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PAUL CLEAVE : romans noirs et Antipodes [ITW]

PAUL CLEAVE : romans noirs et Antipodes

Paul CleaveLa Collection, quatrième roman de Paul Cleave à être publié en France, nous fait amèrement regretter de ne pas avoir accès à l’autre moitié de sa publication. L’auteur d’Un Employé Modèle continue d’explorer avec humour noir les recoins sombres de l’âme humaine. Si vous aimez les romans noirs et la Nouvelle-Zélande, retour sur une rencontre enrichissante sous le soleil du Festival des Antipodes…


 

  • Vous êtes un romancier et avez publié en France. Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis né à Christchurch en Nouvelle–Zélande et j’y habite toujours. J’y vis la moitié de l’année et l’autre, je voyage en Europe où je réside près de Londres. J’ai quatre romans parus à mon actif en France. J’ai écrit six livres en tout. Le sixième a vu le jour il y a quelques semaines et le septième vient d’être terminé et sortira en septembre. Ce sont tous des romans sur le crime basés autour de Christchurch. Les personnages ne sont pas récurrents même si parfois on peut les retrouver ici et là.

  • Qu’est-ce qui vous a amené à devenir écrivain ?

J’ai toujours voulu écrire. En grandissant, les enfants veulent devenir pompiers, ce genre de métier. À seize ans, dix-sept ans, on vous somme de faire face à la réalité du monde en adoptant un métier. Ce n’est qu’à dix-neuf ans que je me suis assis à une table et ai décidé d’écrire, des trucs assez affreux. J’ai eu de la chance ensuite de trouver un éditeur, désormais j’écris un livre par an et ça marche pas mal.

  • Cleave_Employé modèleFaut-il étudier ou être introduit dans les départements policiers pour être un bon romancier de polars ?

Je suis assez chanceux parce que mes livres ont commencé à se vendre en Nouvelle-Zélande, enfin pas trop bien, environ 100.00 exemplaires, ce qui est la normale là-bas. À cause de ça, je n’ai pas eu à développer mes recherches ou à approfondir la spécialisation de la profession, personne n’ayant jugé bon de critiquer mes sources ou mes extrapolations. Je n’ai jamais été dans un département policier afin de réaliser des investigations, ou me déplacer sur des scènes de crimes.

  • Dans The Cleaner, vous parlez de différents Glock. Êtes-vous spécialiste en armes ?

J’ai juste été sur le site de Glock. Et j’apprends beaucoup de cette façon. Comme savoir quel genre de pistolets la police de Nouvelle-Zélande utilise. Il ya a beaucoup de sources que vous pouvez trouver sur Internet.

  • Généralement, la première œuvre contient pas mal de situations autobiographiques. Par exemple, cette relation mère-fils…

Effectivement, le portrait de la mère de The Cleaner est basé sur la mienne. Elle pourrait faire tout ce que la maman de Joe n’hésite pas à accomplir, d’une façon moins extrême. J’ai écrit ce personnage… Avec Joe, nous avons la même mère en commun. Nous habitions tous les deux Christchurch, mais nous divergeons sur les autres points. Il hait la religion, il hait les femmes, les homosexuels. Il hait tout le monde ; mais nous partageons le même sens de l’humour.

  • Cleave_NecrologieLe meat-pie est-il votre plat favori ?

Le meat-pie ?

  • Son plat préféré que lui cuisine sa mère !

Ah oui, j’ai tendance à oublier ce que j’ai écrit il y six ans de ça. Ma mère aime me cuisiner le pain de viande assez souvent.

  • Avez-vous été surpris d’avoir un éditeur français ? Comment cela s’est-il passé ?

