »… Cette femme blonde, c’est ton double à l’écran ?

C’est pas mon double, c’est un fantasme. Elles sont très différentes toutes les deux, Vanessa David, Sonia, dans Sweet Valentine, c’est une femme complètement soumise, d’une gentillesse au-delà de tout et mais après qui peut se transformer… La gentillesse, c’est toujours suspect, tandis que Veerle, Mathilde, c’est une femme d’une force, d’une énergie, d’une puissance insaisissable. Chez Veerle, il y a l’idée de fantasme féminin pour moi, avec sa coupe au carré, que j’adore. Je trouve ça incroyablement graphique, et j’adore les blondes.

  • Un début prometteur4Veerle, c’est un feu d’artifice, elle embarque dans sa lancée, durant la scène du mariage, plus que les personnages, les comédiens eux-mêmes (Fabrice Luchini, Zacharie Chasseriaud et Manu Payet).

Tu as raison, elle les a vraiment embarqués. Elle a un magnétisme hors du commun. Et j’ai rarement vu ça. C’est une chance inouïe que j’aie pu tomber sur elle parce que je cherchais exactement ça pour Mathilde, une femme qui fasse que trois hommes d’âges différents, et qui ont une vie différente, puissent avoir envie de la suivre et d’être aimantés par elle. C’est une apparition qui arrive et qui a juste le temps de perturber, en bien ou en mal, ces hommes-là avant de s’en aller comme ça.

  • Je rebondis sur cette « apparition » avec la scène finale du jardin secret, durant laquelle Martin amène, via une porte dérobée, son frère et Mathilde au cœur du célèbre jardin de Monet. Je ne m’attendais pas du tout à ça, bêtement je pensais qu’il les conduisait dans une cave à vin et qu’ils allaient se saouler la gueule…

Ça t’a cueilli ?

  • Ah, carrément ! Et la scène fonctionne très bien… Même quand Veerle va se baigner parmi les nénuphars…. Tu as galéré pour les autorisations ?

Ouais… J’ai galéré aussi, parce qu’il faisait – 60…

  • copyright Nicolas SchulEt tu as pensé à une symbolique autre que celles que l’on connaît du jardin de Monet ?

Pour moi, il n’y avait pas tant de symbolique. L’idée c’était de se retrouver dans, tu sais, ces moments durant lesquels tu es hors du monde, hors du temps, avec une ou plusieurs personnes. Et ce moment-là, c’est une parenthèse où il peut se passer n’importe quoi, où durant une nuit, ou quelques heures, plus rien n’existe, il n’y a plus aucun repère… Il fallait pour ça un lieu qui soit fort et féérique. Et c’est très présent dans le scénario, car c’est là que travaillait le père (le personnage du père, incarné par Fabrice Luchini, était paysagiste chez Monet). C’était très important qu’on filme le jardin pour clore ce truc à trois (le trio Martin/ Mathilde/ Gabriel). C’était évident qu’il fallait que ça se passe dans un endroit hors du monde, même si des fois, ces moments de pure connexion peuvent arriver dans un endroit moins fou…

  • Tu as travaillé avec Vanessa David et Nicolas Rey à l’adaptation scénaristique du roman du même Nicolas. Comment s’est passée votre collaboration et quelles sont les différences notables entre le script et le film ?

J’ai pris le bouquin, et j’ai fait une première adaptation seule. L’idée n’était pas de prendre le livre et d’en faire une copie, mais de me l’approprier. Nicolas, qui est un auteur que j’adore, n’est jamais dans la narration, tu vois, c’est toujours des ressentis, des moments, du style, plus que des vraies histoires avec un début, un milieu et une fin, un développement et une transformation. Moi, je voulais quand même un film plus classique, qu’il y ait un vrai trajet des personnages. Donc, j’ai fait un premier traitement seule dans lequel j’ai rajouté Mathilde, parce qu’elle n’existe pas dans le roman…

  • copyright Nicolas SchulEn fait dans le roman, Mathilde est la prof de français dont Gabriel (Henry, dans le livre) tombe amoureux…

Oui, c’est la prof de français dont il tombe amoureux et qui ne rencontre jamais Martin. Pour moi, ça n’était pas possible, parce que je trouvais que l’histoire ça n’était pas Henry (Gabriel, dans le film) mais Henry et Martin, parce que moi Martin m’intéressait beaucoup, en fait. Dans le livre, c’est surtout Henry qui parle de son frère, mais on n’est jamais vraiment avec lui. Il est décrit à travers l’œil de son petit frère. Je voulais que les deux frères soient très importants… Et du coup, j’ai voulu une femme qui puisse réunir les deux frères, et donc, j’ai ajouté ma sauce pour écrire le personnage féminin dont j’avais envie. Ça c’est pour le premier traitement.

