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Le film du jour : LOVE & MERCY [CINÉ/MUSIQUE]

Love & Mercy afficheLe film du jour : « Love & Mercy »

Beach Boys don’t cry

La belle surprise ciné de ce début d’été (un biopic pas con sur Brian Wilson, l’âme tourmentée et le génie des Beach Boys) vient du producteur Bill Pohlad, qui s’attèle à la réalisation avec brio après avoir produit quelques-uns des plus grands films de ces dix dernières années.


 

Love & Mercy1Pohlad, ça ne vous dit rien, et c’est bien normal puisque le gars avait jusque-là son nom seulement au générique de fin, en quatrième ou cinquième position, bref, en gros au moment où tout le monde rallume son portable, jette la fin de son pop corn, finit son soda, ou conclut enfin avec son/sa voisin(e). Mais c’est un sacrément bon producteur, Pohlad, puisqu’il a à son palmarès notamment et en vrac Le Secret de Brokeback Mountain, Into the Wild, 12 Years a Slave, et les deux derniers Malick. Ça pète sur un CV, quoi. C’est d’abord Oren Moverman, le scénariste du film, qui avait auparavant signé le script de l’étrange et racé I’m not There, sur Bob Dylan (et ça aussi, ça pète sur un CV), qui était pressenti pour signer la réalisation de Love & Mercy, mais finalement c’est Bill Pohlad qui s’y est collé, vraisemblablement plus inspiré, avec dans la tête, de l’aveu même de Moverman, une idée plus précise du film que ce dernier.

En choisissant de porter à l’écran la vie mouvementée du génial Brian Wilson, fondateur et pierre angulaire du mythique groupe américain The Beach Boys, Pohlad rend un hommage splendide, sobre et mérité au compositeur des plus beaux albums de toute l’histoire du pop rock (le légendaire Pets Sounds en 1966 et l’impossible et merveilleux Smile, commencé en 1966 et achevé en 2004). Remarquablement interprété et dirigé, ce film est une escale pré-estivale obligée pour mieux découvrir cet homme fragile, touchant, et génial à qui nos étés doivent tant. Casting aux petits oignons, avec un Paul Giamatti parfait en psychiatre retord, un Paul Dano idoine en jeune Brian et un John Cusack bouleversant en Wilson ressuscitant dans les années 80. Et je peux vous dire que ça fait du bien de retrouver John Cusack en grande forme sur grand écran. Il ne faut pas oublier Elisabeth Banks qui vend des voitures et dont on tomberait amoureux quoi qu’elle vende.

Love & Mercy2Le film est pétri de bonnes idées de réalisation, ce qui devrait encourager Pohlad à renouveler l’exercice. En choisissant une narration non linéaire et plutôt kaléidoscopique, en plongeant avec sobriété dans les méandres de l’esprit malade de son héros, privilégiant l’observation à l’hyper-démonstration, en confiant la bande originale au génial Atticus Ross qui signe des tracks hypnotiques gavés de samples des Beach Boys, en racontant l’histoire d’un homme et non celle d’un groupe, en concluant son film par des images live du vrai Brian heureux et chantant son formidable hymne « Love & Mercy », titre phare de son premier album solo en 1988, le réalisateur fait un carton plein, intelligent, émouvant, nostalgique, et passionnant.

Et puis, mine de rien, ça remet un tout petit peu les pendules à l’heure, et enfin, dans la galaxie pop rock, l’étoile la plus brillante, la plus magnétique, la plus puissante, la plus inspirante, c’est Brian Wilson. Et elle est tout sauf filante. Il fallait un film à la hauteur pour raconter le génie de Wilson et sa vie cabossée sauvée par l’amour et la musique, sans jamais tomber dans l’excès ou le pathos. C’est chose faite. Courrez voir le film en attendant l’ultime tournée européenne du génie, prévue en 2016, à l’occasion des 50 ans de l’album Pet Sounds.

Love & Mercy, en salle le 1er juillet 2015

 


Thomas Lecuyer


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