Avant que le livre ne soit publié en Nouvelle-Zélande, en Australie ou en Allemagne, l’éditeur allemand m’avait envoyé des copies de l’œuvre. C’est-à-dire des œuvres destinées au marketing avec la date de sortie, une biographie de l’auteur, le plan marketing, des statistiques au dos du livre, ce genre de trucs. Ils en avaient imprimé 125 copies. Je pensais qu’ils allaient me haïr si je ne vendais que 3000 exemplaires ! C’est au moment où ne je vendais que mille exemplaires en Nouvelle-Zélande. Quelques semaines plus tard, mon éditeur allemand m’envoie un email où il me signale qu’il a vendu 2000 copies, ce que j’ai trouvé pas mal, suivi de quelques points de suspension signifiant par jour ! Il a vendu 100.000 livres en deux mois. Et c’est parti de là. Dix-neuf autres territoires ont emboîté le pas. Sonatine en France en voyant l’ampleur des ventes en Allemagne m’a contacté via mon site internet. Je les ai mis en contact avec mon éditeur néo-zélandais. Maintenant la France est en passe de devenir mon meilleur marché, elle talonne l’Allemagne de peu.

  • Cleave_CollectionEn ce moment prédominent dans les romans les vampires et les serial killers. Vous avez écrit votre premier roman bien avant celui de Jeff Lindsay, Dexter.

Oui, Dexter m’emmerde beaucoup en ce moment. J’ai écrit Un Employé modèle (The Cleaner) en 1999, signé chez un éditeur en 2002 et le temps de fabrication et de lancement, le roman est sorti quatre ans après en 2006. Je pense que Dexter est sorti en 2005. Et mon livre était déjà écrit. Jusque-là personne ne m’avait ennuyé avec cette histoire jusqu’à ce que Dexter soit signé pour la télévision et ne devienne le succès que l’on connaît. Mon livre a plus d’accointances avec la série Dexter qu’avec le roman. Et depuis, tout est inspiré par Dexter. Je suis assez énervé par certains commentaires comme celui d’un blog français qui m’accuse de plagiat. Les gens disent que je me suis inspiré de Dexter, que j’ai copié Dexter. C’est archi-faux, il suffit de regarder les mentions légales pour s’apercevoir que mon livre est antérieur à celui de Dexter. Les gens sont trop laxistes pour réaliser ceci.

  • Avez-vous un sérial-killer préféré au sein du cinéma ?

Bonne question. Mon favori serait Buffalo Bill , le méchant dans Le Silence des Agneaux. Il était si sinistre et gênant. Il se faisait un costume composé de peau humaine fraîche. Il nommait les femmes des « choses ». Il ne faisait pas leur association avec de vraies personnes. C’est un brillant sérial-killer. Même s’il ne souffre pas de comparaison avec Hannibal Lecter, le vrai héros du film.

  • Et Red Dragon ?

Red Dragon est très bien aussi. Thomas Harris, l’auteur, connaît très bien son sujet. Il a étudié de très près ces serial-killers, il connaît leurs codes. Je l’admire vraiment. Il a su créer des personnages fascinants. Je souhaiterais en faire de même un jour.

  • Le cerveau humain est-il le terreau parfait pour écrire des romans policiers ?

J’ai appris beaucoup de mes lectures sur le crime au travers de livres écrits par d’anciens membres du FBI. Je les ai tous empruntés et tous lus et j’ai pu développer ma propre connaissance sur l’univers des serial-killers. C’étaient de vrais crimes avec de vrais enfants, de vraies personnes assassinées d’horribles façons. Joe Middleton d’Un Employé Modèle est né de ces lectures. C’est un personnage parfait. Il possède une mère dominante, il tue des animaux. De plus, il est en position supérieure car il travaille au sein d’un département policier où il obtient facilement des informations. Le boulot idéal pour lui.

  • Si vous étiez vous-même un sérial-killer, quelle serait votre victime désignée ?

Le percepteur. Définitivement. Et les bureaux de l’immigration. Ce fut toujours douloureux de voyager pour Londres depuis l’Australie.

  • Y a-t-il une ville autre que Christchurch qui pourrait vous inspirer pour la naissance d’un serial-killer ?

Londres parce que c’est une ville dépressive que je n’aime guère. J’ai toujours aimé écrire des romans horrifiques. J’avais cette idée qu’un tremblement de terre dévastait Christchurch il y a six ans. Mais ce tremblement a effectivement eu lieu il y a quelques années et je ne peux plus l’écrire. Mais je peux la déplacer dans une autre ville. Peut-être Paris mais j’aime Paris. Il faut que je fasse des recherches pour un nouveau lieu.

 


Eric Coubard


Kankoiça
Koiki-ya