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JEAN-PAUL GAULTIER : « De la rue aux étoiles »

gaultier 1JEAN-PAUL GAULTIER : « De la rue aux étoiles »

Sous l’enceinte stellée du Grand Palais, « l’enfant terrible de la mode » avec son imaginaire fleuve et impétueux, se joue de nos sens, et nous invite au cœur de son électrique Eden, croquer les fruits luxuriants des démons de sa passion « Mode-dite ».


L’exposition, ciselée Gaultier, aux abords extraordinaires, regorge, pour notre plus grand bonheur, de trésors enfouis et inédits du génie créateur (haute couture et prêt-à-porter de 1970 à 2013). De nombreux espaces du Palais ont été réinventés autour de l’univers baroque et graphique du styliste aux doigts d’or. D’abord, un ersatz, animé d’un gimmick mimé Gaultier, se met à nous apostropher dès le début du voyage et nous narre quelques bribes de ses mémoires. Puis, par la suite, partout son aura miroitante se matérialise, survole nos nids de coucous ébahis et nous poursuit. De fil en aiguille, les mannequins prennent la pose, se juxtaposent, et se métamorphosent en créatures iconiques presque mythologiques, entre matière plastique, finesse esthétique, et humaines mimiques, et parfois même abordent le tout-venant et le Tout-Paris, en une fausse éloquence troublante. À chaque tournant, toutes les silhouettes s’avivent du feu sacré Gaultier. Du Punk cancan en haute attitude, aux abysses d’un futur-sur-passé Métropolis, des carcans inhérents de ses corsets enfilés, aux lianes de sa jungle urbanisée, tout y passe, s’enlace et se surpasse en majesté. Ainsi, les madones sans cœur battant chantent en chœur leurs louanges aux anges, les marinières de demain et d’hier déclinent l’encre de leurs rayures par vagues marines, son bluejean arrogant s’effile en un océan sans Spleen, les figures androgynes mélangent leurs sexes, leurs symboles et toutes leurs origines…

gaultier 7. jpgViennent s’ajouter à l’atmosphère fantasmagorique et électrique du lieu, des esquisses et croquis de silhouettes griffées, des costumes scéniques aux allures gothiques et mythiques de ses muses starifiées (Madonna, Mylène Farmer, Marion Cotillard, Beth Ditto, etc.), des archives sorties des dédales des annales, des extraits ciselés de défilés, films et concerts allant de concert, de clips épileptiques, des scénographies chorégraphiées…

Au-dessus de la scène, la voix d’une Belle de jour nous guide et nous envoûte d’une création à l’autre faisant le lien entre feu Saint-Laurent, et son incandescent descendant. On entrevoit Paris et le monde, dans cette mode sexuée et organique, ancestrale et futuriste, où tous les visages de l’humanité peuvent se refléter à l’identique et à l’infini en cette idyllique psyché superbement tracée. Une comédie humaine d’un genre nouveau est entrée en scène et prend veine à deux pas de la Seine.

À voir et à vivre absolument !

Exposition, Jean-Paul Gaultier : « De la rue aux étoiles » Grand Palais 2015 – 01 avril 2015 – 03 août 2015


Bertille Delporte-Fontaine


Kankoiça
Koiki-ya