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Le film du jour : AMOURS CANNIBALES [DVD]

Le film du jour : AMOURS CANNIBALES

Un dîner presque parfait. Carlos est le tailleur le plus prestigieux de Grenade, mais, dans l’ombre, il est aussi un redoutable assassin. Il n’éprouve ni remords, ni culpabilité, jusqu’à ce que Nina apparaisse dans sa vie. Elle va lui faire comprendre la vraie nature de ses actes et, pour la première fois, l’amour entrera dans sa vie.


 

Amours CannibalesAmours Cannibales est une œuvre d’horreur suggestive, calme et contemplative, qui laisse aux spectateurs le temps d’apprécier la beauté de la mort. « Mon point de départ était de raconter une histoire dans laquelle un être profondément maléfique tomberait amoureux. Nous voulions parler de l’absence totale de conscience du Mal, un point de vue assez inhabituel dans ce type de films » selon Manuel Martin Cuenca.

Nous suivons les faits et gestes d’un tueur en série raffiné, tiré à quatre épingles, qui goûte les femmes à la manière d’un fin gastronome. Un gourmet psychopathe qui sait, en quelque sorte, joindre l’utile à l’agréable. Carlos n’use pas de sa langue à la manière d’un Hannibal Lecter, bavard égocentrique qui passe son temps à manipuler les esprits. Carlos est un cannibale taiseux qui digère sa fureur en silence avant qu’elle n’explose. Quand l’amour s’invite à sa table, on espère puis l’on désespère, on frémit à l’idée qu’il remette le couvert. Nina est si belle. Pour un peu, on en serait presque à penser qu’on a affaire à du cinéma « food porn » estampillé « 3 étoiles » au Guide Michelin. Mangeons la chair humaine, soit, mais de la chair humaine de saison.

Après coup, l’histoire de cet homme m’a fait penser à celle des Fantômes du Chapelier (Georges Simenon adapté par Claude Chabrol), le cannibalisme en moins. On retrouve l’ordinaire du commerçant insoupçonnable tenant une échoppe classieuse, l’homme discret qui taille sa réputation derrière un savoir-faire où la précision des gestes tient autant de place que la dextérité du chirurgien qui opère un cœur. Aussi, comme Léon Labbé (incarné par Michel Serrault), quand la bête se réveille après l’heure du thé, elle fond sur sa proie puis la ramène dans sa tanière, avant d’en jouir pleinement. Ces hommes-là, ces fous, nous les savons plein de détermination. Presque sans faille.

Le cinéaste suggère. Il travaille ses cadres et sa lumière pour créer du clair-obscur, un entre-deux mondes qui fait naître le trouble et l’angoisse. À ces moments, le Bien et le Mal s’invitent à la fête. « La lumière devait être un contrepoint à ce que l’on racontait. (…) La lumière a permis de rendre l’histoire plus complexe » précise le réalisateur. Enfin, un cinéaste qui s’impose comme un démiurge et qui assume ses choix. Le film est parfois un peu long, un peu répétitif mais il sait où il va. Ses ambitions formelles ont été récompensées dans les festivals du monde entier. On est loin des « torture porn » pour fillette. Prenez le menu dégustation.

Jaquette Amours CannibalesCONCOURS : 10 DVD À RAFLER ! Pour cela, il vous suffit de nous écrire (à l’adresse concoursbrazil3.0 (a) gmail.com) et répondre à cette simple (mais double) question : quel est le métier de Carlos, le tueur d’Amours cannibales, et de quelle nationalité est Nina, qu’on découvre au début du film à la recherche de sa sœur jumelle ? (un tirage au sort départagera les bonnes réponses reçues avant le 23 juin 2015, à minuit)

 

Amours cannibales, (Luminor Films, disponible en DVD)

 


Cédric Janet


Kankoiça
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