Abonnez-vous !

WELCOME TO GOOFLAND BRAZIL (and Crossroads) 3.0 — Archives — Livres — Uchronia

Le film du jour : WAKE IN FRIGHT [DVD/BRD]

Wake in Fright introLe film du jour : WAKE IN FRIGHT

Pour la plupart, Ted Kotcheff n’est le réalisateur que d’un seul film : Rambo. C’est pourtant bien un autre titre de gloire qui aurait dû le faire entrer dans la postérité. Onze ans avant de crapahuter en forêt derrière Sylvester Stallone en Viet-vêt déchu, Kotcheff entamait un autre périple avec Wake in fright.


 

wake in fright2Le cinéaste canadien se retrouve en plein bush australien pour filmer une autre guerre, celle d’un prof des villes muté dans un bled perdu. Lui encore plus quand en comptant rentrer à Sidney, il atterrit dans une bourgade où le sport national est la chasse aux kangourous, de préférence entre deux tournées de bières ou deux bastons au pub du coin. L’instit’ va tellement s’acclimater aux mœurs du coin qu’elles vont révéler sa propre bestialité.

En 1971, Wake in fright révolutionne le cinéma australien, jusqu’à devenir sa nouvelle pierre angulaire, influençant autant les débuts de Peter Weir que ceux de George Miller, voire la génération suivante (le Razorback de Rusell Mulcahy, film culte des années 80, est plus qu’imprégné du film de Kotcheff). Les voitures qui ont mangé Paris ou Mad Max doivent beaucoup à cette descente aux enfers qui réunissait, dans l’outback, la folie gonzo d’un Hunter S. Thompson et les portraits d’hommes à la Sam Peckinpah.

wake in fright1Cette bombe de film n’a pourtant pas explosé à l’époque, faute de distributeurs internationaux voulant allumer sa mèche. Porté disparu pendant près de quarante ans, il réapparaît et devient, plus qu’une résurrection, une incroyable découverte. Descente aux enfers d’un type submergé par ses pulsions comme par un environnement hostile, Wake in fright tient d’un récit à la Joseph Conrad (Au cœur des ténèbres) : une épopée sauvage s’aventurant aux frontières de la civilisation humaine ; un éprouvant film-trip regardant dans les yeux la barbarie —les scènes de chasse au kangourou ont de quoi faire défaillir Brigitte Bardot et Allain Bougrain-Dubourg. La même année, à l’autre bout du monde, John Boorman entamait les prises de vue de Délivrance, et Peckinpah achevait celles des Chiens de paille, films très proches dans les thématiques, la noirceur, et surtout l’impact, de Wake in fright. Ils ne se doutaient pas qu’ils avaient déjà un train de retard, déjà devancés par cette fiévreuse plongée en apnée dans la psyché fêlée des hommes. Il était grand temps qu’on raccroche les wagons.

Wake in Fright CONCOURS - copieCONCOURS : 1 ÉDITION DIGIBOOK COLLECTOR ET 3 DVD À RAFLER ! Pour cela, il vous suffit de nous écrire (à l’adresse concoursbrazil3.0 (a) gmail.com) et répondre à cette (peut-être pas si) simple (mais double) question : sous quel titre « Wake in fright » est-il sorti en salles en Angleterre puis en VHS en France ? (un tirage au sort départagera les bonnes réponses reçues avant le 10 juillet 2015, à minuit)

Wake in  Fright de Ted Kotcheff (Wild Side, DVD ou  édition  digibook collector blu-ray + DVD + livret, disponibles le 1er juillet)


Alex Masson


Kankoiça
juin 2015
L Ma Me J V S D
« mai   juil »
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930  
Koiki-ya