  • On sent d’ailleurs que Mathilde fait plus partie de ton univers que celui de Nicolas Rey…

Oui, tout ce qui arrive à partir de Mathilde nous sort un peu de Nicolas, de son esprit loufoque, avec, par exemple, l’histoire de l’éleveur de chiens. On sort du « Rey style » même s’il existe toujours en filigrane. J’espère que les fans de Nicolas ne seront pas déçu(e)s. Pour moi, on ne l’a pas trahi, il est tout le temps présent dans le film, déjà, dans le personnage de Martin, sa façon de s’exprimer… Nicolas a lu mon premier traitement, on en a parlé et on l’a retravaillé, puis, il a eu l’idée de certaines scènes, super d’ailleurs, comme l’entraînement de foot (je confirme, très drôle), la pharmacienne, plein de choses truculentes qui collent à l’esprit du film. Et puis, il a lu régulièrement mon travail en me disant ce qu’il aimait, ce qu’il n’aimait pas… Après, j’ai demandé l’aide de Vanessa David que j’admire énormément en tant qu’auteure aussi, avec qui on a travaillé la V.3, le personnage du père. Elle a un grand sens de la narration.

  • Un début prometteur11D’ailleurs le père, ton père (Fabrice Luchini), avec son personnage très banal, quotidien a, pour le coup, complètement lâché son côté célinien…

Il est ça aussi. J’avais envie de le montrer comme ça et je suis contente si tu me dis que ça se sent.

  • Il est touchant…

Il est touchant, hein, en mec totalement normal ! Mais il est un peu comme ça, surtout quand il est sur Internet. À l’époque de la télé il pouvait passer des heures sur du télé-achat (référence à une scène hilarante de robot ménager dans le film). Moi, j’aimais bien l’idée qu’il ait un rôle de père pour une fois, parce qu’il n’a jamais joué un père, et moi, je le trouve touchant dans le rôle de ce père détaché avec ses deux fils, l’adolescent qui est chiant et qui l’agace mais qu’il aime beaucoup…

  • Je rebondis sur la scène très juste où l’on voit Martin et le père observer le sommeil inébranlable de Zachary/ Gabriel, plongé « dans le sommeil inerte » comme le dit Ovide, avant que les tourments amoureux ne le tirent du sommeil.

Et à la fin, tu as vu, il ne dort plus. J’aimais bien l’idée que ce personnage soit inentamable, avec une force vitale au-delà de ce que son frère désabusé ou la vie pouvaient lui envoyer. J’aime bien l’idée qu’il soit une force claire au milieu de tout ça. Parce que Mathilde est très lumineuse, mais cassée quand même…

  • copyright Nicolas SchulUne poupée cassée ou déréglée…

Qui continue à s’agiter, bouger dans tous les sens. Elle aussi a vécu des trucs lourds, est cassée à plein d’endroits, mais elle donne le change malgré son âge (une fin de trentaine). Elle a vécu, tandis que lui, non. Il a un chagrin d’amour mais il suffit d’un sourire d’une jeune fille et il repart, il recroit… « Ça va recommencer » comme lui dit son frère… « Et à quoi ça sert tout ça » ?

  • Il est bien Zacharie, il fait penser à Robinson Stévenin à ses débuts…

Ah, oui ? Il est bien. Il a complètement disparu de la circulation, Robinson. Zacharie, il a une grande lumière, et c’est ça que je cherchais, et ce n’est pas facile à trouver. On cherchait un romantique exalté…

  • Qui envoie, il est sexué…

T’as tout compris ! On a vu plein de gens trop niais, mignons… Comme tu dis, il est sexué, d’ailleurs, quand il baise avec Mathilde, tout le monde a envie de coucher avec lui !

  • Ton prochain film ? Un troisième road movie ?

Non, j’ai bouclé la boucle des road movies. J’aime pas le road movie, ça me gonfle, c’est désuet, mais, j’ai un problème depuis mon premier film (Sur ses deux oreilles) avec Grégory Gadebois, je sais pas pourquoi, le cinéma, pour moi, c’est associé à la joie du départ, tu ne sais pas où tu vas, c’est le maximum de la joie, tu ne sais pas ce qui va se passer, c’est la félicité pour moi… Mais c’est dans ma tête, c’est personnel. Il faut toujours qu’il y ait le départ. Si possible à plusieurs. Donc c’est pas une volonté de faire un road movie, mais ça me rattrape à chaque fois. Mais là, je me suis donné l’obligation de rester à Paris. L’arène est là, et je ne bouge pas ! Je me suis jurée : pas de voiture !

À suivre donc…

Un début prometteur, de Emma Luchini, sortie en salles le 30 septembre 2015

 


Arnaud Delporte-Fontaine


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